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Ni patrie ni frontières
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Reichsbürger (Citoyens de l’empire)
Article mis en ligne le 30 septembre 2026

Mouvance d’extrême droite, dont les militants ne sont affiliés à aucun parti ou groupuscule. Vingt-cinq d’entre eux « ont été interpellés le 7 décembre 2022 après la découverte d’un plan de prise du pouvoir par un prince complotiste (Heinrich XIII Reuss) et une ancienne députée de l’aile radicale de l’AfD, Birgit Malsack-Winkemann, aidés par des anciens militaires qui comptaient sur un appui (fantasmé) de la Fédération de Russie. Forte d’environ 13 500 membres, cette mouvance […] se distingue par sa croyance dans l’illégitimité de l’État allemand, qui selon eux s’est établi en 1949 sur des bases illégales et sous occupation étrangère. Certains pensent que le second Reich subsiste en droit, d’autres penchent pour le troisième Reich, tous sont partisans d’une sécession d’avec l’État, de sorte qu’ils établissent leurs propres “documents d’identité”, leurs propres“tribunaux”, voire leur propre “monnaie” et leur propre “Royaume, Empire ou Reich” (ce sont les “Selbstverwalter”, ceux qui « s’administrent eux-mêmes »). Ce folklore pourrait prêter à sourire si 1150 Reichsbürger n’étaient pas considérés comme des activistes d’extrême droite qui accumulent armes et munitions ».

Selon le BfV , « les arguments antiétatiques et conspirationnistes avancés par ces individus facilitent la compatibilité avec les idées antisémites ». Cela va « des accusations portées par des chômeurs qui reprochent leur situation aux personnes de confession juive, aux théories du complot ouvertement antisémites souvent véhiculées à l’aide de codes, en passant par la négation de l’Holocauste ». Ils sont évidemment très actifs sur Internet et les réseaux sociaux. Ils fabriquent de faux documents et modifient leurs plaques d’immatriculation pour signaler à tous qu’ils se dissocient de l’État allemand actuel ; ils « envoient souvent de longues lettres et des fax aux autorités, pour chercher la confrontation », « intimider et parfois dénoncer publiquement » les fonctionnaires.

Cette mouvance existe aussi en Suisse allémanique, sous le nom de « Staatsverweigerer » (négationnistes ou négateurs de l’Etat) et en Autriche, mais n’a jusqu’à présent pas été aussi loin qu’en Allemagne, puisqu’ils se contentent de refuser de payer leurs impôts et leurs amendes.