Frank Böckelmann (1941-)
Böckelmann a toujours été actif dans le champ artistique et culturel, en développant un discours « radical » : tout d’abord dans le cadre de Subversive Aktion (1963-1966), collectif influencé par un groupe d’artistes de Munich, le SPUR (1958-1968), qui firent partie de l’internationale situationniste entre 1959 et 1962. Aux côtés de Dieter Kunzelmann*, de Rudi Dutschke* et de Bernd Rabehl*, à Berlin, il distribue des tracts et colle des affiches qui critiquent la société de consommation, la prétendue « intégration de la classe ouvrière », la coopération des Églises chrétiennes avec le capitalisme, etc. Subversive Aktion reprend les thèses de l’école de Francfort et, en 1965, ses membres rejoignent le SDS (association étudiante fondée en 1946, qui fut d’abord liée au SPD jusqu’à ce que dernier interdise la double appartenance en 1961) avec Bernd Rabehl et Rudi Dustchke.
Comme l’explique Thomas Wagner [2020] : « Leur intention : radicaliser le SDS [...]. Ils y parvinrent surtout à Berlin. En janvier 1965, la microcellule berlinoise rejoignit le SDS et forma sa faction antiautoritaire. C’est ainsi que la vieille association d’étudiants de gauche se transforma “en une avant-garde révolutionnaire de la jeunesse ”, qui allait donner naissance à la Kommune 1 * en 1967. Les provocations ciblées contre les institutions établies avaient pour but de faire sortir les représentants de l’establishment de leur réserve, de les inciter à réagir de manière excessive et de démasquer ainsi le système comme étant répressif. »
Mais Böckelman est condamné à des peines de prison avec sursis pour atteinte à l’ordre public et organisation d’émeutes, aussi se retire-t-il du SDS en 1968, puis des milieux de la Nouvelle Gauche en 1972. De toute façon, il ne partage nullement l’optimisme de ses camarades du SDS ni sur l’impact réel des luttes étudiantes, ni sur la classe ouvrière (puisque, selon son ami Rabehl, « “l’incarnation corporelle ” [sic ! ?] de l’antagonisme de classe s’était dissoute ») ni sur les luttes de libération nationale1.
Il se met à écrire des livres sur « la personnalité autoritaire » ou « Marx et Adorno » - activité beaucoup moins risquée que le militantisme et l’agitation contre la police. La courte biographie incluse sur le site de l’un de ses éditeurs indique clairement : « Au début des années 1970, il a rompu ses liens avec les groupes de gauche2. »
Mais la nouvelle ne semble guère troubler les Antideutsch (qui se réclament encore de Marx... ) et republient ses livres aux éditions ça ira3, ni certaines féministes de gauche, puisque le livre de Böckelmann sur la personnalité autoritaire est encore, en 2015, une référence pour Barbara Umrath et qu’elle ne fait aucune référence à son évolution idéologique vers le néofascisme light. Cette partisane d’un « féminisme matérialiste » l’évoque en termes élogieux dans une publication de la Fondation Rosa Luxemburg, étroitement liée au parti Die Linke4 : « Frank BöckeImann synthétise ces tendances décrites par Marcuse dans la thèse de la “mauvaise Aufhebung (dépassement/suppression) de personnalité autoritaire ”. C’est précisément parce qu’il adhère à l’intuition fondamentale de la première Théorie critique concernant la médiation sociale des structures psychiques que Böckelmann conclut que le concept de structure de caractère autoritaire —façonnée par la répression sexuelle, le renoncement et la soumission au sein de la famille — doit être considéré comme obsolète. Selon Böckelmann, la société des années 1960 se caractérise par une surproduction objective et par la fin des dynamiques concurrentielles au sein d’un capitalisme de plus en plus administré5. »
Et la féministe Barbara Umrath ajoute encore quelques compliments pour Böckelmann : « La “femme unidimensionnelle ” décrite par Nina Power dans son essai éponyme présente des similitudes frappantes avec les traits de caractère décrits par Böckelmann : son émancipation s’exprime dans la possession de sacs à main coûteux, d’un vibromasseur, d’un emploi, d’un appartement, etc. Böckelmann qualifie parfois ce nouveau type de personnalité post-autoritaire de “narcissique ”, anticipant ainsi — dès le milieu des années 1960 — des diagnostics qui seront formulés plus tard dans le cadre des recherches sur l’autoritarisme6.
Apparemment, l’évolution de Böckelmann vers l’extrême droite ne gêne ni les militants de Die Linke qui ont publié cet article, ni cette auteure féministe ni les éditions Antideutsch ça ira.
Pourtant, si l’on en croit Wolfgang Krauschaar (un ex- »gauchiste » devenu un historien super « modéré ») :
« W.K. : Ce Muni chois [Böckelman] était autrefois à la tête du groupe Subversive Aktion (Action subversive). Ce groupe était à l’origine du mouvement antiautoritaire. En 2010, il est retourné dans sa ville natale, Dresde, où il a rejoint le mouvement PEGIDA* [mouvement contre l’immigration lancé en octobre 2014, YC], Böckelmann est extrêmement cultivé, très porté sur la théorie7 8 et fortement influencé par le poststructuralisme français.
E.D. : Même si vous le connaissiez bien, vous n’avez rien remarqué ?
W.K. : Cela faisait déjà des années que j’étais irrité par le fait que ses pensées tournaient de plus en plus autour du conservatisme et de la nation. Mais le fait qu’il ait ensuite rejoint ces imbéciles m’a tout de même beaucoup surpris. Böckelmann n’est qu’un exemple parmi d’autres d’un leader de ce qu’on appelle aujourd’hui “la génération 68 ” qui a pu dériver vers l’extrême droite. Il n’est en aucun cas le seul3 » [souligné par mes soins].
Après une longue carrière dans les sciences de la communication et le conseil à des chaînes de radio et de télévision publiques ou privées, Böckelman est devenu rédacteur en chef de TUMULT* -Vierteljahresschrift für Konsensstönmg (« Trimestriel pour la perturbation du consensus ») en 2013.
TUMULT est une revue luxueuse, qui tire à 4 000 exemplaires et est diffusée dans les kiosques. Elle publie aussi bien des textes littéraires et artistiques que des articles de sciences sociales ou d’analyse politique et se présente comme un « organe indépendant d’exploration des enjeux contemporains, loin des conventions académiques et de 1 ’éducation populaire », qui affirme résister à une « pression croissante à se conformer à l’opinion publique ». TUMULT serait donc un brûlot rebelle ?
TUMULT a une fonction politique spécifique qui semble échapper aux intellectuels proches de Die Linke précédemment cités, mais que Dierk Spreen (un sociologue du SPD ! !) décrit en ces termes : « Le rôle d’un média intellectuel comme Tumult pour les mouvements sociaux de droite est complexe et se situe au niveau du discours. Il s’agit de modifier les métaphores et les repères qui guident la pensée politique : souveraineté plutôt que solidarité, droits civiques plutôt que droits humains, différence plutôt qu’universalisme, communauté plutôt que société, peuple plutôt que population, politique territoriale plutôt que sécurité mondiale, etc. Ces médias jouent un rôle de “passeur ” (Siegfried Jäger). Ils véhiculent des catégories politiques spécifiques, et donc une forme particulière de pensée politique, dans l’espace public9. »
Pour faire semblant d’être « pluraliste » TUMULT publie (ou republie) des personnes « apolitiques, comme le traducteur viennois de Foucault, Walter Seitier (qui prit ses distances avec le projet)10 11 », des conservateurs de droite, des auteurs classiques de la « révolution conservatrice », mais aussi des personnes qui s’inscrivent dans la mouvance de la Nouvelle Droite allemande, ou des néonazis « comme Johannes Scharf, qui, sous son vrai nom Jonathan Stumpf, se présenta aux élections à Mannheim pour le parti d’extrême droite NPD ». Les articles virulents dénonçant l’accueil de plusieurs centaines de milliers de réfugiés en 2015-2016 ont poussé plusieurs collaborateurs de TUMULT à rompre tout contact avec la revue. Un journaliste du quotidien O/e Zeit a qualifié cette revue de « corps franc intellectuel12 » - une appellation qui lui va comme un gant.
En effet, en dehors d’une nostalgie pour les valeurs traditionnelles défendues par les « autorités directrices (Église, État, famille, classe sociale, loi morale) » qui défendaient des vertus comme l’honneur, la loyauté et l’amour de la patrie, Böckelmann et sa revue s’attaquent aux deux cibles préférées de l’extrême droite.
L’islam : « Tant que le danger réel d’une islamisation rampante de l’Allemagne sera déclaré absurde. Tant que les gens disent que tout cela n’est qu’alarmisme et que tous ceux qui se défendent sont diffamés, le fossé doit être approfondi » (dans l’hebdomadaire Die Zeit) ;« [...] d’ici 50 à 100 ans, l’Allemagne risque de s’islamiser. Je veux résister au fait que les traditions se mélangent et que les différences ne soient plus reconnaissables. (...) Les gens sentent qu’ils doivent se rassembler sous le drapeau » (dans Stern).
Et « l’immigration de masse chaotique », « illégale », « rampante » qui va provoquer un « désastre imminent », d’autant plus dangereuse que « les immigrés retournent contre les institutions allemandes l’hypermoralité que beaucoup d’Allemands adoptent en vain ». Selon Böckelman, le maintien de l’État-providence est incompatible avec une immigration de masse (comme l’affirme le titre des livres de Rolf Peter Sieferle* qu’il publie dans sa maison d’édition) ; et les Allemands seraient conditionnés et culpabilisés par le « rappel continu de douze années de leur histoire » (1933-1945, pour ceux qui n’auraient pas saisi l’allusion). Böckelman propage aussi ses idées xénophobes dans ses propres livres comme Die Gelben, die Schwarzen, die Weißen (Les Jaunes, les Noirs et les Blancs). Reprenant le vocabulaire à la mode à gauche, il peut à la fois déplorer « le drame des corps migrants » et affirmer qu’ignorer « le visage, l’odeur, l’apparence, le comportement » des étrangers non-européens qui viennent vivre en Allemagne serait, retenez-vous bien une « illusion eurocentrée » (souligné par mes soins). Et cela viserait à « effacer l’essence même de ce qui rend les autres uniques : leur étrangeté » ! Comme le souligne le sociologue Dierk Spreen (pp. cit.\ « Ce qui apparaît ainsi comme une critique d’une indifférence abstraite et universaliste, en fin de compte simplement affirmée, n’est en réalité qu’une manœuvre discursive. »
Et la quatrième de couverture d’une seconde édition de Die Gelben, die Schwarzen, die Weißen en rajoute encore quelques couches : « Il y a vingt ans déjà, le discours public sur la manière adéquate de traiter les étrangers était marqué par une contradiction révélatrice : sous le slogan “contre l’exclusion ”, on nous exhortait à la fois à tolérer l’altérité et à l’éliminer — à comprendre que les étrangers ne sont, en réalité, pas étrangers du tout. Aujourd’hui, l’hésitation initiale à regarder autrui en face et à mettre des mots sur ce que l’on voit s’est muée en un véritable blocage de la perception : le soupçon omniprésent de racisme. Pourtant, la structure du visage et la couleur de la peau, la démarche et la gestuelle, le contact visuel et les expressions faciales font partie intégrante du patrimoine culturel des continents. Ces traits ne sont pas anodins sous prétexte que les différences génétiques sont minimes ».
Böckelmann incite les auteurs qui écrivent dans TUMULT à écrire des livres qu’il publie ensuite aux éditions Manuscriptum dans une collection consacrée à des « analyses empiriques de la situation ». Les titres de ces ouvrages ne laissent aucun doute sur l’orientation réactionnaire de Böckelman : Le problème migratoire (2017) ; Dieux étrangers : la religion dans une société migratoire (2017) ; Cinquante ans de rééducation13 : les soixante-huitards et leur héritage (2018) ; Crimes à l’étranger, extrémisme de droite, émeutes : une critique de la criminologie politisée (2019) ; Qu’est-ce qui est nécessaire ? Plaidoyer pour un conservatisme éclairé (2019) ; L’immigration musulmane et l’échec de la raison politique en Europe (2024), etc.
Böckelmann soutient l’AfD ; il a d’ailleurs écrit un livre, à partir d’entretiens avec Bjorn Hocke* l’un des dirigeants les plus à droite de ce parti... d’extrême droite, intitulé Nie zweimal in denselben Fluss (Jamais deux fois dans le même fleuve, 2018).
Dans une étude consacrée à la Nouvelle Droite allemande actuelle, les auteurs nous expliquent comment cet ex-situationniste recycle sa critique des effets du consumérisme durant les années 1970 pour alimenter aujourd’hui un projet d’extrême droite :
« Frank Böckelmann [...] constatait déjà en 1971 dans son ouvrage Die schlechte Aufhebung der autoritären Persönlichkeit que la critique de gauche à l’égard des autorités et de la répression des pulsions s’accompagnait d’un revirement vers le consumérisme dans les sociétés capitalistes occidentales : la libération sexuelle et l’hédonisme ne seraient donc plus subversifs, mais fonctionnels pour un nouveau régime de production dans le capitalisme flexible. Ce qui, chez Böckelmann, pouvait encore être compris dans les années 1970 comme une tentative de critique salvatrice de l’activisme radical de gauche, l’auteur l’a transformé, quarante ans plus tard, dans son livre Jargon der Weltoffenheit (Le jargon de l’ouverture au monde14), en une défense des institutions hiérarchiques et de la répression autoritaire des pulsions. L’attachement de la droite à l’autoritarisme est désormais mis en scène comme un acte de résistance contre la domination totale des marchés anonymes et de leurs gestionnaires prétendument libéraux de gauche15. »
Comme tous les idéologues et les propagandistes néodroitiers, Böckelmann sait combiner des attaques « contre le système fonctionnaliste-matérialiste-technocratique et le “déclin des valeurs", et d’autre part, contre l’infiltration étrangère, les migrations, la mondialisation et l’universalisme » [Dierk Spreen, op. cit.].
Böckelmann se définit lui-même comme un « néo-réactionnaire » qui combat le « conservatisme de gauche » et mène une « guerre civile intellectuelle ».
Dans Qui est l’extrémiste ? [Intervalles, 2022] Pierre-André Taguieff se plaint que le terme d’extrême droite soit galvaudé et ne soit qu’une arme de disqualification destinée à de basses polémiques. Néanmoins, je me demande dans quelle catégorie il rangerait un individu comme Böckelmann qui appelle à la « guerre civile », fusse-t-elle « intellectuelle »...
NOTES
1
Cf. Rabehl* [1998]. Dans cet article, écrit plus de trente ans après les faits, et alors qu’il est devenu d’extrême droite, Rabehl fait référence à des discussions internes entre Dutschke et Böckelmann, en 1964, au sein du groupe Subversive Aktion. D’après Rabehl, Böckelmann s’opposait déjà à Dutschke, avant même d’adhérer au SDS : pour Böckelman, les « révolutionnaires » des années 1960, même lorsqu’ils dénonçaient la répression recherchaient « constamment l’approbation des puissants » parce qu’ils étaient fascinés « par la sophistication du pouvoir, par ses méthodes subtiles ». De plus, la nouvelle « ère capitaliste » « subjuguait désormais toutes les régions du monde ». Et cette soumission aux besoins du Capital influençait les travailleurs dans les métropoles impérialistes mais aussi les mouvements de libération nationale. Ces derniers ne visaient qu’à industrialiser le tiers-monde et à accomplir ce que les révolutions bourgeoises avaient accompli auparavant, à l’Ouest. Quant à l’URSS et aux « pays socialistes », ils ne pouvaient être en aucun cas un point d’appui ou un soutien pour changer le monde.
2
httr>s ://karolinger.at/ boeckelmann/
3
û Die schlechte Aufhebung der autoritären Persönlichkeit (La mauvaise Aufhebung [dépassement/suppression] de la personnalité autoritaire) est un document de discussion publié par le groupe Subversive Aktion en 1966, puis réédité par Böckelmann à deux reprises avec une nouvelle préface, la dernière fois aux éditions ça ira en 2017. Il en est de même pour Über Marx und Adorno : Schwierigkeiten der spätmarxistischen Theorie (Sur Marx et Adorno : difficultés de la théorie du marxisme tardif) qui est paru dans une deuxième édition, corrigée et augmentée, avec une préface de l’auteur, en 2020 aux éditions ça ira.
4
Pourtant, on peut lire dans un article de Volkmar Wölk paru dans un livre collectif publié, en 2016, par la Fondation Rosa Luxemburg : « Aujourd’hui, la revue Tumult peut légitimement être qualifiée d’organe théorique de PEGIDA. Frank Böckelmann, figure de proue de la publication (qui est depuis retourné à Dresde), compte parmi ces intellectuels ayant traversé l’échiquier politique, de l’extrême gauche (Subversive Aktion) à l’extrême droite » (souligné par mes soins)
[https://www.rosalux.de/fileadmin/rls uploads/pdfs/Manuskripte/Manuskripte 17 Durchmarsch von rechts, pdf].
5
Barbara Umrath, « Jenseits von Vereinnahmung und eindimensionalem Feminismus. Perspektiven feministischer Gesellschaftskritik heute » (Au-delà de la cooptation et du féminisme unidimensionnel. Perspectives sur la critique sociale féministe aujourd’hui), https://www.rosalux.de/publikation/id/8328/maulwurfsarbeit-iii.
6
Idem.
7
On retrouve cette appréciation flatteuse dans un article écrit en 2020 par un autre transfuge de la gauche vers l’extrême droite, Werner Olles*, et publié par le site néodroitier wir selbst* : « Dans cette phase antiautoritaire du mouvement étudiant entre 1967 et 1969, Hans-Jürgen Krahl devint, aux côtés de Frank Böckelmann, le principal théoricien du SDS. »
8
Interview réalisée par Ellen Daniel (2021), « Comment les étudiants rouges sont devenus des retraités bruns », https://www.salonkolumnisten.com/rote-studenten-braune-rentner/.
9
https://www.frankfurter-hefte.de/artikel/die-intellektuellen-und-der-rechtspopulismus-2369/.
10
https://www.falter.at/mailv/20241129/rechte-boomer-konservative-millennials. Son prétendu « apolitisme » ne fait pas l’unanimité puisque, selon Dierk Spreen, cet heideggérien serait en réalité « l’un des précurseurs intellectuels de la Nouvelle Droite » !
11
https://www.falter.at/maily/20241129/rechte-boomer-konservative-millennials.
12
Cf. https://www.der-rechte-rand.de/archive/1601/rechter-tumult-in-der-debatte/. Et cet autre article : https: //www, der-rechte -rand. de/archive/3 75 7/tumult/ .
13
La « rééducation » est l’un des termes favoris utilisés par l’extrême droite depuis 1945, pour décrire les prétendus méfaits causés par la « dénazification » imposée par les Américains puis par les différentes formes d’éducation contre l’antisémitisme mises en place en Allemagne par l’Etat fédéral, les Länder et un certain nombre de fondations privées.
14
Présentant son livre devant la (bien-nommée) « Bibliothèque du conservatisme », soutenue par la « Fondation pour l’éducation et la recherche conservatrices », Böckelmann dénonce les discours lénifiants sur « l’épanouissement personnel » et le culte de l’individu ; en même temps, il met en garde ses lecteurs contre la « prétention de sauver le monde comme la génération de 68 » et contre « la rhétorique alarmiste sur la démocratie en danger ». Son programme politique réactionnaire apparaît en creux puisqu’il affirme que nous nous dirigeons vers un monde « sans origines, sans patrie, sans descendance, sans transcendance » lhttps://www .bdk-berlin.org/veranstaltungsberichte/frank-boeckelmann-stellte-sein-buch-iargon-der-weltoffenheit-vor/1.
15
Matheus Hagedomy, Felix Schilk et Johannes Kiess (2025), « Die sozialpolitische Doktrin der Neuen Rechten » (La doctrine politico-sociale de la Nouvelle Droite), https://www.boeckler.de/fpdf/HBS-00903 8/n fofoe WP 362 2025.pdf.