Lettre d’Emma Goldman à la revue Mujeres Libres (1936)
Article mis en ligne le 25 janvier 2022
dernière modification le 1er mai 2022

Chères camarades espagnoles, je me réjouis de votre décision de contribuer à l’émancipation des femmes de votre pays. Je dois vous avouer que, lorsque je suis venue en Espagne, en 1929, le retard de la femme espagnole en général m’a douloureusement surprise : sa soumission à l’Eglise et, dans la vie privée, sa soumission à l’homme, qu’il s’agisse de son père, de son mari, de son compagnon, de son frère ou de son fils ; son attachement à l’imposition de deux morales distinctes, l’une pour l’homme et l’autre pour la femme ; son esclavage, enfin, qui la réduit à être une domestique et à porter [dans son ventre] des tonnes d’enfants. Je suis enthousiasmée d’apprendre que certaines camarades espagnoles suivent, enfin, le chemin pris depuis longtemps par les camarades d’autres pays.

C’est avec un grand plaisir que je collaborerai à Mujeres Libres. En attendant que je prépare un article plus substantiel, et mue par le désir de participer à votre premier numéro, je vais vous raconter quelques brèves impressions concernant ma récente tournée de propagande en Angleterre.