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Ni patrie ni frontières
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de Benoist, Alain (1950-)
Article mis en ligne le 11 août 2026

De Benoist est d’abord, dans les années 1960, « un néo-fasciste classique opposé au communisme, qui défend l’apartheid et soutient la guerre impérialiste américaine au Vietnam. [...] De Benoist préfère abandonner le racisme biologique et les théories du complot de l’extrême-droite au profit d’une approche plus intellectuelle [...] il fonde le groupe de réflexion GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne) en 1968. [...] De Benoist préconise de mener une guerre idéologique pour influencer la culture de masse comme fondement du changement politique, une théorie appelée “métapolitique*”. [...] Son évolution idéologique est également marquée par un glissement vers l’hostilité au christianisme, qui selon lui aurait “colonisé” les Indo-Européens par la force, et le soutien à une renaissance du polythéisme européen préchrétien, qui fait écho à Julius Evola*. Cette évolution s’accompagne d’un anti-américanisme croissant [...]. Il s’oppose au capitalisme de marché, s’appropriant les critiques de gauche du libéralisme en le décriant comme une idéologie réduisant chaque aspect de la vie humaine à une valeur purement économique, produisant ainsi une société de consommation totalisante et inéluctablement totalitaire. [...] De Benoist en est venu à considérer l’impérialisme américain et la démocratie libérale comme plus dangereux que le communisme soviétique, écrivant “Mieux vaut porter le casque d’un soldat de l’Armée rouge que de vivre d’un régime de hamburgers à Brooklyn” en 1982 (ce qui sera repris en 2017 par Richard Spencer*, figure de proue du mouvement fasciste américain de l’ “alt-right*”), soutenant les luttes du tiers-monde tout en condamnant l’OTAN et votant pour le Parti communiste aux élections françaises de 1984. [...] De Benoist affirme qu’il est hors du spectre gauche-droite et soutient “un monde pluriel fondé sur la diversité des cultures” contre un “monde unidimensionnel”. Ce concept, appelé “ethnopluralisme*”, signifie que De Benoist est passé de la position d’un suprémaciste blanc à un partisan des identités ethniques et culturelles distinctes et du régionalisme contre ce qu’il considère comme un “marché mondial homogénéisant” [...]. Ce concept d’“ethnopluralisme” fera son chemin dans les milieux d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen le réutilisant dans ses déclarations xénophobes et les néofascistes l’adoptant pour “adoucir” leur rhétorique raciste (1) . »

Dans sa revue Eléments, Alain de Benoist met en pratique, dans le champ intellectuel, l’union de tous les nationalistes de gauche et de droite qu’il peut racoler.

(1) https://ravingsofaradicalvagabond.noblogs.org/post/2018/01/15/an-investigation-into-red-brown-alliances/