« L’Institut pour la politique d’État (IfS) est une association privée […] les spécialistes la décrivent comme un “pivot” entre l’extrême droite et la droite démocratique. [Il] a été fondé en 2000 par des individus liés à l’hebdomadaire d’extrême droite Junge Freiheit » et notamment par l’historien « révisionniste » et philonazi Karlheinz Weissman.
Dans un long article sur ce qu’il appelle les différents « nationaux-socialismes » depuis le général Boulanger jusqu’à des chefs d’Etat comme Peron, Vargas et Nasser, Weissmann dresse un portrait extrêmement positif du « Troisième Reich » : suppression du chômage ; introduction du taylorisme ; mise en place d’une mobilité sociale ascendante et des fondements d’un véritable Etat-providence ; construction de routes, de canaux, de logements sociaux, électrification des chemins de fer, etc.
Weissmann reproche seulement à Hitler de ne pas avoir eu une bonne politique étrangère, en clair de ne pas avoir fait de la Grande-Bretagne un allié et de ne pas avoir consolidé sa domination de l’Europe avant 1941 avant d’attaquer l’URSS. Quant au judéocide et à l’euthanasie, selon ce philofasciste, ils « n’étaient nullement le résultat d’une quelconque folie destructive, mais plutôt de la nécessité d’une politique démographique active » « afin d’accroître la vitalité de la nation qui, en cas de conflit , ne pouvait tolérer aucune tension interne ni aucun ennemi (2) » (souligné par mes soins) !
« S’inscrivant « dans la tradition de la “révolution conservatrice”, l’IfS défend des positions anti-égalitaires et anti-libérales, et méprise les principes de la démocratie et de la séparation des pouvoirs. Dans une interview accordée en 2007 au journal Deutsche Stimme du NPD, le cofondateur Götz Kubitschek déclarait : “L’État dans lequel nous vivons favorise un développement qui ne sert pas la nation allemande… Il empêche la nation allemande de se reconstruire après la catastrophe de 1945.” L’IfS […] organise chaque année des “académies d’été” destinées notamment aux jeunes chercheurs. […] L’IfS tisse des liens idéologiques et personnels entre divers mouvements de droite. Il a invité des intervenants tels que Martin Hohmann, député CDU (exclu ultérieurement du parti après des accusations d’antisémitisme), ainsi qu’Alain de Benoist, figure de proue de la Nouvelle Droite. Des membres du NPD ont également participé à des événements organisés par l’IfS, et des groupes d’extrême droite comme Identitäre Bewegung, le Mouvement identitaire, et le blog islamophobe “Politically incorrect” y sont également autorisés à prendre la parole (1) . »
1. (https://www.bpb.de/themen/rechtsextremismus/dossier-rechtsextremismus/500828/institut-fuer-staatspolitik-ifs/ : la « BpB » (Bundeszentrale für politische Bildung) est l’ « Agence fédérale pour l’éducation à la citoyenneté » et dépend du ministère de l’Intérieur. De nombreux universitaires y collaborent et y écrivent des textes utiles.
2. Weissman, Karlheinz (1996), « The epoch of national socialism »,
Journal of Libertarian Studies, 12 (2), https://philpapers.org/rec/WEITEO-18