Précepteur, puis professeur, il fonde en 1810 « la Ligue allemande, précurseur des confréries étudiantes. Les membres de la Ligue allemande étaient principalement issus des rangs des officiers et des enseignants » et luttaient pour « la libération de l’Allemagne du joug français et l’unité nationale ». « Jahn considérait la “gymnastique patriotique” comme une contribution essentielle à la réalisation de sa conception de l’identité nationale, par laquelle il ambitionnait de renforcer le sentiment national allemand (1) . »
« Son ouvrage Deutsches Volkstum (1810) contient […] des propos nationalistes, racistes et antisémites dangereux. Si la gymnastique était initialement perçue comme une préparation à la lutte pour la liberté, après les guerres de libération, elle fut destinée à “bâtir la nouvelle Allemagne”, c’est-à-dire à soutenir la lutte pour l’unité, la liberté et une constitution libérale. […] À partir de 1816, le mouvement des fraternités étudiantes et la “gymnastique patriotique” furent de plus en plus impliqués dans un conflit politique avec les forces réactionnaires émergentes (1) », ce qui aboutit à la fermeture, voire à la destruction, des gymnases jugés comme des foyers subversifs, notamment pour les étudiants.
Pendant une vingtaine d’années, Jahn fut étroitement surveillé par la police et fit même un séjour en prison. Après sa mort, lors de la fondation de l’empire allemand, en 1871, « la Fédération allemande de gymnastique se tourna de nouveau vers Jahn ; celui-ci fut glorifié comme un héraut national, un défenseur de l’unité allemande sous l’égide prussienne » ; puis, sous le « Troisième Reich », Alfred Baümler alla jusqu’à le « dépeindre comme un “soldat politique” et un précurseur du national-socialisme (1) » en s’appuyant sur ses écrits racistes et nationalistes.
1. https://www.deutsche-biographie.de/gnd118556622.html#ndbcontent.