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Pourquoi l’athéisme est important
Article mis en ligne le 18 juin 2017
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Cette première partie de notre compil’ n°5 sur les rapports entre religion et politique vise à esquisser les contours des principales conceptions qui structurent, encore aujourd’hui, la réflexion des militants marxistes ou anarchistes en ce qui concerne la religion. Il nous a semblé important de rassembler ces quelques textes, mais aussi d’en pointer brièvement les limites. A leur lecture, on se rend compte qu’ils sont loin d’expliquer parfaitement la persistance des phénomènes religieux et de nous offrir des orientations politiques précises vis-à-vis des travailleurs croyants, en particulier musulmans, dans les métropoles impérialistes.

Néanmoins, ces textes montrent aussi, par leurs nombreuses références, que la connaissance des religions (en premier lieu du christianisme en Europe) a considérablement reculé par rapport à il y a un siècle, ou même cinquante ans. Cela ne signifie pas, bien sûr, qu’il faille réintroduire l’enseignement des religions à l’Ecole, mais cela demande aux militants un effort intellectuel supplémentaire pour pénétrer dans un univers qu’ils connaissent généralement très mal et qui souvent, soyons francs, ne les intéresse pas.

Sans un approfondissement de leurs connaissances, ils risquent de se retrouver désarmés face à de prétendus spécialistes (généralement des avocats discrets de telle ou telle grosse secte ou religion) ou à des croyants brouillons ou mystificateurs ; ils risquent d’adopter des positions politiques catastrophiques, ou de se livrer à des analyses fantaisistes, comme en témoigne la presse d’extrême gauche ou libertaire, les rares fois où elle se hasarde sur le terrain religieux ou politico-religieux.
Les textes de Friedrich Engels, V.I. Lénine, Anton Pannekoek et Amadeo Bordiga, qui sont présentés dans la première et la deuxième partie de ce livre, montrent les ambiguïtés du marxisme et parfois de l’anarchisme (Camillo Berneri) face aux questions religieuses.

Invoquant la méthode « dialectique », nos quatre mousquetaires marxistes essaient, à des titres et dans des contextes divers, de minorer l’importance de l’athéisme :
– parce que l’athéisme diviserait les travailleurs dans le cadre des luttes économiques quotidiennes, et qu’il empêcherait des ouvriers croyants de se battre contre le Capital,
– parce qu’il susciterait une union nationale néfaste avec la bourgeoisie franc-maçonne, avec les libéraux bourgeois, ou avec les démocrates bourgeois,
– parce que la déchristianisation en marche depuis un siècle rendrait pratiquement obsolète la lutte pour le matérialisme athée,
– parce que la prégnance de la religion ne relèverait que de causes immédiatement matérielles (la religion n’étant que le « reflet » – Lénine – de la pauvreté, de l’ignorance, de la peur devant les catastrophes naturelles, etc.). Ce serait donc une perte de temps et une démarche « idéaliste » que de chercher à en repérer les origines psychologiques, philosophiques, etc.. Ce serait une perte de temps de bien connaître les religions et de démonter leurs explications du monde. Belle justification « dialectique » de l’ignorance !

Les deux premiers dangers étaient (et sont toujours) réels, mais aujourd’hui on voit comment certains groupes trotskystes se réfugient derrière des bouts de citations de Lénine ou de Marx, et l’ignorance des fondements des religions, pour se livrer à une surenchère de « tolérance » (traduire d’opportunisme) vis-à-vis de l’obscurantisme religieux (la théologie de la libération dans sa version catholique d’un côté ; le prétendu « féminisme islamique » de l’autre) ou de pratiques qui ont autant à voir avec le patriarcat et le machisme qu’avec la religion elle-même (port du hijab à l’Ecole en France, meetings séparés pour les hommes et les femmes et prières lors de manifestations anti-guerre en Grande-Bretagne, etc.).

C’est pourquoi l’article de Paul Hampton (Marx, Engels et la religion) et la longue citation de Marx qui la précède sont utiles car elles remettent au moins les pendules (marxistes) à l’heure.

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