Historien et poète, il est successivement précepteur, professeur et député. Sur le plan politique, il plaide « pour l’unification de l’Allemagne du Nord et du Sud et, sous l’influence du romantisme, pour les traditions médiévales partagées avec la Scandinavie. Les peuples germaniques, nobles et princes, renonçant à leurs penchants égoïstes antérieurs, devaient affronter le rationalisme français incarné par Napoléon afin de réaliser l’idéal germanique originel de liberté populaire (1) » Il était persuadé que « le peuple allemand avait le mieux préservé la pureté et l’intégrité morales louées par Tacite, et que l’État fondé sur une culture et une politique nationales, en tant que plus haute réalisation de la personnalité nationale, pouvait posséder sa propre loi morale intrinsèque » [idem].
Pour Arndt, « toutes les premières nations, les plus cultivées et les plus belles d’Europe » sont issues des Germains ou « ont été mélangées avec eux » [cité in G. Rémi, 1996]. Cette vision historique mythologique instaure-t-elle une hiérarchie implicite entre les peuples européens ? Les germanistes distingués prétendent que non, mais ils sont en même temps obligés d’admettre qu’Arndt accepte le mélange entre « deux ou trois peuples », mais pas davantage. De plus, Arndt accorde un rôle décisif aux nobles censés représenter ce que leur nation « a de plus grand et de meilleur ». Enfin il est clair que, dans le cadre de cette vision « germanocentrique et nationaliste », Arndt rêve que l’Allemagne « civilise » le reste de l’Europe. Un rêve que partagera aussi Ernst Niekisch, même si son regard se tournera toujours plus vers l’Est que vers l’Ouest ou le Sud.
1. https://www.deutsche-biographie.de/gnd118504118.html#ndbcontent .