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16-17 Sommaire
Article mis en ligne le 29 avril 2017
dernière modification le 30 avril 2017
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* N° 16 /17– Septembre 2006 – 10 euros – 274 pages

Ce numéro tente de rendre compte du bouillonnement social des mois de février, mars et avril 2006 chez les étudiants, lycéens, chômeurs et sala-riés. Nous avons cherché à donner la parole à des individus et des courants différents afin de rendre compte de la diversité et de la richesse de ce mou-vement de la jeunesse, très certainement le plus important depuis le mou-vement contre le CIP de Balladur en 1994. Malgré leurs faiblesses poli-tiques, les courants apartidaires – qu’ils soient spontanéistes (« prositus » et « autonomes »), anarchistes ou « ultragauches » – nous ont semblé plus inté-ressants que les courants partidaires (trotskystes).

Nous avons donc reproduit surtout des tracts ou des textes qui posent des questions sur le mouvement, qui en critiquent les limites et les défauts, plutôt que des analyses qui donnent dans l’autosatisfaction (du genre « C’est nous qui tenions la Coord » ou « On a poussé les syndicats à… ») et qui se concentrent sur la proximité des échéances électorales de 2007, les chances d’un candidat de la « gauche de la gauche », les conséquences de l’imaginaire « victoire du non » et autres préoccupations politiciennes.

Parmi les courants apartidaires ci-dessus mentionnés, ce sont certaine-ment les plus spontanéistes qui ont la part belle dans ce numéro. Nous avons tenté de souligner quelques-unes de leurs limites dans les introduc-tions et dans les notes de bas de page (signés NPNF). En effet, dans ces mi-lieux prédomine une idéologie, certes hétérogène, mais qui repose sur quelques constantes communes :

-  la primauté de la satisfaction des « désirs » individuels ;
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-  l’illusion que l’on pourrait construire des îlots alternatifs au sein de la société capitaliste (squats, communautés, etc.) qui permettraient de trans-former les rapports interindividuels ;
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-  la dénonciation lancinante et caricaturale des dirigeants des groupes d’extrême gauche et le mépris pour tous les militants de base, considérés comme des bureaucrates en herbe ;
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-  une apologie des actions exemplaires, de l’affrontement de rue, du vol et du pillage sans aucune considération du rapport de force et de leurs conséquences pénales pour les individus concernés ;
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-  une sous-estimation du rôle de la classe ouvrière (dont la composition a certes considérablement changé dans les métropoles impérialistes) qui va de pair soit avec l’apologie de la révolte brute des masses indifférenciées, soit avec un rôle d’avant-garde accordé au précariat ;
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-  un refus de réfléchir à des stratégies de construction d’organisations politiques permettant de regrouper tous ceux qui veulent la révolution ;
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-  l’illusion que l’on pourrait en quelque sorte construire un autre monde tout de suite, sans passer par la moindre étape de transition (dont les modalités restent bien sûr à définir, contre toute vision étatiste y compris celles qui se cachent sous le masque de l’autogestion ou de la démocratie participative),
- 
-  un mépris fréquent des « revendications », vues comme l’expression d’une volonté d’étouffer un mouvement social.
- 
Mais ces courants ont aussi l’énorme force d’exprimer la révolte de la jeunesse et des exploités, de ne pas lui fixer des limites préétablies, de ne pas avoir d’illusions sur la nature et le rôle des syndicats et partis de gauche, et surtout de ne pas souhaiter canaliser la révolte sur le terrain élec-toral ou dans des moules organisationnels bureaucratiques, où l’on sait d’expérience que la flamme révolutionnaire des individus ne trouvera pas un oxygène suffisant pour brûler longtemps.

Nous publions aussi dans ce numéro trois témoignages et onze inter-views sur le mouvement dans huit villes de « province » (Caen, Grenoble, Tours, Aix-en-Provence, Avignon, Reims, Marseille et… Forcalquier), et deux facs de la région parisienne (Jussieu et Evry). Ces interviews sont fondées sur un questionnaire très général conçu par le groupe allemand Ko-linko et adapté par nos soins à la situation française de février-avril 2006. « Brutes de décoffrage », ces réponses donnent quelques outils pour comprendre à la fois les limites du mouvement et sa richesse, d’autant plus qu’elles ne proviennent pas de militants « encartés » qui tenteraient de dé-montrer à tout prix la justesse de leurs positions et de leurs actions.

Sommaire

De Mai 68 à Février-Avril 2006 : Tordons le cou à quelques mythes pour mieux comprendre le présent (Ni patrie ni frontières ) - Les mouvements étudiants en France depuis 1945, suivi d’une Chronologie des mouvements étudiants (extrait de Wikipedia)

« Autonomes », « castoriadiens », spontanéistes, « pro-situs » et « post-situs » : Précarité, salariat, travail, jusqu’où le mouvement social (Société autonome) - Fronde antiCPE et révolte sociale - Pousser le monde qui s’écroule (Un occupant de l’EHESS) - Appel de Raspail (Les occupants de l’EHESS) - Communiqués du Comité d’occupation de la Sorbonne (COSE) - Mise au point du COSE - Le CPE, une goutte d’eau dans un lac de rage - (Grenoble, Les enragé-e-s ouvrent le bal) – Réflexions sur le soulèvement en France (Bureau des secrets publics) - Ultime communiqué du COSE - Notes sur le mouvement anti-CPE en Avignon (Infokiosk)

Anarchistes : Lutter contre le CPE et le CNE, oui, mais pas seulement ; En lutte contre la misère sociale ; La lutte n’est pas terminée (3 tracts du GARAS) - Et pendant-ce temps-là que font les anarchistes ? (Libertad, L’En dehors) - Un récit de la lutte anti-CPE à Caen, mars avril 2006 (SIA Caen)

« Ultragauches » : Prenons la parole (Des internationalistes) - Le CPE, un instrument de plus pour accroître flexibilité et discipline au travail - Pour obtenir le retrait du CPE-CNE, il est nécessaire que tous les travailleurs re-joignent la lutte - La lutte contre le CPE-CNE est à un tournant - Un joli printemps (4 textes de Mouvement communiste) - La solidarité du mouve-ment des étudiants : un exemple pour toute la classe ouvrière (Courant communiste international)

Inclassables : Blocages et embauchages, mise en perspective du CPE et Hard Blocking (2 textes de Temps critiques) - La lutte anti-CPE (Roland Simon, Théorie communiste)

Annexe réformarde : Ni CPE, ni CDI. Revenu garanti ! (AC Limoges)

Débat : Les « lascars » : casseurs de manif ou révoltés ? Indi…gènes, indi…génat, indi…génisés ? des concepts indi… gents ! (Ni patrie ni fron-tières ) - Les casseurs de banlieue et le mouvement étudiant - Quelques éléments d’analyse sur les « lascars » (anonyme, CNT) – C. Guillon : Sur quelques récents publicitaires de la démocratie parlementaire- Ne pas abandonner la rue (Laurent) - Lettre au journal Le Monde (F. Lonchampt) - Pour que les banlieues prennent leur place dans la ville - (Deux de l’Assemblée de Montreuil) - Réflexions sur ceux que l’on appelle les « cas-seurs de manifestants » (Janos et Siryne Z. Indigènes de la République)

Interviews et témoignages de collégiens, étudiants et grévistes de For-calquier, Marseille, Aix, Jussieu, Reims, Avignon, Evry, Tours

Coordinations : analyses contradictoires de leur rôle : Mais où est passé le mouvement réel ? (Kamo) - Les Coordinations nationales étudiantes (Groupe CRI) - Les Coordinations… (Convergences révolutionnaires) - La fin du CPE (La Riposte) - CPE : L’épreuve de force continue (Lutte ou-vrière)

Jeunes et travailleurs sociaux (Myriam)

Quelques infos sur les mouvements étudiants grec et britannique (TPTG et AWL)

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A propos des numéros 15 et 16-17

« Cet épais bulletin est issu de la constatation de l’ignorance des milieux militants vis-à-vis de leur propre histoire et de leur enfermement national : ainsi on discute du voile en France sans prendre en compte des querelles sur les relations avec l’islam, discussions très développées dans des pays comme le Royaume-Uni ou l’Irak ! Les numéros sont thématiques, le n° 15 portait sur les « émeutes des banlieues ». Le dernier numéro (16-17) de ce bulletin est consacré au récent mouvement sur le CPE, qui a suscité beau-coup d’espoir mais sur lequel on ne possède pas grand-chose ; c’est chose faite avec cette collation d’articles de tous les horizons de l’extrême gauche sur tous les aspects de cette lutte, et notamment sur la question des « casseurs ». » (N’Autre Ecole n° 14, hiver 2006)

***

A propos du n° 16-17

« Dans cette nouvelle livraison, toujours copieuse, un ensemble particu-lièrement touffu de documents sur le mouvement contre le CPE, et la loi sur l’égalité des chances est constitué. » [La revue] « a choisi de privilégier ceux qu’ [elle] appelle les “ spontanéistes “ plutôt que les militants des dif-férentes organisations d’extrême gauche, ce qui offre un panorama aussi riche que mélangé d’une certaine ultragauche et d’une partie du mouve-ment anarchiste. Les événements de la Sorbonne et du Collège de France, occupés et en partie saccagés, selon les médias officiels, sont ainsi pris sous un autre angle, et plusieurs textes reviennent également sur le pro-blème des “casseurs de manifestations” originaires des banlieues. Paris n’est pas la seule ville à être traitée, puisque des éclairages sur Avignon et Caen (1) sont également proposés. Un recueil important, incontournable, mais pas suffisant pour permettre une approche exhaustive de ce mouve-ment multiforme. »

Dissidences, site Internet de la revue homonyme, deuxième semestre 2006

1. Mais aussi Grenoble, Tours, Aix-en-Provence, Reims, Marseille et Forcalquier (Note de Ni patrie ni frontières)


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