(Ligue de Haute-Bavière) : organisation paramilitaire créée en 1921, à la suite de la dissolution du Freikorps Oberland.
D’après l’acte d’accusation du « tribunal populaire » [in Drexel, 1978] contre Niekisch en 1939, le Freikorps Oberland, créé en avril 1919 et rassemblant environ 1500 hommes, aurait été dissous en octobre 1919 après avoir participé à ce que les juges nazis appellent pudiquement « les combats de Munich » – traduire l’écrasement du mouvement révolutionnaire local. Toujours selon la « justice » nazie, ce corps franc aurait été recréé sous le même nom, notamment sous la direction du capitaine Beppo Römer*, élément qui aura de l’importance par la suite. Évidemment, le « tribunal populaire » ne dit pas que, aux côtés des troupes de la Reichswehr, les membres du second Freikorps Oberland massacrèrent des milliers de civils polonais dans la région de Haute-Silésie, lors des révoltes d’août 1919, août 1920 et avril 1921. Selon la légende « national-bolchevik », les chefs du groupe Oberland auraient refusé de tirer sur des ouvriers en grève dans la ville de Beuthen en 1921 [Paetel, 1952]. Ses membres participèrent pourtant à l’écrasement de la république des Soviets en Bavière (et donc, au massacre des… « camarades » d’Ernst Niekisch, socialistes de gauche, communistes et anarchistes en 1919) puis au « putsch de la brasserie » organisé par Hitler le 9 novembre 1923.
Si l’on en croit le « jugement secret » de 1939, le Freikorps Oberland aurait été dissous en août 1921, mais « une partie de ses membres » aurait fondé le Bund Oberland, puis une association nommée « Fidélité Oberland » et ces individus auraient participé, « le 9 novembre 1923, aux événements de Munich » – traduire au putsch raté de Hitler, mentionné précédemment. Toujours d’après la « justice » nazie ces miliciens nationalistes auraient créé une « Association de tireurs et de marcheurs allemands », et créé une revue intitulée Die dritte Reich.
Il est impossible (et d’ailleurs vain) de démêler le vrai du faux dans les affirmations avancées par le « jugement secret » de 1939 contre Niekisch. Un seul élément compte vraiment : des membres qui ont appartenu à la mouvance du Freikorps Oberland et de ses successeurs étaient très proches du NSDAP dans les années 1920 et entretenaient en même temps des liens amicaux et politiques avec Niekisch.
Mais tout cela n’empêche pas, dans un livre édité par la Fondation Rosa Luxemburg liée à Die Linke, l’un des contributeurs anonymes d’écrire le conte de fées suivant : « Avec le Bund Oberland, [Niekisch] créa un contre-mouvement démocratique [?!]. Le Bund Oberland réunissait des forces de gauche [?!] issues des couches les plus diverses de la population. À l’initiative d’Ernst Niekisch, une section locale vit le jour à Berlin en 1931 et c’est à cette époque que fut également mise en route la fusion des sections locales de l’Oberland avec les compagnons de lutte d’Ernst Niekisch » [Domaschke et al., 2009].
On m’objectera peut-être que le « Bund Oberland » n’était qu’une étiquette et que des éléments « de gauche » l’ont reprise à leur compte en toute innocence. Il me semble néanmoins peu crédible qu’aucun militant de gauche, à l’époque, ait ignoré le passé criminel lié à ce nom d’organisation, d’autant plus que Joseph E. Drexel, l’ami de Niekisch, faisait partie du Bund Oberland depuis 1923 et qu’il y assurait « la formation militaire de ses membres » (du moins selon le « tribunal populaire ») et écrivait dans leur organe, Die dritte Reich. Le plus grave c’est que, aujourd’hui, Die Linke réécrive l’histoire pour tenter de présenter Niekisch comme un « antifasciste ».
Domaschke et al. (2009), Nationalsozialismus und antifaschistischer Widerstand in Schlesien In memoriam Fred Löwenberg, Dietz
https://www.rosalux.de/fileadmin/rls_uploads/pdfs/Manuskripte/Manuskripte_84.pdf
Drexel, Joseph E. (1978) Rückkehr unerwünscht. Joseph Drexels Reise nach Mauthausen »und der Widerstandskreis Ernst Niekisch (en français : Voyage à Mauthausen. Le Cercle de la résistance de Nuremberg, France Empire, 1981)
Paetel, Karl O. (1952), Le national-bolchevisme allemand de 1918 à 1932, Ars Magna