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Ni patrie ni frontières
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Ammon, Herbert (1943-)
Article mis en ligne le 30 juillet 2026

Après avoir mené une carrière universitaire classique, Ammon s’engage, durant les années 1980, dans le mouvement pacifiste, donc assez tard par rapport à ceux qui militèrent au SDS dans les années chaudes 1967-1970. En 1981, il se fait connaître en publiant avec Peter Brandt* un recueil de documents intitulé "La gauche et la question nationale (1)" et qui provoque de nombreux débats. Brandt et Ammon sont sans doute les premiers à avoir présenté Rudi Dutschke* (deux ans après sa mort en 1979) comme un militant obsédé par l’indépendance nationale et la réunification de l’Allemagne. Cette thèse sera reprise et amplifiée, en 1998, par Bernd Rabehl, un ami de Dutschke, et un trio d’ex-cadres du SDS passés à l’extrême droite : Horst Mahler* (qui sera un fervent néonazi jusqu’à sa mort en 2025), Reinhold Oberlecher* et Gunther Maschke*. Ces thèses loufoques se sont ensuite répandues dans les milieux néonazis et néodroitiers, contribuant à une tentative de récupération du « 68 » allemand par une partie de l’extrême droite – phénomène unique en Europe, à ma connaissance.

Devant une telle utilisation de sa thèse, Ammon, qui prétend être un intellectuel rigoureux, aurait pu revenir sur ses écrits pour les nuancer, ou même expliquer qu’il s’était trompé. Non seulement il ne l’a jamais fait mais en plus il continue à présenter Ernst Niekisch comme quelqu’un qui aurait joué le rôle de « mentor des étudiants en voie de radicalisation, pendant la phase latente de la révolte » des années 1960 grâce à l’opinion favorable d’intellectuels de gauche comme Abendroth et même Lukacs !

Pour plus de détails, cf. mon article sur le site https://npnf.eu/spip.php?article1297

(1) Peter Brandt/Herbert Ammon (dir.), Die Linke und die nationale Frage. Dokumente zur deutschen Einheit seit 1945, 1981.