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Les origines de l’Islam : Mahomet, le brigand qui devint chef d’Etat
Article mis en ligne le 1er mai 2017
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Mahomet, prophète d’Allah, fondateur de la religion musulmane, est né à Mekka (La Mecque), aux environs de l’an 570 de l’ère chrétienne. La date précise n’est pas connue et est controversée par les historiens. La Mecque était alors un petit centre commercial et le Prophète débuta sa carrière comme marchand.

Les populations d’Arabie étaient organisées en tribus vivant essentiellement du commerce entre les deux grands empires de l’époque : l’empire romain byzantin et l’empire perse. Cette division en une multitude de tribus et de clans, entre lesquels les alliances se faisaient et se défaisaient continuellement, ne permettait pas la constitution d’un Etat susceptible de jouer un rôle autonome entre les deux grands. Les tribus arabes servaient alternativement de mercenaires aux empereurs perses et romains.

Cette situation politique et sociale se traduisait sur le plan religieux par l’absence d’une religion unique pouvant servir de ciment à l’ensemble des tribus d’Arabie. Celles-ci pratiquaient différents cultes polythéistes (avec plusieurs dieux et génies) et subissaient l’influence des religions antérieures dominantes : le christianisme et le judaïsme auxquels certaines se convertissaient parfois au gré des alliances politiques.

Le développement de la secte des musulmans (d’un mot arabe qui signifie les « soumis »), autour de Mahomet coïncida avec un certain développement économique, commercial et urbain de l’Arabie entraînant la dissolution des tribus traditionnelles de nomades du désert. Cette dissolution rendait caduques leurs mœurs et traditions fondées sur la solidarité tribale et nécessitait une idéologie nouvelle faisant une plus large place à l’individualisme, dans une société où dominaient les riches marchands des villes.

Répondant aux nouvelles nécessités économiques et sociales, Mahomet, qui affirmait que ses enseignements lui étaient dictés par Dieu, condamnait par exemple les incessantes vendettas et les règlements de comptes entre clans et tribus qui nuisaient au commerce. Sans les supprimer complètement, il les limita en instituant le système du prix du sang dédommageant les victimes et évitant de nouvelles vengeances et contre-vengeances. La religion musulmane donna également aux diverses tribus arabes une idéologie commune leur permettant de s’unifier et de s’affirmer au moment où l’Empire perse s’écroulait et laissait une place vacante.

Cette unité commença à se réaliser sous la poigne de Mahomet. Pour parvenir à ses fins, le Prophète employa alternativement la violence, la ruse et les manœuvres diplomatiques qui aboutissaient à des ralliements sous forme de conversions. Débutant comme un modeste chef de brigands qui pillait les caravanes, il s’imposa peu à peu par son habileté et sa fermeté. A sa mort, il avait mis en place un embryon d’Etat arabe reconnu par la majeure partie des tribus. Un siècle après sa mort, un véritable empire arabe étendait son influence du sud de l’Europe à l’Asie mineure.

Si la personnalité de Mahomet a joué un rôle important, l’existence à la même époque d’autres prophètes s’exprimant de façon comparable et prêchant des idéologies voisines montre bien que son succès correspondait à une nécessité sociale. En son absence, ou en cas de mort prématurée, on peut supposer qu’un de ces prophètes concurrents aurait pu remplir la même fonction. Il fit d’ailleurs assassiner plusieurs de ses rivaux.

La propagation de la foi musulmane qui allait de pair avec le développement de l’empire arabe ne donna cependant pas naissance à un véritable appareil religieux structuré. Dans cet empire, le pouvoir spirituel se confondait très largement avec le pouvoir temporel et dépendait de lui.

L’autonomie que conservaient dans cet empire les divers chefs de tribus – et plus tard souverains – ralliés contribua donc à susciter des interprétations diverses des paroles du Prophète consignées dans le Coran et à la division des fidèles en multiples sectes concurrentes dont certaines se sont perpétuées jusqu’à nos jours.

En l’absence d’une bureaucratie ecclésiastique centralisée, l’Islam n’est jamais parvenu à un monolithisme comparable à celui de l’Eglise catholique.

Combat communiste

(octobre 1980)




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