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Article mis en ligne le 29 avril 2017
dernière modification le 30 avril 2017
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* Extrême gauche/Extrême droite - Inventaire de la confusion

N° 36/37 – Septembre 2011– 10 €

Dans le numéro précédent consacré aux « pièges mortels de l’identité na-tionale », nous écrivions : « sous l’impulsion de la “Nouvelle Droite” fran-çaise, un peu partout en Europe, l’extrême droite a récupéré, ou tenté de récupérer, une partie des thèmes lancés par les “gauchistes” et la gauche des années 60 et 70 : le droit à la différence, le multiculturalisme, le soutien aux mouvements régionalistes, la critique de l’impérialisme américain, la dénonciation du sionisme et de la politique d’Israël, le soutien aux Palesti-niens et bien sûr l’écologie , profonde ou à tonalité mystique, selon les courants. En récupérant ces thèmes, l’extrême droite n’a pas seulement procédé à une manœuvre tactique habile consistant à occuper le terrain de l’adversaire, en lui piquant ses mots et ses thèmes de prédilection. Elle a aussi modernisé, relooké, de vieilles idées qu’elle avait toujours défendues mais qui commençaient à paraître complètement “ringardes” : le lien à la terre et au terroir ; la défense des langues nationales et régionales ; la peur de toute influence étrangère (que ce soit sur le plan économique ou cultu-rel) ; la défense de la nature (considérée comme étant la source de l’identité, de l’“ethnie”, de la “race”). »

Ce numéro essaie de recenser et dénoncer quelques-unes des passerelles, des confusions, volontaires ou inconscientes, entre la propagande de l’extrême droite et celle de l’extrême gauche.

Par « extrême gauche », nous entendons non seulement les groupes qui se réclament du marxisme, du léninisme, du maoïsme ou du trotskysme, mais aussi les mouvements altermondialistes, voire parfois les courants « libertaires », qui ne sont pas fondamentalement indépendants, sur le plan idéolo-gique, des diverses formes de marxisme stalinien ou néostalinien propagées par les intellectuels auto-proclamés « radicaux », « contre-hégémoniques » ou « alternatifs ».

Par extrême droite, nous entendons surtout les courants extraparlementaires, les fascistes dits « de gauche », donc les « nationaux-révolution-naires », les partisans d’une Troisième Voie (ou « tercéristes »), les « solida-ristes », les « Identitaires », les « nationaux-bolcheviks », etc., qui ont souvent prétendu, dans le passé, s’inspirer des recettes léninistes pour la propagande quotidienne et la conquête du pouvoir, mais aussi les courants de la Nou-velle Droite.

Malgré sa taille minuscule, la Nouvelle Droite a joué un rôle fondamen-tal à la fois dans la rénovation idéologique de l’extrême droite parlemen-taire (FN) – ceux que l’on pourrait appeler les nationaux-conservateurs –, comme dans la rénovation des courants néofascistes « de gauche » et même de la droite classique (UMP) en France et aussi au niveau européen.

Au-delà de la diversité de ces courants, l’extrême droite possède quelques « dénominateurs communs : l’anticommunisme, l’ordre, la mise en place d’un Etat fort, la méfiance à l’égard de la démocratie parlementaire, la haine du cosmopolitisme et le rejet de la politique d’immigration soit par racisme, soit pour des raisons religieuses, culturelles et identitaires », nous explique J.-P. Gaultier dans son livre Les extrêmes droites en France. Dé-nominateurs communs que l’on complètera par la défense de la propriété privée des moyens de production et de la société de classes.

Ce numéro ne cherche pas à explorer toutes les divergences ou les nuances entre les composantes de la droite radicale, mais à souligner les convergences idéologiques ou pratiques entre certains groupes ou « intellec-tuels » fascistes ou fascisants et la gauche ou l’extrême gauche, même si leurs positions respectives semblent très éloignées au premier abord, no-tamment sur les points programmatiques que nous venons de citer.

Il ne s’agit pas ici de reprendre la thèse banale de « la convergence des extrêmes », mais plutôt de souligner que, notamment depuis la disparition du camp des Etats staliniens, depuis la fin de la guerre froide, et grâce à l’usage intensif d’Internet par les militants et sympathisants d’extrême gauche s’est développée une sous-« culture » anticapitaliste, antisioniste et anti-impérialiste réactionnaire , ou anti-impérialiste à sens unique car diri-gée contre un seul « impérialisme » ou une seule puissance (les Etats-Unis), et (presque) jamais contre sa propre bourgeoisie.

En eux-mêmes, l’antisionisme, l’anticapitalisme et l’anti-impérialisme ne sont pas réactionnaires ; mais les formes dominantes de ces idéologies sur Internet sont suffisamment floues et confuses pour permettre des rap-prochements contre nature entre extrême gauche et extrême droite. Ces rapprochements ne sont pas simplement virtuels (liens entre sites, republi-cation d’articles avec ou sans l’autorisation des auteurs), ou fondés sur la manipulation des egos (invitations à des colloques ou à des débats publics, etc.). Ils se traduisent par l’infiltration, ou la présence à visage découvert, de militants d’extrême droite dans des manifestations ou des initiatives an-ti-impérialistes ou antisionistes : manifestations contre la guerre du Golfe ou contre l’intervention américaine en Irak, flottille pour Gaza, boycott des produits venant des colonies israéliennes ou simplement d’Israël, campagne contre les Mcdo et l’« Eurodysneyland », etc. Mais aussi dans des organisa-tions écologistes, des syndicats, ou des associations humanitaires.

En dehors des manœuvres classiques d’entrisme, on observe une porosi-té, voire une interchangeabilité, croissante des concepts utilisés par l’extrême droite et l’extrême gauche.

Cela est dû en partie :

– à l’abandon, par l’extrême gauche, de la référence au rôle central du prolétariat dans les mouvements sociaux (et donc dans la future révolution sociale),

– à l’abandon de la référence au communisme (société sans classes, sans salaires, sans argent, sans propriété privée et sans Etat)

– et à la disparition de toute référence à la nécessité d’un affrontement violent avec l’Etat bourgeois.

La disparition de ces trois points programmatiques (centralité du prolé-tariat mondial, usage stratégique de la violence contre l’Etat et projet com-muniste) ne s’est pas traduite par un approfondissement de la réflexion des « révolutionnaires », mais par un formidable retour en arrière, facilité par l’absence de connaissance de l’histoire du mouvement ouvrier chez les jeunes générations militantes.

Des positions politiques faiblardes depuis longtemps

L’abandon de ces trois points programmatiques ne peut tout expliquer ; en effet, des camarades ayant abandonné ces points programmatiques ne sont pas forcément tombés dans la connivence confuse avec les idées d’extrême droite. Il faut donc identifier au moins une deuxième cause : les positions déjà erronées défendues par les groupes et courants d’extrême gauche après 1968 (mais dont certaines viennent d’encore plus loin) et qui ont pu s’épanouir après l’abandon de ces points programmatiques. Ces po-sitions plus simplistes étaient d’ailleurs partagées, en partie ou en totalité, par des courants plus proches de l’extrême droite. Il s’agit de :

– la caractérisation des pays capitalistes comme impérialistes, suivant l’analyse de Lénine,

– l’opposition erronée entre un capitalisme financier « prédateur » et un capitalisme industriel « sain », opposition implicite chez Lénine, comme chez Hilferding, théoricien de la Deuxième Internationale,

– l’incompréhension de ce que furent le fascisme et le nazisme.

Dans l’argumentaire de ceux qui professent ces idées simplistes cela se traduit immédiatement par les anathèmes qu’on jette à la figure des contra-dicteurs pour les faire taire. Voyons maintenant les trois points évoqués ci-dessus.

– L’impérialisme est réduit aux capacités d’intervention militaire des seules puissances européennes ou étatsunienne, ou alors à la domination des trusts et des multinationales d’origine européenne ou américaine sur le monde. Cela conduit à soutenir tel Etat contre tel autre, le « gros » ayant tou-jours tort et le « petit » toujours raison, sauf s’il est soutenu par le premier des grands (cf., en 2008, le cas de la Géorgie opprimée par la Russie mais soutenue par les Etats-Unis). Cela conduit surtout à dédouaner les bour-geoisies des « petits » pays, voire des puissances moyennes, de la répression qu’elles exercent contre « leur » classe ouvrière. La logique des camps (« progressistes » contre « impérialistes ») conduit à convertir tel massacreur en « progressiste » (voire en « révolutionnaire ») et réciproquement, suivant les situations.

– Quoi que l’on pense de la validité des théories de Marx, il faut rappeler à ses disciples que le capital se métamorphose dans trois formes : le ca-pital industriel, appelé également capital productif, qui est à l’origine de toute valeur, incarne le cycle total du capital, et repose sur l’exploitation du travail humain ; le capital marchand et le capital financier qui ne font que répartir des richesses (profit commercial, usuraire, bancaire, etc.) créées par le capital industriel. Les trois formes du capital sont intrinsèquement liées et en isoler une pour la charger de tous les maux est une erreur. C’est ce que font les altermondialistes et les tiersmondistes quand ils dénoncent par exemple « la fusion du capital bancaire et du capital industriel dans une oli-garchie financière » (formule empruntée à Lénine) qui serait omnipuissante. L’« oligarchie financière » est assimilée au capital « étranger » et certains n’hésitent pas à transformer le capital « étranger » en capital « apatride », puis en capital « juif », ce qui explique la convergence qui rassemble droite et gauche dans le « socialisme des imbéciles » (selon l’expression du social-démocrate allemand August Bebel : « L’antisémitisme, c’est le socialisme des imbéciles »).

– Enfin, le fascisme et le nazisme sont compris uniquement comme un mal absolu dont il ne faudrait pas essayer de comprendre les causes économiques, politiques et sociales qui ont permis le succès. En effet, si l’on creuse un peu ces questions, on s’aperçoit que le fascisme et le nazisme (sans parler du péronisme et du stalinisme) ont eu une influence électorale importante chez les ouvriers. Mais surtout, ils en ont organisé une bonne part et ont été jusqu’à participer à de vraies grèves (ainsi la participation des ouvriers nazis, jusque dans les comités de grève, lors des grèves sau-vages contre les décrets von Papen à l’automne 1932) ; encore aujourd’hui, en Italie, les héritiers des fascistes organisent des chômeurs, des auto-réductions dans les transports et des occupations de maisons vides. Pour les ex-« gauchistes », la découverte du côté « obscur » de la classe ouvrière les amène à rejeter tout espoir de transformation sociale collective. Certains d’entre eux sont même fascinés par le côté « ouvrier » du fascisme et ren-contrent ainsi les fascistes qui exaltent le côté ouvrier et révolutionnaire de ce courant

Mouvement communiste

La méconnaissance de l’histoire du mouvement ouvrier par les jeunes générations a été elle-même facilitée (voire encouragée) par la disparition des structures de formation politique au sein des groupes « révolutionnaires » et par la montée en puissance des « experts » au sein de la gauche al-termondialiste et des ONG, experts qui sont devenus la seule référence théorique des militants qui leur font une confiance aveugle. C’est ainsi qu’on a pu assister :

– à la résurgence de l’idéologie autogestionnaire, avec l’éloge naïf des coopératives ouvrières, de l’économie solidaire, des SEL, des squats, des communautés (qu’elles soient punk, néo-baba cool, libertaires ou indi-gènes/autochtones, etc.) ;

– à la réapparition des théories de l’aile « centriste » de la social-démocratie allemande après la Première Guerre mondiale (le mariage entre le parlementarisme et les conseils ouvriers, inventé par celle-ci, est désor-mais vanté par de nombreux groupes trotskystes, notamment ceux de la Quatrième Internationale à laquelle est lié le NPA, par des socialistes de gauche ou des néostaliniens soucieux de paraître novateurs) ;

– à la défense du rôle positif des nationalismes et des régionalismes par de nombreux courants marxistes ou libertaires ;

– à la valorisation des identités sexuelles, « raciales », voire individuelles, aboutissant à une fragmentation à l’infini des luttes mais aussi des ré-flexions critiques, au détriment de l’unification et de la synthèse néces-saires. Très peu de groupes ont réussi à penser ensemble « genre, race et classe », comme on dit dans le monde militant anglo-saxon, et à mettre cette pensée en pratique dans les années 70, même à une petite échelle (les expé-riences de groupes comme Big Flame en Grande-Bretagne ou des Revolu-tionary Union Movements dans les usines Dodge, Ford, Eldon et Chrysler aux Etats-Unis sont à cet égard importantes).

La prise en compte de la totalité des oppressions aurait pu enrichir le projet de révolution socialiste globale porté par l’extrême gauche des an-nées 60 et 70. Mais c’est l’inverse qui s’est produit : les luttes ouvrières ont connu une formidable décrue à partir du milieu des années 70 en Europe et aux Etats-Unis, et de multiples micro-projets de libération ont vu le jour, portés par des idéologies partielles ou identitaires comme le féminisme, l’écologie, l’antiracisme, la lutte pour les droits des minorités, les luttes des sans-papiers, des précaires, des chômeurs, etc.

Le sujet révolutionnaire mis en avant par les marxistes, le prolétariat, n’avait peut-être pas les épaules assez larges pour libérer toute l’humanité de tous ses maux à lui tout seul. D’ailleurs les marxistes se sont posé la question des alliances avec d’autres classes exploitées notamment la pay-sannerie pauvre. Mais la multiplication des sujets des libérations identi-taires n’a fait que marginaliser encore davantage la place de la classe ou-vrière dans le projet révolutionnaire, en même temps que la crise capitaliste mondiale, les restructurations, les délocalisations et les licenciements la fragmentaient, elle aussi (cf. le texte de Joao Bernardo, traduit et publié par nos soins, « Classe ouvrière ou travailleurs fragmentés ») .

En 2011, un projet de révolution sociale ne peut être le même qu’il y a quarante ans. Nous vivons en Europe, dans des pays « pacifiés » , qui n’ont pas connu de situation révolutionnaire depuis des décennies. Il suffit d’entendre les propos de cet « Indigné » de la Bastille que l’on voit crier sur Youtube face aux flics : « Vous vous êtes engagés pour défendre le peuple, pas pour lui taper dessus. » Et de les comparer aux milliers de Syriens tués, aux milliers de Syriens emprisonnés et torturés, aux chars qui entourent les villes syriennes une par une, secondés par les snipers au service du régime, pour constater que nous vivons pour le moment dans un cocon politique et que nous n’avons aucune idée de ce que pourrait être une révolution so-ciale, ici et maintenant en Europe.

Mais, en même temps, nous ne gagnerons rien à dispenser, comme les partis de gauche et certains gauchistes, l’illusion que les cadres, les petits commerçants, les petits artisans, les ouvriers, les petits patrons, les paysans-capitalistes et les chômeurs auraient des intérêts fondamentaux communs. Nous ne gagnerons rien à croire, comme de nombreux altermondialistes, li-bertaires ou « radicaux », que tous les êtres humains seraient des individus opprimés et exploités, susceptibles de se révolter et de renverser le capita-lisme et l’Etat… de surcroît sans prendre le pouvoir.

Pour terminer, il est aussi une question dérangeante, à laquelle nous ne répondons pas ici, faute de place, mais que plusieurs articles du numéro précédent de Ni patrie ni frontières ont abordé en critiquant la gauche na-tionaliste ou la gauche laïco-xénophobe : quelle est notre part de responsa-bilité dans la confusion ? Certains d’entre nous ne propagent-ils pas des comportements et des idées racistes, colonialistes ou sexistes, et ce depuis fort longtemps ? Les infiltrations de l’extrême droite, les limitations théo-riques de l’extrême gauche, n’expliquent pas tout. Nous nous croyons vac-cinés contre les préjugés de classe, racistes, sexistes et colonialistes, mais le sommes-nous vraiment ?

Aux Etats-Unis, cette interrogation a amené certains militants et cer-taines militantes à se demander comment lutter pratiquement contre les pré-jugés racistes, colonialistes et sexistes qui pouvaient sévir au sein de leurs propres organisations et des mouvements sociaux. Souvent sur le registre de la culpabilisation et des bons sentiments, mais au moins il existe des ten-tatives d’aborder le problème.

Aux Pays-Bas, de telles interrogations sont à la base de groupes comme De Fabel van de illegaal et maintenant Doorbrak, et elles travaillent aussi le groupe britannique The Commune qui se réclame du vieux mouvement ou-vrier, et veut aussi intégrer les acquis des « mouvements de libération » fé-ministe et antiraciste des années 70. Et il en existe certainement d’autres que nous ne connaissons pas.

Certains groupes ou personnes citées dans ce lexique s’indigneront cer-tainement d’être ravalés au rang de simples « passerelles » vers l’extrême droite. Ils ne comprendront pas non plus pourquoi certains « concepts » qu’ils utilisent tous les jours sont peu rigoureux, voire carrément réaction-naires ( ). Nous espérons que ce petit inventaire incitera les « modérateurs » de leurs sites Internet à mieux choisir leurs fréquentations, leurs références idéologiques et à trier avec rigueur (donc à lire soigneusement) les mails, les articles et les infos qu’ils publient sur leurs sites ou qu’ils diffusent au-tour d’eux.

. Avant d’être publié sur Internet et sous forme papier, cet inventaire a circulé parmi plusieurs camarades, notamment de Mouvement communiste, du Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne (GARAP), des Luftmenschen et sur le forum des lecteurs de la revue Ni pa-trie ni frontières . L’objectif n’était pas d’aboutir à un texte commun où toutes les positions seraient communes à la virgule près (il nous aurait sans doute fallu des années pour y arriver), mais de solliciter l’avis de militants qui se sont intéressés à ces questions depuis longtemps et qui observent le développement, la décomposition/recomposition permanente de l’extrême droite ou de ce que certains camarades appellent le « sous-fascisme ». (...)

1er septembre 2011

P.S. : De nombreux articles font référence à des individus ou à des groupes. Quand nous n’avons pas placé une note d’explication en bas de page, le lecteur devra se reporter à la liste des mots indexés page 11. Par exemple si dans un article sur Dieudonné nous mentionnons le MDI, le lec-teur devra se rendre à l’entrée MDI.

Les entrées sont de longueur très variable et nous publierons une se-conde édition, voire un deuxième numéro sur le même sujet, en fonction des contributions, remarques et critiques que nous recevrons sur ce sujet es-sentiel.

* Concepts propices à la confusion : Antiaméricanisme, Anti-impérialisme, Blancs, Blacks, Consommation (société de), Démocratie, Dé-racinement, Différence, droit à la, Droits de l’homme et droits démocra-tiques, « Entité sioniste », Guerre civile ou émeutes, Impérialisme, Jacobi-nisme, Libération nationale, Nationalisme arabe, « Nations prolétaires », (cf. aussi national-bolchevisme), Peuple palestinien, Question juive, La, Régio-nalisme, Réseau, Résistance, Sionistes

* Sites qui propagent la confusion : Alterinfos, Dazibaoueb, Entre la Plume et l’enclume, Enquête et Débats, Eva R-sistons, Investig’Action, La Banlieue s’exprime, Mecanopolis, Mondialisation.ca, Pierre et l’Olivier, La, Planetenonviolence.org, Tlaxcala, Tout sauf Sarko, Voltaire.net

* Idiots utiles… à la confusion : Bricmont, Jean, CAPJPO, Chos-sudovsky, Michel, Collon, Michel, Finkelstein, Norman, (Le) Grand Soir, Lacroix-Riz Annie, Primitivi.org, Ramadan, Tariq, Résistance, Résistances (librairie)

* Convergences inattendues et méprisables : Anticapitalisme, Anti-capitalisme et antisémitisme, Antiracisme, Chavez et Khadafi, Commune de Paris, Complots, théories du, Conseils ouvriers, Rossel, Louis Nathaniel

* Militants de la confusion, Atzmon, Gilad, Axis for Peace, Ayoub, Serge, Binet, René, Blanrue, Paul-Éric, Casa Pound, Cattori, Silvia, Centre Zahra et Parti Anti Sioniste, Ceresole, Norberto, Charbonnier, Marcel, Cheminade, Jacques, Chiesa, Giuletto, Cruse, Jean-Paul, Dieudonné, Du-prat, François, Egalité et Réconciliation, Fouéré, Yann, Gallois Pierre-Marie, Gazette du Golfe et des Banlieues, Génération Kemi Seba, Giudice Fausto, Hess-Skandrani, Ginette, Idiot International, L’, Karnooh, Claude, Mouvement des damnés de l’impérialisme, Mouvement d’action sociale, Neturei Karta, Nationalistes-révolutionnaires, Parti Anti Sioniste, Petras, James, Poumier, Maria, Renouveau français, Reynouard, Vincent, Robin, Jean, Sfahr Mondher, Shamir, Israël, Soral, Alain, Staline et stalinisme

* Thèmes propices à la confusion : Antisionisme, Désioniser Israël, Dresde (bombardements de), Ecologie, Génocide, Hollywood, Identités et Politiques identitaires, Immigration, Islamophobie, « Lobby sioniste » et lobby pro-israélien, Métissage et mixophobie, Shoah Business ou Industrie de l’Holocauste, Straight edge

* Expressions et mots de l’extrême droite : Affinités transversales, Barbus, Bien-pensance, Double nationalité, Europe, Immigrétisme, Méta-politique, Métissolâtrie, Mondialisme, National-bolchevisme, Nazisio-nisme, sionazis, judéo-nazis, « Nouvelles convergences », Oligarchie, Pays réel, Police de la pensée antiraciste, Politiquement correct, Révisionnisme et Négationnisme, Révolution populaire, Shoatique, siono-shoatique ou ho-locaustique, Totalitarisme mou, totalitarisme soft, totalitarisme de la pen-sée, Tradition, ZOG ou ZORG,

Annexes

– Quelques remarques sur un inventaire de la catastrophe (Luftmen-schen)

– Mondialisation.ca : analyse antifasciste d’un site (Luftmenschen)

– L’antisémitisme sur le site d’Indymedia aux Pays-Bas (Eric Krebbers)

– Indymedia : une porte ouverte à l’antisémitisme (Franck Ludo)

– Pétition : on peut tout signer, mais pas avec n’importe qui (Henri Goldman)

– Eléments d’introduction à la notion de sous-fascisme (Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne)

– RFI, Celine et Tixier-Vignancour (Y.C.)

– Onze thèses du redskinhead

– Petit « Blanc », Fdesouche et Marine te prennent pour un con (red skin-heads)

– Chauny : encore un jeune condamné pour s’être défendu (red skin-heads)

– Opération Carcajou : la liberté d’expression définie par les fascistes de Fdesouche (red skinheads)

– Violence fasciste et dédiabolisation médiatique : construire la contre-offensive ! (red skinheads)

– Norvège : l’évolution prévisible de la violence fasciste en Europe (red skinheads)

– Fdesouche et après ? Jusqu’où va la fachosphère ? (red skinheads)

Ni patrie ni frontières , n°36-37, septembre 2011, « Extrême gauche / Extrême droite. Inventaire de la confusion ».

Cette livraison s’inscrit dans le prolongement de certaines des théma-tiques abordées dans le triple numéro précédent, en cherchant à explorer toutes les porosités pouvant exister actuellement entre l’extrême gauche et l’extrême droite. Une démarche cruciale et précieuse, concrétisée ici par un travail collectif, Yves Coleman ayant collaboré avec plusieurs organisa-tions militantes : Mouvement communiste, le GARAP (Groupe d’action pour la recomposition de l’autonomie prolétarienne), les Luftmenschen, en plus d’intégrer certaines contributions du forum des lecteurs de Ni patrie ni frontières . Toutefois, dans l’introduction, en attribuant les progrès des ac-cointances entre extrême droite et extrême gauche à la baisse de la forma-tion politique au sein de cette dernière et à la relativité plus grande des points clefs de l’orthodoxie révolutionnaire (rôle central du prolétariat, né-cessaire lutte violente contre l’Etat bourgeois, finalité communiste), le risque est d’invoquer une impossible pureté révolutionnaire… Si l’on ex-cepte quelques redondances partielles dans le sommaire (entre thèmes et concepts, par exemple), le contenu est assurément d’un grand intérêt. On y trouve énumérés une série de concepts tangents, certains fort judicieux – déracinement, régionalisme, nation prolétaire, réseau, ou les relations dis-cutables entre Chavez et Kadhafi (même si l’analyse de l’action du premier ne peut se réduire à cela) – d’autres plus discutables. Il en est ainsi pour l’antiaméricanisme (l’extrême gauche porte-t-elle véritablement ses coups principalement, sinon exclusivement, sur l’impérialisme étatsunien ?), la dénonciation de la société de consommation ou la revendication de libéra-tion nationale. Des sites et des personnages confusionnistes sont également recensés, qu’ils le soient implicitement (Michel Collon, Jean Bricmont, Ta-riq Ramadan ou, plus étonnant, Annie Lacroix-Riz) ou explicitement (Paul-Eric Blanrue, Jean-Paul Cruse, Jacques Cheminade, Pierre-Marie Gallois, L’idiot international ou les nationaux révolutionnaires, occasion d’un utile rappel de l’historique du national-bolchevisme). Même Le monde diploma-tique, qualifié de « tiers-mondain », est critiqué pour avoir publié certains auteurs discutables comme James Petras. Parmi les annexes, on retiendra en particulier plusieurs textes des Redskinhead, exposant la tactique des militants d’extrême droite pour occuper l’espace médiatique de l’internet. Un ensemble inévitablement polémique, mais également salutaire.

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