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Facebook sert l’extrême droite. Et l’extrême droite pilote les Gilets jaunes depuis Facebook
Article mis en ligne le 20 janvier 2019
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Nous reproduisons ci-dessous cette excellente étude du journaliste Roman Bornstein parue sur le site de la Fondation Jean Jaurès. L’auteur défend un point de vue à propos du rôle politique néfaste, réactionnaire, de Facebook que quelques camarades, disposant de bien moins de moyens de faire entendre leur analyse que lui, défendent depuis des semaines sur les réseaux sociaux et Internet dans un isolement total.
Facebook est un outil politique qui a servi à faire élire Bolsonaro au Brésil et Trump aux Etats-Unis. L’extrême droite française l’a compris et ce n’est pas un hasard si les "messagers" (en réalité les dirigeants non élus) les plus médiatisés des Gilets jaunes ont effacé leur historique sur Facebook pour dissimuler leurs amitiés d’extrême droite... ou mélenchonistes.

Face aux giletophiles gauchistes et anarchistes qui ne comprennent rien à la façon dont les groupes Facebook façonnent les idées et les comportements d’une grande partie des Gilets jaunes qui se nourrissent uniquement de Facebook, il est vital de diffuser ce texte.

Cela fera peut-être réfléchir quelques-unes des autruches anarchistes, trotskistes, autonomes ou ultragauches qui non seulement sont incapables de changer l’orientation idéologique de ce mouvement (dont on verra rapidement la traduction réactionnaire dans les urnes au moment des élections européennes) mais qui en plus réussissent à réaliser le Front unique avec la base sociale de l’extrême droite dans les rues et sur les ronds-points, et à faire croire que ce mouvement pourrait prendre une tonalité anticapitaliste grâce à leur participation groupusculaire.

Nous voilà revenus au bon vieux temps de la ligne Schlageter du Parti communiste allemand. Ligne prônée aujourd’hui par des nostalgiques comme par de virulents critiques du stalinisme... S’il est vrai que l’histoire ne se répète jamais, il est aussi vrai que certains n’apprennent jamais rien de leurs erreurs passées, ou des erreurs similaires commises par d’autres.

YC. Ni patrie ni frontières 20 janvier 2019

P.S Pour ceux qui ignorent ce que fut la ligne Schlageter du Parti communiste allemand qui lui aussi considérait que chanter l’hymne national allemand ou défiler avec le drapeau national allemand n’était pas grave, voici quelques lignes explicatives d’un texte de Mouvement communiste sur le national bolchevisme (http://www.mondialisme.org/spip.php?article2004 )

"En effet, au moment de l’occupation de la Ruhr par l’armée française en 1923, Radek soutint la « ligne Schlageter » (du nom d’un ancien officier des corps francs, organisateur de groupes de sabotage, arrêté en mai 1923 jugé par l’armée française et fusillé le 23 mai 1923 (10) ). Selon cette « théorie », à cause des conséquences du Traité de Versailles, l’Allemagne vaincue n’était plus impérialiste mais devenait une « nation prolétaire » ; la classe ouvrière pouvait passer des alliances sinon avec la bourgeoisie du moins avec des courants nationalistes. Les vrais responsables des malheurs des ouvriers allemands, les vrais ennemis devenaient les capitalistes de l’Entente. Le quotidien du KPD, Die Rote Fahne, annonça ainsi la nouvelle ligne : « Le parti communiste doit dire très clairement aux masses nationalistes de la petite bourgeoisie et aux intellectuels que seule la classe ouvrière, après sa victoire, pourra défendre la terre allemande, les trésors de la culture allemande et l’avenir de la nation. » (13 mai 1923).

Cette politique de la « main tendue » du KPD ira assez loin puisque qu’Hermann Remmele, député communiste au Reichstag, se fera acclamer à Stuttgart dans une réunion nazie. Quelques jours plus tard, dans un meeting communiste à Stuttgart, Remmele invita à s’exprimer un nazi « venu plaider devant des milliers de militants pour une trêve entre le KPD et le NSDAP d’Hitler ». Remmele « alla jusqu’à affirmer qu’une alliance avec les nationaux-socialistes pour abattre le capitalisme lui paraissait moins blâmable qu’avec les sociaux-démocrates ».

Cette « ligne Schlageter » annonçait les revirements tactiques radicaux qui deviendront systématiques durant les années suivantes. L’Internationale communiste abandonna cette position dès la fin septembre 1923 et le KPD s’exécuta. Selon la nouvelle ligne, « l’offensive [était] à l’ordre du jour », offensive qui se conclura par la lamentable insurrection ratée de Hambourg en octobre 1923."

https://jean-jaures.org/nos-productions/en-immersion-numerique-avec-les-gilets-jaunes




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