Romancier, chroniqueur, romancier, dramaturge et poète romantique prussien.
« Plus que les autres écrivains romantiques, Arnim s’est intéressé à la question politique, plus proche en cela de Kleist que de Brentano, par exemple. Il a vécu le déclin de la noblesse terrienne dont il faisait partie, la crise plus générale de la société et de l’État à travers les bouleversements révolutionnaires et napoléoniens, la guerre, le Congrès de Vienne et les réformes de Stein et Hardenberg. Il fut de ces intellectuels qui tentèrent en vain d’entrer sur la scène politique et d’y jouer un rôle » [Margotton, 1996].
Dans le recueil de chants et de contes qu’il édite avec son ami Brentano (Le Cor merveilleux de l’enfant), il « reprend à son compte le thème de la critique de la civilisation en faveur à la fin du XVIIIe siècle. Dans les temps modernes, l’économie a tué la poésie et a réduit les hommes au rang d’esclaves. Arnim dénigre la superficialité de l’art de l’élite ainsi que la Volksaufklarung du gouvernement prussien inculquant au peuple un savoir rudimentaire et utilitaire qui tue l’art populaire. […] Selon lui, les poésies populaires font partie d’un ensemble qui comprend les légendes, les dictons, les récits historiques ou prophétiques, les mélodies anciennes. Ce bien commun constitue l’unité du peuple en dépit des différences dialectales, politiques et religieuses. […] Arnim propose ainsi une ébauche d’unité à son pays. C’est précisément ce nationalisme qui va susciter des divergences entre Arnim et Brentano. […] Le Cor merveilleux de l’enfant, fidèle à l’esprit romantique, loue l’esprit communautaire et deux thèmes s’annoncent avec force : le thème religieux et le thème patriotique, autant dire tout ce qui permet à un individu de se sentir appartenir à un groupe déterminé. Ce recueil lyrique donne une idée vivante de la vie du peuple allemand » [Mondon, 2007].
Cet aristocrate nationaliste ruiné est également l’auteur d’un discours « Des signes distinctifs du judaïsme » et de nouvelles dans lesquelles il établit « une opposition de nature, consubstantielle, entre le juif et le chrétien, et même les peuples non chrétiens dont Arnim voudrait la conversion alors qu’il la refuse objectivement au juif qui la demande instamment. Le fondement de l’antisémitisme d’Arnim ne peut donc être qu’un racisme biologique, bien que celui-ci ne s’exprime pas sous une forme doctrinale. Arnim s’inscrit dans une histoire de l’antisémitisme en Allemagne qui court, sans remonter jusqu’au Moyen Âge, de Luther au Troisième Reich et n’a jamais été confinée à la fraction la moins instruite de la population » [JM. Paul, 2014].
Margotton, Jean-Charles (1996), "Les Gardiens de la Couronne d’A. von Arnim : du mythe à la politique", Cahiers d’Études
Germaniques, numéro 30, 1996, https://doi.org/10.3406/cetge.1996.1356
Paul, Jean-Marie (2014), « Achim von Armin : die Versöhnung in der Sommerfrische pourquoi un juif converti reste un juif mauvais ou l’impossible conversion ? » https://doi.org/10.4000/books.pur.50023