Attaques personnelles contre Hitler et « arguments » antisémites biologiques
Niekisch est fréquemment présenté comme un anti-hitlérien pour deux raisons principales :
1) il aurait dénoncé le Führer (qu’il appelait « ce Messie juif »[1] !!!) dans plusieurs textes, notamment en 1932, dans Hitler, une fatalité allemande, un pamphlet[2] qui se vendit à 40 000 exemplaires et, en 1935, dans Die Dritte imperiale Figur (mais, dans ce cas, sans jamais mentionner nommément le Führer). Cet argument me semble plutôt frivole, pour ne pas dire fallacieux.
Nous avons déjà vu (pp. 24-26) à quel point les critiques personnelles de Niekisch contre Hitler étaient superficielles et comment, sur le plan politique, il l’accusait (à tort, est-il besoin de le préciser ?) d’être un pacifiste, un « légaliste » et un agent de l’Angleterre et de l’Église catholique. A moins d’avoir un « agenda caché », aucune personne de bonne foi ne peut confondre
– son indéniable hostilité contre Hitler (cet « Autrichien catholique », ce « démagogue » dont les « méthodes de propagande [étaient] extrêmement efficaces » et donc un individu haï par Niekisch sur le plan personnel) ;
– avec une critique radicale du national-socialisme qu’il considérait, au départ, comme « un mouvement national-révolutionnaire authentiquement allemand » qui permettait aux « couches sociales marginalisées » de prendre conscience de leur exclusion, du fait qu’elles n’appartenaient « pas réellement à la société bourgeoise ».
Dans « L’espace politique de la Résistance allemande » [1931], Niekisch accuse les nazis de mener « une opération de sauvetage de la société bourgeoise », de canaliser « la volonté de vivre du peuple », de quémander « l’acceptation de l’industrie lourde », de défendre « un programme social, flou, nébuleux, imprécis » – mais il n’avance pas un programme plus clair que celui du NSDAP.
Dans son pamphlet de 1932, Hitler une fatalité allemande, Niekisch se trompe sur toute la ligne : il estime que la jeunesse d’après-guerre, qui veut « se battre, mourir et vaincre » acclame à tort « la légalité [bruyamment revendiquée par Hitler] comme une ruse de guerre » !
Comme le note un historien : « Si Niekisch reprochait à Hitler de ne pas mettre le monde en feu assez radicalement […], on comprend alors clairement quel tribut de sang cet homme exigeait. Sa “résistance” ne visait donc pas – comme il l’a fait croire plus tard – un dictateur qui faisait assassiner ses adversaires, voulait envahir d’autres pays et planifiait un génocide, mais les scrupules qu’il supposait Hitler avoir encore. […] Il n’était pas contre le national-socialisme, ni contre Rosenberg* ou Strasser*, ni contre la violence, ni contre le racisme. L’intellectuel Niekisch détestait surtout, dans le “Volksverführer” (le dirigeant – démagogue – du peuple), le rival qui avait mieux réussi » que lui [Springer, 2023].
Der rechte Rand, un magazine « antifa » allemand arrive à peu près aux mêmes conclusions : Hitler, une fatalité allemande « fut par la suite interprété comme une mise en garde antifasciste précoce et prophétique contre les nazis. En effet, Niekisch y dénonçait le mouvement hitlérien et les mécanismes de son pouvoir. Cependant, la lecture de cet ouvrage et de ses articles dans la revue Widerstand, qui commentaient la prise de pouvoir par les nazis, révèle que Niekisch jugeait le national-socialisme trop légaliste, insuffisamment autoritaire et radical. Il critiquait le national-socialisme du point de vue d’un courant concurrent d’extrême droite. Le travail du graphiste et co-éditeur de Widerstand, A. Paul Weber, a largement contribué à l’interprétation simpliste selon laquelle les écrits de Niekisch étaient antifascistes. Son illustration pour le livre représentait une foule marchant vers une tombe sous la bannière de la croix gammée » [Laskowski, 2023].
2) Sa revue Widerstand fut interdite en décembre 1934 (presque deux ans après la nomination de Hitler au poste de chancelier le 30 janvier 1933) ; sa maison d’édition fut fermée en 1936 ; et il fut finalement arrêté par la Gestapo en mai 1937 avec plusieurs dizaines de personnes – dont aucune ne fut condamnée à mort, même si quelques-unes moururent en prison. Cette mesure répressive extrêmement tardive, pour un prétendu « anti-hitlérien » est certainement liée au fait que Niekisch entretenait d’excellents contacts dans les cercles du pouvoir nazi, y compris dans la Wehrmacht, puisqu’il avait organisé de nombreuses conférences pour des officiers. Condamné à la prison à perpétuité pour haute trahison et violation de la loi sur la formation de nouveaux partis politiques en janvier 1939, il passa huit années dans une cellule, dont il sortit à moitié aveugle et partiellement paralysé. Ce n’était certainement pas une « prison cinq étoiles » mais « il eut la chance de rencontrer à plusieurs reprises, lors de ses transferts et dans ses différents lieux de détention, des policiers et des enquêteurs qui se présentèrent comme d’anciens lecteurs de la revue Widerstand et qui, en retour, lui accordèrent un traitement respectueux. […] Ses codétenus lui faisaient la lecture pendant des heures, voire des jours » [Templin, 2019].
Nous avons déjà vu en quoi l’antisémitisme de Niekisch n’avait rien à envier à celui de Hitler mais, pour répondre aux derniers sceptiques, je vous infligerai encore, amis lecteurs, quelques métaphores délirantes tout droit sorties de la propagande nazie et qu’on peut lire dans Die dritte imperiale Figur, ce livre censé relever de la propagande « antihitlérienne » : « le judaïsme s’est infiltré comme un bacille[3] dans le centre de vie le plus caché de l’être romain et s’y est installé » ; « le Juif est aussi un parasite de la substance romaine » ; « Si le marchandage est l’essence empirique du Juif, il a alors un fondement biologique ; il trouve son fondement impérissable, sanguin et régénérateur dans la substance biologique, dont l’entretien minutieux est le propre de la religion juive fondée sur la loi. La volonté juive d’affirmation de soi se nourrit de cette source biologique » ; « Au cours d’un processus de réinterprétation prudent, Rome a affaibli, affiné et purifié les ordres fondés sur le sang et le sol au point de pouvoir les intégrer dans l’ordre universel romain. L’Éternel Juif a dissous l’ordre lié à la race des barbares et a en même temps sapé l’ordre universel de Rome ; il était nihiliste tant envers les barbares qu’envers les Romains ».
Du fascisme au stalinisme… et retour
sous un masque prétendument « de gauche »
Libéré de l’hôpital de la prison par l’Armée rouge en avril 1945, Niekisch réapparaît sur la scène politique en tant que membre du KPD, puis du SED stalinien et même comme cofondateur de l’Association des victimes du régime nazi – Fédération des antifascistes (VVN-BdA). Cette dernière adhésion est plutôt cocasse vu les positions de Niekisch favorables à une guerre de l’Allemagne contre tous les pays « latins », ou « romains », européens durant l’entre-deux-guerres. Cette association sera d’ailleurs dissoute en 1953 dans le cadre de la vague de procès antisémites en Europe de l’Est, mais aussi d’un débat idéologique en RDA sur la « théorie de la misère » qui sera évoquée plus loin. Désormais fortement handicapé, Niekisch peut cependant passer pour un « antifasciste » d’autant plus qu’il adopte – du moins en partie – la rhétorique des politiciens et des policiers staliniens qui gèrent la SMAD, la zone d’occupation soviétique.
Quand un blog « de gauche »
embellit les actions et la pensée de Niekisch
Sur son blog hébergé par un éditeur d’extrême gauche, un certain Maciej Zurowski a écrit : « Niekisch fut détenu dans une prison de la Gestapo à Brandebourg de 1937 à 1945, où il subit de graves mauvais traitements [souligné par mes soins]. Lorsqu’il fut libéré par l’Armée rouge, il était presque aveugle. »
Première distorsion des faits : la maladie qui l’a rendu aveugle a été détectée en 1914 par la Reichswehr (quand Niekisch a été appelé sous les drapeaux pour la seconde fois) et n’est donc pas liée à son incarcération sous le régime nazi.
Second problème : on ne sait rien sur ses conditions réelles d’emprisonnement.
Présentée à l’époque comme « ultramoderne », cette prison avait été construite entre 1927 et 1935. Elle était censée « accueillir » 1 800 détenus, mais en comptait plus du double sous le nazisme. D’après Wikipedia, 652 personnes y moururent de maladie (dont la tuberculose) et « 2 032 hommes originaires de toute l’Europe y furent exécutés dont 1 722 pour des raisons politiques et plus de 110 objecteurs de conscience ».
Selon deux historiens allemands, Niekisch « n’échappa sans doute à l’assassinat que grâce à ses codétenus. L’incarcération causa de graves séquelles physiques[4] à Niekisch » [Ellsbach et Schreiner, 2021]. On ignore s’il a été « torturé[5] » comme le prétendent ses admirateurs, mais il n’a jamais été enfermé dans un « camp de concentration », contrairement à certaines légendes.
Non seulement le susnommé Zurowsksi a traduit un passage des mémoires peu fiables de Niekisch sur son séjour en prison avec l’un des dirigeants de la révolution de 1919 – Ernst Toller*, mais il dissimule (sciemment ?) les positions antisémites de Niekisch. Durant l’essentiel de sa vie, Niekisch fut actif à l’extrême droite et entretint de longues amitiés avec des nazis et néonazis. Pourtant, Zurowski [2020] ose écrire : « Niekisch fut finalement arrêté pour son implication dans un réseau de résistance antinazi[6] – l’accusation était fondée – et l’appareil policier national-socialiste se mit à traquer les nationaux-bolcheviks avec autant d’acharnement qu’il avait écrasé les communistes ».
Comparer la répression contre une infime poignée de nationaux-bolcheviks et de nationaux-révolutionnaires (certes opposés à Hitler mais défendant toujours des idées philofascistes) avec la répression menée contre les militants staliniens ou communistes relève du révisionnisme historique. Tous les témoignages concordent pour indiquer que la répression nazie fut toujours plus sévère contre les militants du KPD, ou ses ex-membres passés dans des groupes dissidents, que
contre les sociaux-démocrates, les membres des anciens partis de droite et les groupuscules d’extrême droite devenus tardivement « anti-hitlériens ». Un certain nombre de philofascistes ou d’anticommunistes d’extrême droite ont certes été torturés, fusillés ou pendus. Mais, dans des proportions sans commune mesure avec la répression contre le KPD et les groupes à sa gauche.
L’attitude de ce traducteur et journaliste qui écrit pour des publications pseudo« radicales » comme Jacobin et Weekly Worker ne nous surprend guère puisqu’il éprouve visiblement une tendresse particulière pour le national-bolchevisme, cet « antifascisme »… philofasciste.
Son blog (zuriz.wordpress.com) mélange des textes de (ou sur des) philofascistes (Ernst Jünger*, K.O. Paetel, Ernst Niekisch, Edouard Limonov*), avec des critiques dirigées contre ceux qui critiquent sérieusement l’antisémitisme, de Moishe Postone à l’organisation antiraciste Hope not Hate. Par exemple, dans un article du 30 août 2025, il dénonce cette dernière association parce qu’elle demande à l’État britannique d’interdire un concert nazi !!!
Voilà le genre d’individu qu’accueille un éditeur d’extrême gauche sur son site.
S’installant à Berlin-Ouest, dans la zone d’occupation américaine mais travaillant dans la zone d’occupation soviétique, Niekisch s’empresse d’activer ses réseaux à l’Est comme à l’Ouest, à gauche comme à l’extrême droite, à la fois pour subsister dans un pays en grande partie détruit par la guerre, mais aussi pour continuer sa tentative de fusionner nationalisme et « socialisme » ou « communisme » staliniens.
Bien qu’il soit devenu un apparatchik à l’Est, il mange à tous les râteliers : « En 1948, Niekisch assiste à un congrès de la Société d’Imshausen, un regroupement d’opposants conservateurs[7] à Hitler et de scientifiques aux sentiments patriotiques, afin d’y discuter de l’avenir politique de l’Allemagne » [Pittwald, 1996]. A l’Ouest, il est soutenu par le journaliste nationaliste Wolfgang Venohr*. Il est important de citer son nom ici parce que l’un de ses reportages joua un rôle dans le champ idéologique allemand beaucoup plus tard. En effet, cet individu réalisa un documentaire sur Rudi Dutschke en avril 1968 (Rudi Dutschke – sein jüngstes Portrait[8]), toujours cité par les néo-droitiers et les néonazis qui cherchent à récupérer le « 68 » allemand et à faire de sa principale figure médiatique (Dutschke) un « nationaliste-révolutionnaire[9] » !
Après 1945, Niekisch adhère à l’Association culturelle pour le renouveau démocratique de l’Allemagne, le « Kulturbund [l’Union culturelle pour le renouveau démocratique de l’Allemagne], une organisation de masse proche du KPD dont la mission était d’organiser l’intelligentsia dans la zone d’occupation soviétique. En tant que représentant du Kulturbund, Niekisch participe au mouvement des congrès populaires [dont le Congrès des écrivains allemands] et joue un rôle de premier plan au sein du Front national* » [Ellsbach 2015].
Il rédige le discours prononcé par le social-démocrate Otto Grotewohl* lors du congrès d’unification forcée du KPD et du SPD. « En sa qualité de député à la Chambre du peuple, il contribue même à la rédaction (stylistique) de la première Constitution de la République démocratique allemande (RDA) de 1949 » en tant que membre du Comité constitutionnel. « Son engagement est récompensé par un poste de professeur [de sociologie] à l’université Humboldt de Berlin-Est. […] Ses contacts à l’Ouest avec d’anciens collaborateurs de la revue Widerstand, tels que Joseph E. Drexel*, éditeur du plus grand quotidien de Nuremberg de l’époque, ou Ernst Jünger, étaient particulièrement précieux pour la politique du Front national » [Ellsbach 2015]).
Le régime « communiste » lui offrit également de diriger « l’Institut de recherche sur l’impérialisme » mais sa lune de miel avec les staliniens est-allemands fut rapidement interrompue puisque l’Institut fut fermé en 1951 et que le régime annula ses cours à la fac pour le second semestre de la même année. Niekisch avait une personnalité très difficile[10] et les staliniens ne tardèrent pas à découvrir qu’ils avaient commis une erreur en chouchoutant cet idéologue[11]. Cependant il eut surtout des problèmes avec le pouvoir est-allemand parce qu’il intervint dans un conflit idéologique au sein du SED et perdit la bataille.
La « vision de la misère[12] » allemande : du Faust de Goethe à Niekisch
Pour comprendre les enjeux théoriques de cette discussion, il faut revenir deux siècles en arrière, comme le fait Sascha Penshorn [2018] dans une thèse que j’essaierai de résumer dans les pages suivantes.
L’Allemagne n’a été véritablement réunifiée qu’en 1871, sous Bismarck et l’empereur Guillaume Ier, alors que d’autres pays, au premier chef sa grande rivale (la France), avaient constitué un solide État-nation unifié bien avant elle. Un chiffre suffira pour faire comprendre l’ampleur des divisions allemandes : en 1789, l’Allemagne était divisée en trente-huit États locaux et provinciaux (sans compter plusieurs centaines d’autres entités administratives féodales et postféodales jalouses de leur indépendance) ! Cette identité nationale fut fragmentée pendant des siècles, puis réunifiée tardivement, principalement sous l’égide de la Prusse, lors de la guerre de 1870, sous l’impulsion des grands propriétaires terriens (les junkers) et non de la bourgeoisie.
On prête à Bismarck, ce noble et grand propriétaire terrien de l’Est, cet aveu significatif : « S’il doit y avoir une révolution, mieux vaut la faire nous-mêmes que de la subir » !
Cette situation particulière incita certains poètes, romanciers et philosophes à dénoncer une « misère allemande », une sorte de malédiction, d’exception, de « voie particulière » (Sonderweg*) négative.
Comme l’écrivit Engels en 1847 : « La noblesse est trop décadente, la petite bourgeoisie et les paysans sont trop faibles de par leur condition sociale, les ouvriers sont encore loin d’être assez mûrs pour pouvoir s’imposer en Allemagne en tant que classe dominante. Il ne reste que la bourgeoisie. La misère du statu quo allemand tient principalement au fait qu’aucune classe n’a jusqu’à présent été assez forte pour faire de son secteur de production le secteur de production national par excellence et s’ériger ainsi en représentante des intérêts de la nation tout entière » [cité in Penshorn, 2018].
Cette arrivée tardive dans la modernité bourgeoise-démocratique a nourri à la fois les complaintes des romantiques allemands et des mouvements nationalistes (donc aussi völkisch), mais aussi les critiques acerbes de Marx et de ses disciples, à commencer par Franz Mehring [1910/1911].
La Révolution française, l’abolition de la monarchie capétienne et l’occupation de ce qui allait devenir l’Allemagne par les troupes napoléoniennes provoquèrent deux mouvements opposés :
· Une partie des étudiants et des intellectuels se livrèrent à une critique de plus en plus radicale des petits royaumes et principautés qui s’opposaient à toute liberté d’expression, favorisaient l’Église catholique ou les églises protestantes, et défendaient les intérêts économiques des grands propriétaires fonciers. Cette fraction de l’intelligentsia se radicalisa de plus en plus en critiquant toutes les religions (catholique, protestante et juive) et les structures politiques existantes. Les plus radicaux (dont Moses Hess, Marx et Engels) devinrent socialistes puis communistes entre 1840 et 1848 ; ils revendiquèrent l’héritage de Thomas Münzer et des guerres paysannes du XVIe siècle ; ils reprirent à leur compte les revendications démocratiques de la Révolution française ; ils soulignèrent à la fois la force, voire la supériorité, de la philosophie allemande (en particulier celle de Hegel) mais aussi son incapacité à concevoir des solutions politiques radicales favorisant une révolution bourgeoise : « […] la variante marxiste de la thèse de la “voie particulière allemande” caractérise le cours de l’histoire allemande comme un échec en raison de l’absence d’une révolution bourgeoise et de l’alliance qui en a résulté entre la bourgeoisie et les forces féodales ; elle élabore un récit historique qui aboutit, pour ainsi dire logiquement, des guerres paysannes à la catastrophe du régime nazi » [Penshorn, 2018].
Franz Mehring joua certainement un rôle décisif dans la vision progressiste du « récit de la misère » :
« S’appuyant sur les travaux de Marx et d’Engels, Franz Mehring a élaboré un récit cohérent de l’histoire allemande. Celle-ci y est marquée par la double structure d’une ligne progressiste et d’une ligne réactionnaire. […] Sur le plan politique, ce récit constitue une attaque contre les fondements idéologiques de l’empire. Celui-ci est présenté comme l’incarnation même de la misère allemande, car il repose sur l’alliance entre l’aristocratie et la bourgeoisie et cimente ainsi un faux compromis de classe, identifié comme le mal fondamental de l’histoire allemande. Mehring tente sans cesse de réfuter historiquement la “légende prussienne” de la mission nationale et sociale de la maison des Hohenzollern. Dans le même temps, il dote le mouvement ouvrier d’une tradition historique qui remonte bien avant l’émergence de la classe ouvrière et montre une voie pour surmonter les conditions arriérées.
Sur le plan social, le récit de la misère constitue le récit fondateur de la contre-culture social-démocrate naissante. […] Du point de vue de l’histoire des idées, le récit de la misère de Mehring doit être compris comme une solution alternative aux théories positives de la “voie particulière” d’un exceptionnalisme prusso-allemand » [Penshorn, 2018].
· Une autre fraction de l’intelligentsia se tourna vers des conceptions romantiques de l’identité nationale. Elle glorifia un passé mythique et développa des conceptions de plus en plus nationalistes (violemment antifrançaises), antijuives, hostile aux Lumières (françaises, mais aussi allemandes) marquées par des croyances irrationnelles.
La révolution de 1789 et surtout les invasions napoléoniennes provoquent une rupture fondamentale qui va stimuler le nationalisme : « C’est à partir de 1789 que la pensée politique allemande dépassa progressivement le cosmopolitisme issu des Lumières et offrit les premières contributions à la formation d’un sentiment national autour de l’idée de la supériorité culturelle de l’Allemagne et de sa mission d’éducatrice du genre humain. Avec les guerres et l’occupation napoléoniennes, cette prise de conscience s’accéléra en se politisant. L’humiliation fut à son comble en 1806, avec l’effondrement du Saint-Empire et surtout la catastrophique défaite de la Prusse en octobre (Iéna). La rupture avec la pensée cosmopolite est dès lors – presque – consommée, et les concepts de nation, de patrie se chargent de contenus nouveaux » [G. Rémi, 1996].
Pour construire un « récit national-conservateur », les intellectuels, puisèrent « dans l’Antiquité germanique ». « Les tribus germaniques n’ayant laissé aucune littérature », ils déclarèrent « que la mythologie nordique, telle qu’elle était transmise dans l’Edda islandaise, était germanique et donc allemande ». A cet ingrédient de base, ils ajoutèrent d’autres éléments hétéroclites comme « la littérature médiévale, en particulier la Chanson des Nibelungen* » et « le culte de la bataille d’Hermann* », ainsi que de monuments « tels que le château de Wartburg* et les statues du Cavalier de Bamberg* et d’Uta de Naumbourg* » [Penshorn, 2018]. « Les années 1840 servirent finalement de catalyseur au nationalisme allemand. La crise du Rhin de 1840, au cours de laquelle la France menaçait d’annexer les territoires situés sur la rive gauche du Rhin […] provoqua de vives réactions nationalistes clairement anti-françaises. Les conflits frontaliers avec le Danemark au sujet du Schleswig-Holstein firent le reste. Ce nouveau nationalisme se manifesta à travers des monuments, des fêtes politiques, la presse, la poésie et des chants politiques » [Penshorn, 2018].
Certes, le marxiste Franz Mehring dénonçait les aspects réactionnaires du romantisme : « Les idéaux nationaux ne pouvaient être trouvés qu’au Moyen Âge, époque où la domination de classe des junkers et des ecclésiastiques était la plus marquée, écrit-il. Les poètes romantiques se réfugièrent donc dans la “nuit magique et lunaire du Moyen Âge ».
Mais il reconnaissait aussi certains de ses apports culturels :
« Cette école n’est pas sans mérites dignes d’être reconnus. Elle a redécouvert les trésors de la poésie médiévale, non seulement les poètes courtois et chevaleresques, mais aussi les Nibelungen*, une épopée nationale allemande qui peut sans doute rivaliser avec les chants homériques. Mais surtout, l’école poétique romantique a mis au jour les précieux trésors de la poésie populaire : les contes de fées des frères Grimm et “Des Knaben Wunderhorn”, un recueil de vieilles chansons populaires édité par Arnim* et Brentano*. De plus, nous devons aux romantiques un élargissement extraordinaire de notre horizon poétique ; comme ils n’avaient pas de terre ferme sous les pieds, ils se sont égarés vers les trésors artistiques de tous les peuples et de toutes les époques et ont rapporté de nombreuses choses excellentes, comme la traduction classique de Shakespeare par Schlegel » [Mehring, 1911].
« La France » et le Saint-Empire romain germanique :
deux ennemis héréditaires pour Niekisch ?
« Le nationalisme allemand est indissociable de l’hostilité envers la France ; ce n’est qu’à l’époque de l’occupation française et des “guerres de libération” qu’il se développa pour la première fois » [Penshorn, 2018]. Des intellectuels comme Fichte*, Brentano*, Jahn*, Tieck*, von Arndt*[13] et Kleist*[14] jouèrent un rôle déterminant dans cette évolution et permirent une reconstruction de l’histoire allemande selon laquelle « la France » aurait toujours été un ennemi de « l’Allemagne ».
En réalité, dès le XVe siècle, une rivalité s’était installée entre le royaume de France (au départ la « Francie occidentale », créée en 843 lors de partage de l’Empire carolingien en trois royaumes) et le Saint-Empire romain germanique (dirigé par la dynastie des Habsbourg entre 1452 et 1740).
Le Saint-Empire romain germanique joua un rôle important dans la mythologie nationaliste et en particulier dans les écrits d’Ernst Niekisch. Ainsi, dans « L’Idée de Potsdam » [1931] il affirme que les problèmes de « l’Allemagne » durent depuis « mille ans » et en rend responsable « l’esprit de Charlemagne » et son « héritage » dont il faudrait « faire table rase ». Niekisch construit une vision diabolique de l’empereur franc : ce « père de l’Occident », ce « patriarche de la Pan-Europe » aurait perpétué la démarche de César et considéré « les territoires de la rive droite du Rhin » uniquement « comme un objet de colonisation et d’une prétendue “civilisation” » ; il se serait emparé de la « substance vivante » germanique pour massacrer « les plus nobles des Savons » et introduire « du sang latin » dans les régions traditionnellement occupées par les Germains.
A quel événement historique Niekisch fait-il allusion ici ?
En octobre 782, à Verden, Charlemagne ordonna le massacre de 4 500 Saxons qui refusaient de se convertir au christianisme. A partir de ce fait indéniable, Niekisch construit tout un récit mythologique : l’empereur aurait obligé les individus de « sang » germain à capituler devant « la papauté » et « l’Occident », ainsi qu’à avaler « le poison occidental » ; le « boucher des Saxons[15] » aurait imposé un métissage avec les « Latins », et seule la Prusse aurait résisté à cette domination de « Rome » sur « l’espace germanique ». Malheureusement, « la race prussienne » « qui portait dans son sang des éléments slaves » n’a pas su comprendre l’importance d’une alliance avec les peuples de « sang slave » et n’a pas voulu se séparer des « Germains latinisés » qui peuplaient ce qui allait devenir l’Allemagne du Sud et de l’Ouest.
Niekisch ajoute à cette vision fantasmagorique quelques vieux clichés : « Dans l’espace latino-germanique, la substance allemande était essentiellement féminine, réceptive et soumise. Tandis que dans l’espace germano-slave, il y aura l’élément masculin, autoritaire et créatif » [« L’espace politique de la résistance allemande », 1931].
Abandonnons maintenant le terrain de l’idéologie, pour en revenir aux conflits réels entre « la France » et « l’Allemagne » qui ont nourri le nationalisme allemand.
« La France » participa à (ou soutint) de nombreux conflits : la guerre de Succession de Bourgogne (1477-1482), les guerres d’Italie (1494-1559) et la guerre de Trente Ans (1618-1648). Cette dernière guerre marqua d’ailleurs une rupture capitale dans l’histoire de l’Allemagne. « Ce n’est qu’au bout de deux cent trente ans, vers 1850, que l’Allemagne a pu retrouver la prospérité et la richesse qu’elle possédait vers 1618 » [Bourdeau, 1886] écrit un commentateur conservateur dont l’avis rejoint celui d’Engels : « […] la lutte [contre l’Église menée par les paysans, la petite noblesse et les bourgeois des villes] dégénéra en une querelle entre les princes individuels et le pouvoir central impérial, ce qui eut pour conséquence que l’Allemagne fut rayée pendant deux cents ans de la liste des nations politiquement actives d’Europe » [cité in Penshorn, 2018).
La rivalité avec la France continua après la guerre de Trente Ans puisque le royaume capétien participa aux guerres de succession d’Espagne (1701-1714), de Pologne (1733-1736) et d’Autriche (1740-1748) ainsi qu’à la guerre de Sept Ans (1756-1763). Et l’État français fut évidemment un acteur capital des guerres suscitées par la Révolution française et les guerres napoléoniennes (1792-1795, 1806-1807, 1813-1814, 1815). Ces guerres n’opposèrent pas seulement les « Allemands » aux « Français », mais aussi les « Allemands » entre eux puisque certains royaumes, villes ou principautés conclurent des alliances avec la monarchie française, jusqu’au 18 janvier 1871, date à laquelle l’empereur Guillaume II prit les rênes du premier véritable État-nation allemand.
De telles nuances ne pouvaient évidemment s’insérer dans le récit nationaliste allemand, même si certaines rancœurs et rivalités régionales ne s’éteignirent pas au XXe siècle, comme nous l’avons vu avec Niekisch lui-même qui a toujours exprimé sa haine de la Bavière et de l’Allemagne du Sud catholiques.
Les deux conceptions (progressiste et réactionnaire) de la « théorie de la misère » se transformèrent en de véritables traditions de pensée qui n’avaient qu’un point commun : « Au début du XIXe siècle, l’idée, formulée dans le langage philosophique de l’époque, selon laquelle l’Allemagne incarnait d’une manière particulière l’universel humain, s’était en outre largement répandue. Cela renvoyait à la “pureté” supposée de la langue allemande, au statut de l’Allemagne en tant que pays des “poètes et penseurs” et berceau de la Réforme et de l’idéalisme allemand, considéré comme l’aboutissement de la philosophie. Cette idée fut en partie détournée à des fins chauvines, comme une présomption de supériorité sur les autres peuples. Dans le camp “radical”, on partait en revanche du principe que le cosmopolitisme allemand pouvait promouvoir la liberté humaine dans son ensemble » et qu’il pouvait contribuer à faire triompher « les valeurs rationnelles et universalistes des Lumières » [Penshorn, 2018].
Le courant marxiste considérait que l’Allemagne allait sauter l’étape de la révolution bourgeoise, passer directement à une révolution socialiste et montrer l’exemple à toute l’Europe. Le courant nationaliste, quant à lui, était persuadé que l’Allemagne allait devenir un formidable empire – ce qui aboutit à l’idée d’un « Troisième Reich » dans les années 1920, idée dont on connaît les conséquences létales.
Depuis le XVIIIe siècle, les débats sur l’identité nationale allemande ont donc toujours été vifs dans le champ intellectuel et politique. D’ailleurs, ces discussions se poursuivent encore aujourd’hui[16]. Il faut aussi rappeler, puisque ce texte évoque l’itinéraire de Niekisch, que ce dernier défendit toujours une vision nationaliste dans les organisations ou les publications auxquelles il collabora.
[1] Même dans Hitler, une fatalité allemande [1932], considéré par… l’extrême droite et la Nouvelle Droite comme un texte « antifasciste » (?!), Niekisch ne peut s’empêcher d’attaquer les Juifs : « Seul un messie national peut l’instaurer » (le royaume de Dieu sur terre) « et ce messie, c’est Hitler. Le messianisme national est d’origine juive ». Puis il critique le NSDAP pour avoir « brisé la résistance prussienne-protestante » qu’incarnait selon lui le DNVP*. Il « oublie » de mentionner qu’il s’agissait d’un parti völkisch, violemment antisémite et chéri par les grands propriétaires terriens des provinces orientales, et, dans sa conclusion, Niekisch prend soin de citer deux célèbres gestionnaires de banques, ciblés par l’extrême droite parce que juifs, en expliquant que leur « chemin » et leur « destin » seraient « tôt ou tard ceux d’Hitler ». Le premier (Jakob Goldschmidt) réussit à fuir l’Allemagne en 1933 et à sauver sa peau ; le second (Albert Katzenellenenbogen) fut déporté et assassiné dans un camp d’extermination en 1942 – ce que ne pouvait ignorer Niekisch quand il republia son livre après 1945.
[2] Dans une lettre du 30 juin 1993 destinée au quotidien Le Monde, Alain de Benoist écrit à propos de cette brochure : « Mais puisque vous citez la publication, dans cette collection, d’un recueil d’écrits du théoricien national-bolchevique Ernst Niekisch, qui fut, sous le Troisième Reich, l’animateur du mouvement Résistance, j’aimerais signaler la présence, parmi ces écrits, du célèbre pamphlet anti-hitlérien Hitler, une fatalité allemande, dont la publication valut à son auteur d’être condamné sous le régime nazi à la réclusion criminelle à perpétuité, peine qu’il subit jusqu’à sa libération, en 1945, par l’Armée rouge. »
[3] Les mots soulignés dans ce paragraphe l’ont été par mes soins.
[4] Peu suspect de sympathies néofascistes, un journaliste a certes écrit : « durant son emprisonnement, [Niekisch] subit de graves sévices physiques » mais il ne donne aucun détail [Herzinger, 2021].
[5] C’est par exemple ce qu’écrit le traducteur du Manifeste national-bolchevik de K.O. Paetel : après son arrestation, Niekisch « fut si terriblement torturé en prison que sa vue en fut définitivement altérée ». Ce récit est repris et amplifié par des sites néofascistes comme vox.nr ou The Fascio Newsletter : « Ernst Niekisch, bien qu’ayant survécu aux camps [lesquels ? mystère], en est ressorti aveugle » alors que sa maladie oculaire avait été détectée en 1914 ! Et un publiciste néofasciste dénonce un « internement assimilable à de la torture » puis il ajoute : « Huit années de mauvais traitements nazis lui causèrent la cécité et une paralysie d’un côté du corps » [Kaiser, 2024].
[6] Nous verrons plus loin que, si l’expression « réseau de résistance antinazi » est nettement exagérée (et d’ailleurs les activités de ce « réseau » ne sont décrites nulle part !), elle fait partie d’une fable répandue par Joseph E. Drexel après que le long texte du « jugement secret » du tribunal nazi de 1939 eut été rendu public en 1954. Il reproduisit ce rapport intégralement dans le livre qu’il publia en 1961 en Allemagne et dans d’autres qu’il écrivit ou co-dirigea pour réhabiliter Niekisch.
[7] Si ses fondateurs étaient effectivement des aristocrates conservateurs « anti-hitlériens » comme Adam von Trott du cercle de Kreisau*, la Gesellschafts Imshausen comptait au départ rassembler des personnalités issues des quatre zones d’occupation alliées et de tous les courants politiques, donc aussi des staliniens du KPD, des sociaux-démocrates et même des « nationaux-révolutionnaires » comme Niekisch. Mais elle ne put se réunir que durant deux ans (1947 et 1948) avant de se dissoudre sous le poids des divergences.
[8] On peut voir un petit extrait de ce film ici : https://www.youtube.com/watch?v=SIuz9XLyLD4&t=3s.
[9] C’est le cas de l’ex-dirigeant du SDS, devenu d’extrême droite et antisémite, Bernd Rabehl* qui, à propos de cette interview, écrit dans le torchon néo-droitier Junge Freiheit du 4 février 2005 : « Wolfgang Venohr interrogea Dutschke sur le lien avec la tradition culturelle d’un peuple vaincu et divisé. Il souhaitait savoir dans quelle mesure la “génération d’après-guerre” s’était distanciée de la génération guerrière et adaptée aux nouveaux principes de la “civilisation occidentale”, et dans quelle mesure sa pensée restait liée aux réalisations culturelles d’une nation. Les réponses de Dutschke témoignèrent de son intérêt pour la renaissance d’une nation unifiée, qui émergerait du statut colonial d’occupation par le biais de luttes démocratiques. » [www.jf-archiv]
[10] Déjà dans les années 1920 et 1930, « il était déjà notoire qu’il se prenait pour le “donneur de leçons” (Oberlehrer) de la révolution allemande » [Dupeux, 1984B]. « “Désagréable et sentencieux” il prétend “savoir toujours tout mieux que les autres” » [cité in Mudry, 1985].
[11] Selon un néofasciste espagnol, Niekisch fut accusé de « tirer des conclusions erronées et pessimistes car, malgré l’emploi occasionnel d’une terminologie marxiste, il n’appliquait pas la méthode marxiste » ; de plus, « sa conception de l’histoire était fondamentalement idéaliste » [Cuadrado Costa, 1989] et s’inspirait notamment des conceptions irrationnelles, antimatérialistes, d’Oswald Spengler. Cette accusation n’était pas infondée puisque, dans « L’espace politique de la Résistance allemande » [1931] et dans Die dritte imperiale Figur [1935] Niekisch reconnaît que Spengler a eu le mérite de prédire « l’effondrement de la société bourgeoise » même s’il lui reproche aussi de prôner la passivité face au déclin de l’Allemagne.
[12] Appelée aussi « conception de la misère » ou « théorie de la misère », cette vision pessimiste de l’histoire de l’Allemagne a tantôt été au centre des discussions politiques dans le camp réactionnaire et/ou à gauche, tantôt été rejetée à la marge [Penshorn, 2018]. Niekisch y fait parfois allusion quand il dénonce « la misère d’une existence sans État » (il considère que l’Allemagne n’a pas su construire un État autonome de « l’Occident ») ou « la misère allemande ».
[13] « Je veux la haine contre les Français, pas seulement pour cette guerre, je la veux pour longtemps, je la veux pour toujours » [cité in Penshorn, 2018]
[14] « Endiguez le Rhin avec leurs cadavres » [cité in Penshorn, 2018].
[15] L’expression est employée par Alfred Rosenberg*, un idéologue nazi, ce qui montre la proximité entre la vision historique de Niekisch et celle des hitlériens. Charlemagne fut cependant réhabilité à partir de 1935 par le Troisième Reich après de virulents débats au sein du NSDAP.
[16] « Chronologie pour comprendre la nébuleuse antideutsch en Allemagne », https://npnf.eu/spip.php?article1274.
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Introduction
Préambule
https://npnf.eu/spip.php?article1302
Une pluralité suspecte d’admirateurs
Deux portraits utiles
Un militariste…planqué
Une personnalité « de gauche » très « ambiguë »
Pourquoi Niekisch est-il obsédé par « l’Esprit romain » ?
https://npnf.eu/spip.php?article1303
Un long voyage dans l’extrême droite nationaliste et philofasciste
Le moins sophistiqué des idéologues nationalistes
Fin théoricien ou infatigable girouette ?
https://npnf.eu/spip.php?article1304
Un festival de contradictions
Un idéologue fasciste qui n’a jamais rien compris à Hitler
Pour une nouvelle guerre mondiale
Des critiques superficielles de Hitler
« Figure », « Figure impériale » et « Figure du Travailleur »
https://npnf.eu/spip.php?article1305
Die dritte imperiale Figur
Lénine, Staline et le « bolchevisme « selon Niekisch
Un « anticapitalisme » de pacotille
Völkisch et étatiste
Un antisémite enragé
https://npnf.eu/spip.php?article1306
Attaques personnelles contre Hitler et « arguments » antisémites biologiques
Du fascisme au stalinisme et retour sous un masque prétendument « de gauche »
Quand un blog de gauche embellit les actions et la pensée de Niekisch
La « vision de la misère » allemande : de Goethe à Niekisch
La France et le Saint Empire romain germanique
https://npnf.eu/spip.php?article1307
De la chute du régime nazi à la guerre de Corée
https://npnf.eu/spip.php?article1308
Qui furent les authentiques « résistants » dans l’Allemagne nazie ?
Deux visions opposées de la « résistance »
Les efforts de Drexel
Le jugement secret du « tribunal populaire » de 1939
Une légende solidement fabriquée à l’Est
Postérités multiples, réelles et imaginées
Happy end pour un facho ?
https://npnf.eu/spip.php?article1309
Annexe 1 : Falsifications et omissions de Wikipedia
Annexe 2 : La rencontre de Niekisch avec Mussolini
https://npnf.eu/spip.php?article1310
Glossaire
Sources
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