Les entrées de ce glossaire en construction renvoient toutes aux mots suivis d’un astérisque (*) dans la série Faux "rebelles" et "marxistes" au service de l’extrême droite ( https://npnf.eu/spip.php?rubrique168) qui compte déjà plus d’une quarantaine d’articles.
Parti populiste et d’extrême droite créé en 2013, il se prétend « ni de droite ni de gauche », et fédère des militants venant de groupuscules néonazis comme de partis « respectables » (FDP*, CDU*, CSU*) ainsi que d’intellectuels influencés par la Neue Rechte. Ce parti rassemble des individus climatosceptiques, opposés à l’euro, à l’islam, au multiculturalisme, à la parité hommes-femmes, à la prétendue « repentance allemande » et à l’immigration.
Comme l’explique un sociologue (1), on trouve, au sein de l’AfD, on trouve des gens sensibles à
– des « arguments ethniques » (traduire : ouvertement racistes) ;
– des « arguments culturalistes », favorables à un mythique « ethhnopluralisme » (« les ethnies ne doivent pas se mélanger mais rester dans leurs espaces culturels ») ;
– et des « arguments économiques » (on ne peut pas maintenir l’Etat-providence en laissant les frontières ouvertes). Ce qui compte, pour le parti, c’est de fédérer tous les sympathisants et électeurs sur deux points : le renvoi des immigrés et la modification (traduire la suppression) du droit d’asile [Wagner, 2018].
Certains dirigeants de l’AfD des positions néolibérales, notamment en matière de retraites, d’autres protectionnistes. Ce mouvement a 81 députés nationaux (sur 736) et 228 députés régionaux (sur 1884). Ses huit députés européens appartiennent au même groupe parlementaire que le Rassemblement national.
L’AfD bénéficie du soutien de publications présentes « dans tous les kiosques (Junge Freiheit ; le climatosceptique, complotiste et pro-russe Compact-Magazin ; le mensuel Zuerst !). […] L’AfD a d’abord récupéré, autour de 2015, le potentiel de manifestants qui, sous le nom de PEGIDA (Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident), avaient fait descendre dans les rues, à partir de Leipzig, jusqu’à 20 000 personnes manifestant contre la politique d’accueil des réfugiés mise en œuvre par la chancelière Merkel. Ensuite, le parti a dès 2020 exprimé son scepticisme sur la gravité de la pandémie de Covid, accusant l’État de vouloir instaurer une “dictature sanitaire”. […]. Ce sont les actifs ayant des professions manuelles (30-60 ans), les ouvriers et les anciens abstentionnistes déçus par le SPD comme par la CDU, qui forment le noyau dur de l’électorat de l’AfD, qui se retrouve sur les valeurs illibérales de xénophobie, de verticalité du pouvoir, de rejet du multiculturalisme, du “wokisme” et de l’égalité des droits pour les personnes LGBTQI+ (2). »
L’AfD développe un discours anticommuniste classique, tout en présentant le « peuple » est-allemand comme exemplaire et la RDA comme Etat « plus allemand » que la RFA :
Si l’AfD exige « le changement de nom de toutes les rues de l’ancienne RDA portant le nom d’Ernst Thälmann, président du KPD assassiné par les nazis », elle présente également « l’Allemagne de l’Est comme un contrepoint antilibéral et antipluraliste à tout ce qui est considéré comme occidental […], comme un bastion des vertus prussiennes telles que l’honnêteté, la propreté et la diligence, préservée des exigences de la modernité […], comme un contrepoint ethniquement homogène à la société ouest-allemande issue de l’immigration. La RDA était “l’État le plus allemand”, écrivait Jürgen Elsässer, rédacteur en chef de Compact, en octobre 2019 […]. Les Allemands de l’Est étaient déjà considérés par Steffen Hupka, homme politique du NPD, comme les “meilleurs Allemands”, plus authentiques car affranchis des influences libérales du mouvement de 1968 et du “culte de la culpabilité” prétendument imposé par les Alliés occidentaux. » [Schneider, 2025.]
1. Thomas Wagner, se proclame « de gauche », et collabore régulièrement au quotidien philostalinien Junge Welt*. Ce chaud partisan du débat intellectuel avec l’extrême droite a d’ailleurs écrit un livre fondé sur des interviews de représentants des différents courants fascistes et néodroitiers : « Les fabricants de peur : 68 et les Nouvelles Droites » (Die Angstmacher. 1968 und die Neuen Rechten. Aufbau-Verlag 2017.
2. Jean-Yves Camus, https://www.iris-france.org/presse/lextreme-droite-allemande-en-2023/.
Source des citations :
Schneider, Maxi (2025), « Retour au Reich. L’attaque de l’AfD contre la politique historique », https://antifa.vvn-bda.de/2025/09/06/zurueck-ins-reich/