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Autonomes (en RFA)
Article mis en ligne le 31 juillet 2026

En Allemagne de l’Ouest, avant 1989, « Les origines politiques des autonomes peuvent être trouvées dans les suites de la désintégration de l’opposition extra-parlementaire (APO), chez les "Spontis" [les spontanéistes], dans les groupes marxistes-opéraïstes* influencés par l’Italie ainsi que dans les courants libertaires-anarchistes liés aux sous-cultures urbaines. Au cours de la dissolution politique de ces groupes d’extrême gauche à partir du milieu des années 1970, une grande partie du mouvement sponti se transforme en mouvement alternatif naissant. Cette tendance à fuir les formes traditionnelles du travail politique, jugées frustrantes, est renforcée par l’"automne allemand" de 1977 » [Geronimo, 1990]. La remise en cause des groupuscules « gauchistes », hiérarchisés et centralisés, par les « autonomes » influencera ce que les sociologues appellent les « nouveaux mouvements sociaux », c’est-à-dire, les mouvements féministes, antimilitaristes, homosexuels, antinucléaires, antiracistes et écologistes, qui auront tendance à valoriser des principes comme l’action directe, la démocratie de base et l’expression de motivations individuelles, à forte tonalité identitariste, et très éloignées des luttes classiques des travailleurs. Selon une autre source [Schiffres, ], l’histoire des autonomes aurait connu au moins trois étapes :

• une première entre 1973-1977, qui fut décimée par la répression étatique, notamment en raison des liens réels ou supposés avec des groupuscules engagés dans le terrorisme (Tupamaros Berlin Ouest, Fraction Armée Rouge, Revolutionäre Zellen, Rote Zora et Mouvement du 2 juin) ;

• une deuxième après la création des Verts, en 1980, qui précipita le clivage entre ceux qui privilégiaient la « longue marche à travers les institutions » (écolos et ex-militants « gauchistes ») et ceux qui se considéraient « non dogmatiques » et plus radicaux, en raison de leur style de vie « marginal » ou de leur goût pour la castagne ; le mouvement atteignit alors son apogée à l’échelle nationale, représentant une mouvance d’environ 20 000 personnes ;

• une troisième, après 1989 et la chute du Mur, marquée par la désagrégation et l’éparpillement en groupes locaux, surtout actifs dans l’antifascisme et l’antinucléaire.

Quoi qu’il en soit, la base sociale des autonomes n’a guère changé (jeunes appartenant aux couches inférieures de la petite bourgeoisie) et ses pratiques politiques non plus : un mélange de confrontation de rue (Black Blocs), d’artistes fauchés en manque d’ateliers et d’« occupants-rénovateurs » de bâtiments vides qui acceptent éventuellement de payer un petit loyer pour rester dans les lieux et faire vivre la « contre-culture »…

Geronimo (2012), Fire and flames. A History of the German Autonomist Movement, https://files.libcom.org/files/Fire_and_Flames.pdf

Schiffres, Sébastien, « Les autonomes allemands », http://sebastien.schifres.free.fr