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Ni patrie ni frontières
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Kommunistische Bund (1971-1991)
Article mis en ligne le 18 août 2026

Issu de la fusion entre plusieurs groupes locaux (SAEZ, KAG et KB/ML) il comptait entre 1700 et 2 500 membres (apprentis, lycéens et étudiants) dont la majorité à Hambourg.

Le KB est parfois considéré par certains comme moins dogmatique que les autres groupes « K » (maoïstes), notamment en raison de son soutien à des listes écologistes ; de sa participation au mouvement antinucléaire ; et de sa création d’une maison d’édition (Buntbuch-Verlag) ouverte au féminisme et publiant des romanciers comme Nazim Hikmet.

Son fonctionnement interne était pourtant aussi léniniste et secret que celui de ses concurrents. Le KB rejetait le qualificatif de « social-impérialisme » qu’utilisait les autres groupes pour attaquer l’URSS ; il défendait l’existence de la RDA et accusait la RFA de vouloir dominer ses voisins européens sous le couvert de l’intégration européenne et croyait à une « fascisation » de l’Allemagne (comme une grande partie de la mouvance maoïsante en France ou en Italie d’ailleurs) ; il comparait la politique d’Israël à celle des nazis et se méfiait du rôle de l’Allemagne en Europe.

Après 1976 le groupe commença à prendre un peu ses distances vis-à-vis de la Chine. Les divergences à propos de l’antisionisme dans les années 1980, puis vis-à-vis de la réunification aboutirent à l’éclatement de l’organisation. La majorité chercha à coopérer avec le PDS (parti stalinien créé en 1991 après la fusion des deux Allemagne, qui entrera dans l’actuel Die Linke, proche de LFI) tandis qu’une minorité soutint la campagne « L’Allemagne ? Plus jamais ça » et certains d’entre eux (dont Jürgen Elsässser, Heiner Möller et Matthias Küntzel) finiront par publier le magazine Bahamas en 1992.

Si l’on s’intéresse à la trajectoire sociale des ex-dirigeants du KB, on observe le même phénomène que pour les autres groupes maoïstes : journalistes, universitaires, avocats, députés du PDS et de Linke, dirigeants des Verts, et même ministre fédéral de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire (Jürgen Trittin).

Les cadres du KBW, un autre groupe maoïste, n’ont pas trop mal réussi, du moins si l’on en croit le sort de personnes comme Reinhard Butiköfer (député européen des Verts pendant quinze ans) ; Winfried Kretschmann, (ministre-président, donc chef du gouvernement, du Bade-Wurtemberg depuis 2011) et Hans Gerhardt Schmierer (haut fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères pendant sept ans, puis consultant).