Blair Taylor : Sur l’Alt-Right
Article mis en ligne le 15 juin 2022

Mots clés : nationalisme ; réalisme racial ; racisme scientifique ; Donald Trump ; suprématie blanche.

1. Origines et premiers pas
L’alt-right* , abréviation d’alternative right (droite alternative), est une constellation de forces de droite vaguement unies par une critique du conservatisme traditionnel. Elle repose sur de fortes sympathies politiques pour le nationalisme blanc* ou l’ultranationalisme, l’autoritarisme et le rejet de la démocratie, les conceptions traditionnelles du genre, la haine de la gauche et du libéralisme, et l’antisémitisme. L’alt-right est un terme informe qui englobe un spectre d’acteurs d’extrême droite comprenant des nationalistes blancs, des « réalistes raciaux* », des néonazis, des universitaires d’extrême droite, des antimodernes ésotériques et la « manosphère* » misogyne. Cette diversité se reflète dans la division entre l’alt-right – qui soutient ouvertement le nationalisme blanc, le fascisme ou le nazisme – et l’« alt-lite* », qui prône un nationalisme civique, plutôt qu’un nationalisme blanc, et accueille favorablement la participation de Juifs, de gays et de personnes de couleur. Ils sont unis par la conviction que « tous les hommes sont créés inégaux » (Spencer, 2020). Comprise comme un fait inhérent et inéluctable de la vie qui se manifeste entre les races, les nations, les cultures, les sexes et les sexualités, l’inégalité humaine est au cœur de l’alt-right. Les hommes blancs occidentaux hétérosexuels se situent, pour elle, au sommet de cette hiérarchie civilisationnelle.