Ernst Niekisch est un personnage peu connu mais dont l’héritage est revendiqué aussi bien par la Nouvelle Droite et Douguine que par certains intellectuels pseudo-“radicaux". Fasciste et antisémite enragé, il est présenté comme un "antifasciste", y compris par des institutions officielles en Allemagne comme le Centre du Mémorial de la Résistance allemande ou l’Association des persécutés du régime nazi-Confédération des antifascistes (VVN-BdA) de Bavière. Comment une telle mystification est-elle possible et en quoi correspond-elle à "l’esprit du temps" ? Voilà quelques questions auxquelles ce texte tente de répondre.
Né en 1889, mort en 1967, Niekisch travaille au départ comme instituteur dans des villages d’Allemagne du Sud et, après avoir été démobilisé, il milite dans les différentes tendances de la social-démocratie allemande de 1917 à 1928 (SPD, USPD, SPD, ASP). En 1923 (voire avant selon certaines sources), il rejoint la droite socialo-nationaliste pour entamer un long parcours qui sera marqué par une série de zigzags idéologiques, ce qu’un historien appelle un long « vagabondage politique » [Dupeux, 1995]. Ses oscillations (réelles ou feintes) se poursuivront durant toute son existence et ses valses-hésitations expliquent en partie pourquoi il a pu, et peut encore, être revendiqué par des courants radicalement opposés.
Une pluralité suspecte d’admirateurs
Soyons clairs : si des « marxistes » ont fait, ou font aujourd’hui, l’impasse sur les prétendues « ambiguïtés » de Niekisch, cette aberration dévoile surtout les trous noirs de leur idéologie, notamment sur la « question nationale », le rôle du prolétariat dans la révolution, la fonction totalitaire de l’État et la prétendue « question juive » (« prétendue » parce que, à la suite de Marx, comme l’a montré Danny Trom [2007], les Juifs posent en réalité un « problème » à la gauche et non une simple « question » – même si ce courant ne veut pas l’admettre). Ces trous noirs ne proviennent pas de la prétendue « confusion » d’Ernst Niekisch ou de sa volonté d’échapper à toute catégorisation – même si cette volonté convient effectivement à ses héritiers idéologiques, apologistes de la Nouvelle Droite[i], douguinistes* européens, néofascistes, philofascistes ou intellos « de gauche » italiens, et nationaux-révolutionnaires français.
Quant à ceux qui prennent les références incohérentes et éparses de Niekisch à Marx, ou son appartenance au KPD et au SED staliniens est-allemands de 1946 à 1955, comme une preuve de son « marxisme » (cf. le site néofasciste Eusynergies ou Wikipedia : « Concernant le fascisme, [Niekisch] rejoint l’interprétation marxiste » !!!), il n’est pas difficile de deviner leur objectif. Il en est de même pour les rédacteurs de Wikipedia, les néo-droitiers d’Éléments ou certains intellectuels pseudo-« radicaux » comme Franco Milanesi* ; ils prétendent que Niekisch aurait seulement fait preuve d’un « antisémitisme spirituel[ii] » ou « spiritualiste » (censé être non létal, donc) ou qu’il serait politiquement « inclassable »[iii] : « Classer Ernst Niekisch politiquement relève de la gageure. […] De surcroît, il est difficile de classer “à droite” un homme qui a, toute sa vie, milité dans des mouvements politiques de gauche, a été membre du Parti communiste, n’a jamais vu le communisme comme l’ennemi à abattre, a contribué à la constitution de la RDA et a été membre du SED. Comme la plupart des membres de la “révolution conservatrice”, Ernst Niekisch est inclassable selon la grille “gauche-droite[iv]” » [wikipedia.org].
Selon un essayiste « libéral-démocrate », l’influence de Niekisch en Allemagne (et en Russie !) n’a toujours pas disparu : « Pour Björn Höcke* et d’autres figures de l’aile gauche de l’AfD*, jusqu’au Mouvement identitaire d’Allemagne* [Identitäre Bewegung Deutschlands] d’extrême droite, nombre de ses thèses font partie intégrante du canon de leur démagogie politique. […] À l’inverse, une petite partie de la génération de 1968, initialement de gauche, s’est souvent inspirée de l’idéologie national-révolutionnaire d’Ernst Niekisch. [Ces ex-gauchistes] le considéraient comme l’un des précurseurs des mouvements de libération nationale du tiers monde[v]. Bernd Rabehl*, proche collaborateur de Rudi Dutschke* dans les années 1970, décrivait Niekisch comme un anticapitaliste de droite sans lien avec le mouvement ouvrier. […] Alexandre Douguine*, philosophe personnel de Vladimir Poutine, invoque notamment Ernst Niekisch lorsqu’il oppose l’enlisement du monde occidental européen à la solution alternative d’une communauté eurasienne » [Templin, 2019].
A cette cohorte d’admirateurs, il faut ajouter :
– l’influent et médiatique historien de centre-gauche Sebastian Haffner, ex-membre du SDS* : « Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le véritable théoricien inébranlable de la révolution mondiale en cours n’est ni Marx ni même Lénine. C’est Niekisch » !!! [cité in Gottfried, 2012.] Ce « dernier grand-Prussien » aurait été « l’antipode le plus virulent de Hitler ». « Tandis qu’Hitler visait une contre-révolution fasciste, Niekisch souhaitait instaurer une révolution socialiste. Hitler voulait coloniser la Russie, Niekisch une alliance avec la Russie bolchevique. Hitler raisonnait en termes de race et de territoire, Niekisch en termes de classe et d’État[vi]. Hitler menait une politique capitaliste-impérialiste, tandis que Niekisch prônait un socialisme prussien ascétique. Pour toutes ces raisons, Niekisch devint un farouche opposant au national-socialisme[vii]. » Pour Haffner, les livres indigestes de Niekisch relèvent d’une « prouesse thucydidienne » (?!) ; ils se caractériseraient par « un éclat littéraire » et « une force politique explosive » et constitueraient « un trésor enfoui, gardé par une poignée d’anciens camarades et d’étudiants reconnaissants » ;
– l’avocat et politologue Jürgen Seifert, membre du SPD : selon lui, la pensée de Niekisch, ce « combattant intrépide contre la barbarie » aurait « rendu possible l’Orchestre rouge[viii] », c’est-à-dire le réseau d’espionnage antinazi au service de l’URSS [Ernst Niekisch rencontra en effet à Paris un fasciste anti-hitlérien comme Schulze-Boysen* qui appartint à l’Orchestre rouge, mais il rencontra aussi… Mussolini à la même époque. Va-t’on bientôt nous expliquer que Mussolini était un « antifasciste » ?!] ;
– Ernst Jünger, l’écrivain nationaliste philofasciste qui se retira dans un « exil intérieur » (?!) à partir de 1932 et écrivit à son ami Niekisch : « Vous avez donné au mot “résistance” le sens qu’il a aujourd’hui. Vous avez prouvé par vos actes ce dont les gens se vantent désormais en paroles, et vous avez fait preuve du courage qui faisait si souvent défaut. Voilà un exemple qui transcende toute considération politique[ix]. » Jünger assista aux funérailles de son vieux copain. Cet écrivain, qualifié de « passeur de siècle », de « collectionneur de sabliers » (!?) par un critique littéraire français, tenta, avant 1933, de rassembler toute la jeunesse et la racaille nationaliste et d’extrême droite et, après la fin de la seconde guerre mondiale, il continua tranquillement à entretenir une correspondance active avec le nazi Johann von Leers* pendant quatorze ans [Baillet, 2016] ;
– l’historien « communiste » Wolfgang Abendroth*, qui, lors de la mort de Niekisch, dans une lettre de condoléances aux proches de cet idéologue d’extrême droite, le qualifia de « maître dont nous continuerons à apprendre beaucoup à l’avenir » ;
– un cadre important du SPD et un historien, Peter Brandt*, qui tente, depuis des décennies, de le réhabiliter comme « l’une des voix dissidentes du camp socialiste et bourgeois [x] de gauche » avec l’aide d’un autre publiciste social-démocrate, Herbert Ammon*, qui invoque l’opinion favorable de Lukacs sans avancer la moindre citation à l’appui de sa thèse[xi] ;
– la Kultur Stiftung der deutschen Vertriebenen* (la Fondation culturelle des expulsés allemands) pour qui Niekisch aurait été « l’un des révolutionnaires et penseurs politiques les plus remarquables d’Allemagne[xii] » ;
– la très officielle Bundeszentrale füt politisch Bildung (Agence pour l’éducation politique), qui, dans une publication consacrée à la Résistance allemande entre 1933 et 1944 (Informationen zur politischen Bildung n° 234, 2e trimestre, 1994), le présentait encore comme un grand « résistant », tout comme le Centre du Mémorial de la Résistance allemande[xiii].
Etc., etc.
Dans la mesure où les écrits de Niekisch sont étroitement liés à ses activités politiques, ainsi qu’à de nombreux bouleversements qui ont affecté l’Allemagne, la description des principales étapes de sa vie politique permettra de mieux éclairer les éléments de son idéologie mortifère.
Deux portraits utiles
Si l’on veut démystifier la légende du Niekisch « antifasciste », il faut d’abord évoquer son passage dans la social-démocratie (durant onze ans, et la plupart du temps dans les tendances les plus droitières) qui lui servira de passeport et de couverture politique durant le reste de sa vie, et qui sera même utilisé par ses fans « de gauche » après sa mort !
Commençons par deux portraits synthétiques, le premier rédigé par une militante communiste allemande, le second par un politologue français :
« Étonnante carrière que celle d’Ernst Niekisch. Né en 1889, instituteur à Augsbourg, il adhère au parti social-démocrate [le SPD] en 1917. Subissant l’influence de la révolution russe, il se fait partisan de mesures révolutionnaires en Bavière. En novembre 1918, il est membre du Conseil des ouvriers et soldats d’Augsbourg, organisme qu’il préside après la mort de Kurt Eisner*. Il désapprouve la proclamation de la première République des conseils. Après l’échec de la révolution bavaroise, il est néanmoins condamné à deux ans de prison. Membre alors du Parti socialiste indépendant [l’USPD], il réintègre le Parti social-démocrate [le SPD] par suite de la réunification des deux partis socialistes en 1923. Au moment de l’occupation de la Ruhr par les troupes françaises, en cette même année 1923, il évolue vers un certain type de nationalisme : d’abord un nationalisme “prolétarien”, puis un néonationalisme ou “national-bolchevisme[xiv]” à partir de 1928, dans l’orbite des frères Jünger*. Très actif auprès des milieux intellectuels et paysans antirationalistes, néoromantiques, fanatiques de la “germanité”. Pour lui, le bolchevisme russe n’était guère autre chose qu’un “nationalisme”, et quand il se réclame d’un “national-bolchevisme” il faut entendre par là qu’il prône une forme d’État soumettant l’ensemble de la vie sociale à ses instances, un “collectif militarisé”, non dans un sens de classe mais pour la régénération de l’homme allemand » [Meyer-Leviné, 1980].
Ce résumé de l’itinéraire politique de Niekisch correspond à l’interprétation de la plupart des spécialistes, même si certains néo-droitiers[xv] avancent l’hypothèse que son tournant nationaliste serait antérieur à 1923.
Stephane François résume de façon assez semblable le parcours de Niekisch avant 1945 :
« Après la Première Guerre, Niekisch découvre, dans la révolution bolchevique de 1917 une forme russe du “prussianisme” et c’est ainsi qu’il déboucha, en novembre 1931, sur le “national-bolchevisme”, une forme ultranationaliste du socialisme plongeant simultanément dans l’extrémisme völkisch* et dans le pessimisme culturel le plus noir, rejetant toutes dimensions occidentales de la société allemande : libéralisme et démocratie, capitalisme et marxisme, bourgeoisie et prolétariat, mais aussi bien christianisme et humanisme. D’ailleurs, les groupuscules nationaux-bolchevistes se déclarèrent prêts à marcher avec les communistes et la Russie soviétique, afin de liquider l’ordre “occidental” et le traité de Versailles en se servant du communisme comme d’un bélier, étant bien entendu que les valeurs d’autorité et de nationalité l’emporteront un jour sur le marxisme, en Russie comme en Allemagne. La plupart des nationaux-bolchevistes des années trente, stimulés par un nationalisme radical, s’efforcent de concrétiser et renforcer leur position, en combinant les deux totalitarismes modernes : le totalitarisme politique, “découvert” par Ernst Jünger et quelques autres, et le totalitarisme économique de la Russie du Plan. Le national-bolchevisme peut donc être considéré comme un totalitarisme achevé ou comme une sorte de paroxysme de la version la plus “moderne” de la “révolution conservatrice”. Tout en se convertissant à l’irrationalisme, Niekisch portait à l’absolu les grandes valeurs de l’extrême droite du temps : la Nation, l’État et le Peuple » [S. François, 2005].
Ces deux descriptions ayant un contenu très dense, il me faut reprendre plus en détail les éléments historiques et idéologiques de ces deux résumés biographiques.
Un militariste… planqué[xvi]
En novembre 1918, Niekisch est élu[xvii] délégué au Conseil des soldats de la ville d’Augsbourg, puis au premier Congrès des Conseils des ouvriers et des soldats à Berlin.
Une précision s’impose : bien qu’il ait représenté les soldats, Niekisch n’a jamais connu les horreurs de la guerre, contrairement à d’autres idéologues de la « révolution conservatrice » comme Ernst et Friedrich Georg Jünger* qui firent l’expérience des tranchées ; ou Ernst von Salomon* qui s’engagea dans les corps francs contre l’Armée rouge.
Handicapé par une « affection oculaire » qui s’aggrava au fil des ans, Niekisch participa seulement à la formation des recrues à l’arrière, puis « assuma les fonctions de sergent de compagnie dans un camp de prisonniers bavarois » avant d’être « démobilisé au printemps 1917 à la demande de son service » [Domaschke, 2009].
Bref, ce fut un planqué pendant la première guerre mondiale…
Autre précision utile : même si, plus tard « l’armée deviendra un pilier de sa théorie » et qu’il « glorifiera le sacrifice du soldat pour la patrie », il « resta d’abord insensible à la ferveur guerrière générale de 1914 » [Gottfried, 2012]. En effet, « il trouvait tout ce qui touchait au militaire plutôt répugnant et se réjouissait qu’une mauvaise vue lui ait permis de n’être engagé que brièvement dans l’armée. Contrairement à nombre de ses contemporains, Niekisch ne fut pas emporté par la ferveur patriotique de la guerre. Son profond respect pour les vertus militaires était imprégné de l’éthique du devoir prussienne et n’avait rien à voir avec la glorification esthétique de la guerre prônée par le jeune Ernst Jünger » dont il devint l’ami par la suite [Templin, 2019].
Reprenons notre récit.
Le 27 janvier 1919, Niekisch entre au Conseil central révolutionnaire de Bavière à Munich et en devient le président, moins d’un mois plus tard, le 21 février 1919, « après l’assassinat du ministre-président Eisner*. Il concentre alors tout le pouvoir exécutif entre ses mains. À l’instigation du nouveau ministre-président Hoffmann* [social-démocrate qui dirige le Parlement officiel du Land de Bavière, parallèle au Conseil !], il conserve ce poste, même lorsque se dessinent des efforts visant à former une république des conseils » [Zwer, 2015].
A partir de cette date, les interprétations divergent. Niekisch aurait été un chaud partisan de la dictature des soviets [Zwer, 2015] ; le tenant d’une « politique réactionnaire et nationaliste » [Breitenberger, 2014] ; ou encore un indécis, « dépassé par ses fonctions » [Gottfried, 2012].
Commençons par l’interprétation la plus favorable, même si elle provient d’une universitaire qui aborde ce sujet seulement en passant[xviii] : « En tant que président du Conseil central révolutionnaire, [Niekisch] fait publier une proclamation adressée au peuple bavarois, dans laquelle est déclarée la dictature du prolétariat et annoncée la prise du pouvoir public par les conseils d’ouvriers et de soldats, la dissolution du Landtag [Parlement régional] et le remplacement des ministres par des délégués du peuple. De plus, le 7 avril 1919, il ordonne aux autorités administratives bavaroises d’annoncer et de célébrer la proclamation de la République des conseils » [Zwer, 2015].
La situation en Bavière est très compliquée car cette région connaît quatre « révolutions » en six mois. Sur le plan politique, elle est à la fois en avance (et décalée) par rapport aux autres régions de l’Allemagne : « Après la première révolution du 7 novembre 1918 sous Eissner (avec l’Arbeiterrat [le Conseil des travailleurs]) se produit une deuxième révolution le 21 février 1919 sous Niekisch (avec le Zentralrat [le Conseil central]) ». En effet, « Eisner est assassiné le 21 février 1919 et un groupe autour d’Ernst Niekisch profite de l’émoi provoqué dans la population par cet acte, ainsi que de la vacance du pouvoir, pour déclarer le gouvernement du Zentralrat. Cependant le SPD Johannes Hoffmann* reçoit les pleins pouvoirs du Landtag [Parlement régional] le 17 mars 1919, semant la confusion sur la véritable autorité de ce Conseil central […]. La troisième révolution (la fameuse “République des Conseils”) est en fait l’œuvre de deux putschs successifs : la première “République des Conseils” dissidente du 7 avril 1919, œuvre d’intellectuels de gauche socialistes, communistes et anarchistes (Ernst Niekisch, Ernst Toller*, Gustav Landauer*, Erich Mühsam*) sera elle-même renversée au bout de six jours par une deuxième “République” bolchevique (Eugen Leviné* et Max Levien*) [le 14 avril 1919], qui sera elle-même écrasée dans le sang par les troupes gouvernementales » le 3 mai 1919, moins d’un mois plus tard [Zwer, 2015].
Une personnalité « de gauche » très… « ambiguë »
Récapitulons ce que nous venons d’apprendre : Niekisch eut un rôle politique important entre novembre et avril 1919 et participa à un mouvement révolutionnaire durant six mois. Et il le fit à son corps défendant, en tentant de négocier à la fois avec l’armée et avec le gouvernement officiel social-démocrate de son Land, en plaidant « pour une résolution pacifique du soulèvement et une amnistie pour tous les militants des conseils » [Gottfried, 2012]. A l’époque, il n’est ni « dégoûté par la lâcheté des sociaux-démocrates », comme le prétend un site néofasciste, ni partisan d’une révolution socialiste immédiate, comme le croient ses admirateurs de gauche et d’extrême gauche – mal informés ou malhonnêtes.
En effet lors du Congrès national des Conseils des ouvriers et des soldats qui se tint à Berlin du 16 au 21 décembre 1918, Niekisch « s’opposa au Spartakusbund [créé en 1914 par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg qui fondèrent ensuite le KPD, Y.C.] et à sa revendication d’un pouvoir absolu pour les conseils. Il plaida pour la tenue d’élections à l’Assemblée nationale constituante dans les plus brefs délais » [Gottfried, 2012]. Lorsqu’il « fut nommé président des Conseils ouvriers et soldats » à Munich, en Bavière, « Niekisch souhaita que ces conseils obtiennent un statut constitutionnellement garanti, tout en étant favorable au parlementarisme et opposé à la poursuite de la révolution. Cette position ambiguë caractérisa l’ensemble de son action au sein des conseils » [Gottfried, 2012].
Mais cette « ambiguïté » n’était-elle pas (et n’est-elle pas toujours, aujourd’hui ?), celle des réformistes qui emploient un langage « radical » pour mieux canaliser les mouvements sociaux ?
En effet, « les Conseils, à la tête desquels les Volksbeauftragten [les commissaires du peuple] SPD et USPD se disputaient les prérogatives, se concevaient comme les garants de l’ordre établi avec une transition douce vers le socialisme et cherchaient à mettre rapidement en place des Landräte [Parlements régionaux] provisoires et les élections […] qui devaient instituer les ministères régionaux en accord avec les partis conservateurs » [Zwer, 2015].
Niekisch ne pensait pas que la Bavière fut mûre pour la « révolution[xix] » – et il n’était d’ailleurs pas le seul, au sein de la social-démocratie allemande. « Niekisch, que l’on pourrait plutôt classer dans la tendance modérée du SPD, proche de la ligne de Kurt Eisner, ne parvenait ni à s’enthousiasmer pour le nouveau Conseil des délégués du peuple, composé principalement d’intellectuels et de personnes politiquement inexpérimentées, ni à adhérer aux revendications plus radicales des communistes. Niekisch démissionne de la présidence – Ernst Toller* lui succède – et quitte Munich après que les communistes Max Levien* et Eugen Leviné* ont pris la tête de la République des conseils le 13 avril 1919 » [Pittwald, 1996].
Pour ce fervent Prussien né en Silésie mais élevé en Bavière[xx], « la Bavière, et plus généralement, l’Allemagne du Sud » c’était « la mauvaise Allemagne » [J.P. Faye, 1972], parce qu’elle aurait été façonnée par l’influence catholique et « romaine » (cf. l’encadré ci-dessous), donc sous l’influence prétendument désagrégatrice de « l’Éternel Juif[xxi] », ou de « l’Éternel Hébreu », et aussi parce que les ouvriers y constituaient une minorité trop petite par rapport à la paysannerie.
Pourquoi Niekisch est-il obsédé par « l’Esprit romain » ?
Les diatribes obsessionnelles de Niekisch contre tout ce qui est « romain » ou « latin » visent à la fois :
– l’empire romain qui aurait sacrifié la « valeur propre » de chaque peuple conquis en imposant un droit qui aurait détruit le « droit traditionnel des peuples ». L’« Éternel Romain » aurait une ratio (un esprit) métaphysique. Le droit romain serait ainsi devenu « l’un des instruments les plus lourds de conséquences de l’impérialisme juif » ; il « arracha le paysan à sa terre, le “mobilisa” et fit de lui, de cette manière, le jouet impuissant de la rationalité économique juive » et du « Juif Éternel » [Die dritte imperiale Figur, 1935] ;
– l’influence néfaste du Saint-Empire romain germanique pendant des siècles ;
– mais aussi les différents papes, archevêques et évêques qui ont pressuré les paysans allemands et empêché que se concrétise l’unité nationale de « l’espace germanique ».
« C’est dans les deux concepts clés d’“Occident” ou, par extension, de “Rome” que Niekisch concentre tout ce contre quoi il estime devoir “résister”. Niekisch considère l’Occident, et avec lui Charlemagne, “comme une malédiction allemande”. Celui-ci aurait détruit “l’épanouissement d’une existence politique autonome et primitive de l’espace allemand” (en bref : l’“idée germanique de domination”), il ne l’aurait tout simplement pas laissée se développer, livrant ainsi l’Allemagne à “Rome”. C’est notamment dans le catholicisme que Niekisch voit la cause de la chute des Germains et de leur “envahissement par des étrangers”, ainsi que l’œuvre de cet “esprit” qui, “depuis 1918”, fait à nouveau rage “contre le peuple allemand” » [Pittwald, 1996].
Son ressentiment obsessionnel pousse Niekisch à attaquer l’Église :
– pour des raisons générales et multiséculaires : « De tout temps, l’Église catholique a été utilisée pour rendre inoffensifs les mouvements insurrectionnels » [« L’espace politique de la résistance allemande », 1931] ; les catholiques reconnaîtront toujours « la primauté du pape romain sur les patries individuelles », etc. ;
– mais aussi pour des plus raisons spécifiques et loufoques : l’Église serait « le soutien et la garantie de la domination que le régime de Versailles exerce sur l’Allemagne » (« A propos d’Entscheidung. Réponse à Wilhelm Stapel », 1931] ; Hitler comploterait « avec le catholicisme afin de bloquer et de détourner l’onde de choc de la révolte allemande ». Niekisch dénonce « l’affinité secrète entre le national-socialisme et le catholicisme politique » [Hitler, une fatalité allemande, 1932] et affirme même : « Celui qui est déjà national-socialiste deviendra catholique plus tard » [idem] !
La position très modérée adoptée par Niekisch durant les événements révolutionnaires de 1919 [Gottfried, 2012] est évidemment approuvée par l’un de ses fans néo-droitiers : « Il fut le seul membre du Comité central à voter contre la proclamation de la première République soviétique en Bavière ; il estimait que, en raison de son caractère agraire, la Bavière était la province allemande la moins appropriée à cette expérience » [Cuadrado Costa*, 2010]. Et ce disciple du néofasciste Jean Thiriart* ajoute aussitôt : « Malgré cela, lors de l’entrée des Freikorps* [corps francs] à Munich, Niekisch fut arrêté le 5 mai ». Comme si les milices paramilitaires qui assassinèrent Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, et firent la chasse aux communistes dans toute l’Allemagne, auraient dû dès 1919 reconnaître en Niekisch un ami ! Un bel aveu de convergences entre un « socialiste » comme Niekisch et des tueurs de militants révolutionnaires !
Après l’écrasement de la révolution des conseils de Bavière en avril 1919, Niekisch est arrêté à Augsburg le 5 mai 1919 et condamné pour « complicité de haute trahison » à deux ans de forteresse. A sa sortie de prison, il ne peut plus travailler comme instituteur parce que, « à l’issue d’une procédure disciplinaire, il fut démis de ses fonctions dans l’enseignement » en raison de sa condamnation [Domaschke, 2009].
En mars 1920, il est élu député du Parlement de Bavière (Landtag) alors qu’il est encore en détention mais il n’est libéré qu’en août 1921. Son mandat ne dure guère puisqu’il démissionne en mars 1923, pour aller travailler comme organisateur au siège du syndicat des ouvriers du textile à Berlin. Ses admirateurs néofascistes actuels prétendent qu’il aurait renoncé à une brillante carrière, tandis que d’autres affirment que les corps francs de Bavière voulaient le tuer et qu’il jugea donc plus prudent d’aller respirer l’air pur de la capitale.
La biographie sinueuse de Niekisch se prête à toutes les interprétations….
En désaccord avec la direction du SPD, Niekisch affirme que libération sociale et libération nationale sont indissociables. Cette position n’est pas nouvelle pour lui, puisqu’il la dépend déjà depuis plusieurs années au sein de la social-démocratie, même s’il la précise au fil des années : « Le fait que la tâche la plus urgente de la politique allemande soit la révision du Traité de Versailles détermine fondamentalement le comportement politique de Niekisch après 1919 » [Pittwald, 1996]. Niekisch veut que son parti s’oppose radicalement à l’occupation militaire de la Ruhr, d’autant plus que cette occupation se renforce à partir de janvier 1923, avec l’intervention des troupes franco-belges, parce que la république de Weimar n’arrive pas à payer les réparations exorbitantes prévues au traité de Versailles.
A la même époque, Niekisch entre en contact « avec le Hofgeismarkreis der Jungsozialisten (Cercle des Jeunes socialistes de Hofgeismar), fondé en 1923 ».
Quels sont les principaux centres d’intérêt de ces jeunes sociaux-démocrates ?
Le « nationalisme, le militarisme, la pensée völkisch et la mise en avant d’une culture particulière » [Pittwald, 1996]. En 1924, Niekisch « devient le rédacteur en chef de la revue Der Firn. Sozialistische Rundschau, qui s’adresse principalement aux Jeunes socialistes ». Plusieurs intellectuels font partie de ce cercle comme Herman Heller* et Arthur Zickler « dont les conceptions de la nation s’inspirent de l’exigence formulée par Oswald Spengler d’une “symbiose entre la Prusse et le socialisme”. Le mélange de protestantisme, de glorification de l’État prussien et d’une interprétation spécifiquement du socialisme est résumé par Zickler sous le terme de “Potsdam”. L’“idée de Potsdam” deviendra peu après un élément fondamental de l’idéologie nationale-révolutionnaire de Niekisch » [Pittwald, 1996].
Nous retrouvons ici l’un des traits caractéristiques de la personnalité de Niekisch : sa capacité à picorer des idées ou des concepts chez les autres, sans le plus souvent l’admettre ouvertement, et à se les approprier, quitte à en transformer le contenu.
Au sein du Hofgeismarkreis, Niekisch « trouve un terrain d’action politique qui correspond largement à sa conception de la politique : distance par rapport à la lutte des classes et au marxisme, voire leur dépassement ; conception romantique du socialisme ; mise en avant de la nation et de la “communauté populaire” [Volksgemeinschaft] ; promotion d’un “État populaire” [Volkstaat] grand-allemand ; révision des résultats de la guerre et de tous les traités qui y sont liés, ainsi que développement d’une politique étrangère » défendant résolument les intérêts de sa patrie. « Avec Niekisch, le Hofgeismarkreis gagne un intellectuel nationaliste qui adhère avec enthousiasme aux principes idéologiques existants du cercle, les approfondit et les développe » [Pittwald, 1996].
A suivre…..
[i] Dans un ouvrage consacré aux relations entre certains groupuscules néofascistes italiens et, de l’autre, les dirigeants égyptiens, syriens, irakiens, les mouvements de libération nationale (Fatah, FLN, FPLP, etc.) et les associations de solidarité avec la Palestine, l’auteur récuse, avec indignation, les concepts de fascisme et de néofascisme. Il préfère ranger ses amis dans la catégorie des « révolutionnaires » ou de la « Droite radicale » [Biondo, 2025], expression plus neutre que celle d’extrême droite, à ses yeux.
[ii] Les (néo)fascistes les plus malins puisent cette notion dans les élucubrations de Julius Evola*.
[iii] La première annexe de ce texte revient sur les falsifications et omissions volontaires de Wikipedia, dont les « informations » sont reprises par des sites consacrés à la Résistance française (polejeanmoulin.com) ou allemande. Quant aux partisans de la prétendue « révolution conservatrice », Wikipedia ignore que leurs théoriciens ont ouvert la voie aux nazis dans le champ intellectuel, et que beaucoup d’entre eux les ont activement soutenus après 1933. Ou alors qu’ils se sont « réfugiés » (= planqués) dans ce qu’ils ont osé appeler un… « exil intérieur ». Sur cette expression baroque et sur les positions politiques de Jünger, on pourra lire cette complaisante exégèse universitaire [Beltran-Vidal, 2009] et, en contrepoints, cette analyse [Weisbrod et Ingrao, 1998] nettement plus incisive.
[iv] La prétendue « inclassabilité » de Niekisch est invoquée par tous les auteurs néofascistes ou néo-droitiers actuels, et elle correspond à une tentative beaucoup plus large de réhabiliter la « révolution conservatrice » depuis une trentaine d’années en Allemagne, et ailleurs.
[v] C’est aussi le cas de militants et d’auteurs néo-droitiers et/ou néofascistes européens comme Bagozzi*, Baillet*, Bouchet*, Cuadrado Costa, Kaiser*, Lorente*, Schwab*, Siniscalco* et Virga* (cf. Glossaire et bibliographie).
[vi] Haffner joue sur le mot « classe » et « gauchise » la « pensée » philofasciste de Niekisch.
[vii] https://storydigger.de/margots-geschichte/. Ce passage est aussi cité par le préfacier des mémoires de Niekisch pour tenter de le distinguer artificiellement d’Hitler et des nazis.
[viii] Un blog qui reproduit les écrits de Luc Michel (1958-2025), un néofasciste et panafricaniste ( ?!) belge, affirme même que les nationaux-révolutionnaires étaient « à la direction » de l’Orchestre rouge !
[ix] Selon la quatrième de couverture de l’autobiographie de Niekisch publiée par Antaios. Cette maison d’extrême droite a traduit Renaud Camus, Alain de Benoist, Jean Raspail, Richard Millet et Laurent Obertone, bref la « crème » de l’intelligentsia raciste et fasciste française.
[x] Bürgerlich peut se traduire par « bourgeois », mais aussi par « petit-bourgeois ».
[xi] Je n’ai trouvé que deux allusions de Lukacs à Niekisch dans ses écrits sur le fascisme. La première dans un texte de 1933 : « Le nationaliste allemand Ernst Niekisch ne s’est lui-aussi rendu compte que très tard que [ceux] qui se considéraient comme des nationalistes convaincus, comme des ennemis impitoyables de l’Entente ont objectivement, avec la défaite des soulèvements ouvriers en Allemagne, pris soin des affaires de l’impérialisme de l’Entente. » La seconde dans un texte écrit en 1940 : « […] il y a même des rebelles honnêtes, confus, de ces gens qui plus tard sont tombés victimes de leur opposition au fascisme dominant (Niekisch et le “cercle de Résistance”) » (https://amisgeorglukacs.org/georg-lukacs-en-critique-de-l-ideologie-fasciste.html). A moins que Lukacs, intellectuel philostalinien, ait écrit d’autres textes sur Niekisch, ces deux réflexions sont à la fois ridicules et anecdotiques.
[xii] https://kulturstiftung.org/biographien/niekisch-ernst-2
[xiv] La plupart des historiens allemands (mais aussi des néofascistes actuels, pour des raisons radicalement différentes), préfèrent qualifier de Niekisch de « national-révolutionnaire » et non de « national-bolchevik », cette dernière étiquette étant réservée à ceux qui assumèrent ouvertement leur enthousiasme pour le bolchevisme, comme K.O. Paetel*.
[xv] Selon certains néofascistes, Niekisch aurait pris conscience de l’importance de la question nationale en prison, donc en 1919 [Cuadrado Costa*, 1989], voire il aurait accordé un rôle déterminant à l’État-nation encore plus tôt : « Dès 1918, avant même la fin de la Première Guerre mondiale, Niekisch, dans son article “Le peuple allemand et son État”, affirmait que “le destin de l’État est le destin du peuple” » [Schwab*, 1992]. La citation est confirmée par un historien qui semble plutôt de gauche [Pittwald, 1996] : les objectifs de l’« État populaire » (völkisch Staat), écrivit Niekisch, « […] aussi loin qu’ils puissent s’étendre, deviennent des objectifs poursuivis de manière immédiate et vigoureuse par les individus qui se sentent liés par le sang et qui perçoivent leur État comme la forme naturelle et nécessaire de leur communauté de destin » [« Das deutsche Volk und sein Staat », in : Der Unsichtbare Tempel. Monatsschrift zur Sammlung der Geister (1918), pp. 38-43].
[xvi] Rappelons que 2 millions de soldats et 426 000 civils allemands moururent pendant la première guerre mondiale. Les idéologues nationalistes sont passés maîtres dans l’art de mobiliser les prolétaires sous les drapeaux tout en évitant de mourir eux-mêmes pour leurs idées militaristes et guerrières. Le salut par le « sacrifice du sang », c’est très bien, mais pour les autres…
[xvii] Un néo-droitier enthousiaste va même jusqu’à écrire que Niekisch aurait fondé « le Conseil des ouvriers et des soldats d’Augsbourg, dont il devint président » [Mudry*, 1985].
[xviii] La thèse de Zwer ne porte pas sur Niekisch mais sur l’économiste et philosophe austro-marxiste* Otto Neurath qui se trouvait également à Munich en 1919. Nommé président de l’Office central de l’économie par la République des conseils, il fut condamné à 18 mois en prison pour « complicité de haute trahison » et « bolchevisme » – idéologie dont il était fort éloigné.
[xix] Ce terme abonde dans les écrits de Niekisch, à toutes les périodes, comme chez les fascistes et les néofascistes au XXe et au XXIe siècles. Il ne faut jamais oublier que les « révolutionnaires de droite » sont farouchement hostiles à l’égalité entre les habitants d’un même pays comme à l’égalité entre les peuples, puisque les inégalités sociales seraient « naturelles » et éternelles ; de plus, ils sont hostiles à la liberté et à l’internationalisme (cf. Hamit Bozarslan, Les révolutions de droite XIXe-XXe siècle, Passés Composés, 2026).
[xx] Selon plusieurs auteurs, Niekisch, durant son enfance et son adolescence, aurait été en butte à des moqueries en raison de ses origines non bavaroises, mais aussi pour des raisons sociales – il souhaitait faire des études, alors qu’il était le fils d’un simple artisan. Sa famille déménagea « en Bavière, lorsqu’il avait deux ans. Il y resta toujours un étranger et finit par s’identifier à l’image hostile que les Bavarois se faisaient des Prussiens ». Il s’identifia à la « prussianité » qui, pour lui, « représentait une sorte d’élite de caractère, incarnation de la raison d’État et du protestantisme – chez Niekisch, un protestantisme culturel sans Dieu » [Springer, 2023]. Et un politologue néofasciste de préciser : « Niekisch a été socialisé en Bavière, sans pour autant s’imprégner de la conscience particulière locale ; dans son esprit, il est resté tourné vers l’Est et attaché à l’idée de l’État : son point d’ancrage était la perfection formelle de l’État en tant qu’instance absolument souveraine du pouvoir et de son exercice » [Kaiser*, 2024].
[xxi] L’expression Die ewige Jude (« l’Éternel juif » ou « le Juif Éternel ») a aussi été traduite « Le péril juif ». C’est le titre que porte l’ignoble film de propagande nazie dirigé par Fritz Hippler en 1940 et supervisé par Goebbels. Ewig signifie à la fois impérissable, éternel, au sens spirituel, mais aussi interminable au sens d’une nuisance permanente…
*****
SOMMAIRE
Introduction
Préambule
https://npnf.eu/spip.php?article1302
Une pluralité suspecte d’admirateurs
Deux portraits utiles
Un militariste…planqué
Une personnalité « de gauche » très « ambiguë »
Pourquoi Niekisch est-il obsédé par « l’Esprit romain » ?
https://npnf.eu/spip.php?article1303
Un long voyage dans l’extrême droite nationaliste et philofasciste
Le moins sophistiqué des idéologues nationalistes
Fin théoricien ou infatigable girouette ?
https://npnf.eu/spip.php?article1304
Un festival de contradictions
Un idéologue fasciste qui n’a jamais rien compris à Hitler
Pour une nouvelle guerre mondiale
Des critiques superficielles de Hitler
« Figure », « Figure impériale » et « Figure du Travailleur »
https://npnf.eu/spip.php?article1305
Die dritte imperiale Figur
Lénine, Staline et le « bolchevisme « selon Niekisch
Un « anticapitalisme » de pacotille
Völkisch et étatiste
Un antisémite enragé
https://npnf.eu/spip.php?article1306
Attaques personnelles contre Hitler et « arguments » antisémites biologiques
Du fascisme au stalinisme et retour sous un masque prétendument « de gauche »
Quand un blog de gauche embellit les actions et la pensée de Niekisch
La « vision de la misère » allemande : de Goethe à Niekisch
La France et le Saint Empire romain germanique
https://npnf.eu/spip.php?article1307
De la chute du régime nazi à la guerre de Corée
https://npnf.eu/spip.php?article1308
Qui furent les authentiques « résistants » dans l’Allemagne nazie ?
Deux visions opposées de la « résistance »
Les efforts de Drexel
Le jugement secret du « tribunal populaire » de 1939
Une légende solidement fabriquée à l’Est
Postérités multiples, réelles et imaginées
Happy end pour un facho ?
https://npnf.eu/spip.php?article1309
Annexe 1 : Falsifications et omissions de Wikipedia
Annexe 2 : La rencontre de Niekisch avec Mussolini
https://npnf.eu/spip.php?article1310
Glossaire
Sources