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Ni patrie ni frontières
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Moeller van den Bruck, Arthur (1876-1925)
Article mis en ligne le 18 septembre 2026

Théoricien nationaliste, très actif au service de propagande de l’armée allemande durant la première guerre mondiale. Critique des courants nationalistes-racistes (völkisch) et partisan d’une « troisième force » (et d’un « Troisième Reich » !) entre libéralisme et marxisme il fut amené, en même temps, à présenter l’Allemagne comme une « jeune nation », une « nation prolétaire », victime des « vieilles nations » et à prôner une diplomatie favorable à l’Union soviétique. S’il est aussi réactionnaire, sur le terrain politique, que d’autres intellectuels allemands nationalistes et conservateurs avant 1914, il se singularise, comme les membres de la « nébuleuse » de la « révolution conservatrice », par « l’optimisme, ou au moins par le volontarisme, face au monde moderne » [1].

En 1993, un recueil de ses textes est paru en français sous le titre La révolution des peuples jeunes, ouvrage préfacé par… Alain de Benoist qui voit sans doute en lui un modèle, puisque Moeller van den Bruck réussit, dans les années 1920-1923, dans le cadre des réunions du Juni Klub (au cours desquelles Hitler prit la parole), à stimuler le dialogue entre intellectuels nationalistes, communistes, sociaux-démocrates et conservateurs ! Cet auteur a été récupéré par la Nouvelle Droite, car ses idées réactionnaires étaient superficiellement plus « présentables » que celles des idéologues ouvertement fascistes et néonazis.

(1) Dupeux, Louis (1987), « Le prussianisme de la “« révolution conservatrice »” allemande (1919-1933) », Revue d’Allemagne et des pays de langue allemande, tome 19 n°3, juillet-septembre, https://www.persee.fr/doc/reval0035-09741987num1932894