Socialisme, national-socialisme et « révolution conservatrice »
Pour ce qui concerne les intellectuels de la « révolution conservatrice », cette thèse est absurde, même pour un élément marginal comme Niekiesch qui tenta une synthèse entre le nazisme, la « révolution conservatrice » et un marxisme à la sauce lénino-stalinienne.
Tout d’abord, « […]l’appropriation et la réinterprétation des termes pour affaiblir les adversaires politiques constituent une méthode traditionnelle de l’extrême droite. Dès 1923, Arthur Moeller van den Bruck*, figure influente de l’extrême droite sous la République de Weimar, s’efforçait, dans son ouvrage majeur Le Troisième Reich , de redéfinir des termes politiques tels que “révolutionnaire”, “socialiste” et “libéral”, les privant ainsi de leur pouvoir de contestation. Les nazis, quant à eux, comme nous le savons, n’ont jamais eu l’intention de se revendiquer de gauche en utilisant la couleur rouge et le terme “socialisme” dans leur nom. Par ces appropriations conceptuelles et symboliques, ils visaient à provoquer la gauche, à saper son idéologie et à s’emparer de sa base électorale » [Schneider, 2025].
Au-delà de cette stratégie assez grossière, on peut ajouter, comme l’expliquait d’ailleurs Bernd Rabehl*, avant de passer à… l’extrême droite, que « Le mythe du Reich, l’antisémitisme, la vision völkisch [ethnoraciale] de l’identité allemande, l’antilibéralisme, l’antisocialisme et l’antiparlementarisme forment un tout. Ils font partie intégrante d’un mythe de la révolution de droite qui exploite les défaites du mouvement ouvrier, de la république et les conséquences d’un bouleversement social comme une crise culturelle et économique. […] Déjà chez Spengler*, Moeller van den Bruck* et Freyer*, l’authenticité du Peuple était opposée à l’étranger, aux Lumières, au libéralisme, au marxisme, au bolchevisme, au socialisme » [cité in Jander et Maischein, 1999]. On est donc très loin d’une convergence entre les penseurs de la « révolution conservatrice », d’un côté, et, de l’autre, le socialisme ou le communisme….
Quant aux prétendues convergences entre les nazis et les communistes, parce qu’ils partageraient tous la même appétence pour le « socialisme », l’argument ne tient pas debout.
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Allemagne (1). Passeurs et transfuges vers l’extrême droite
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Allemagne (2). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
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Allemagne (3). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
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Allemagne (4). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
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Allemagne (7). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
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Comités de lutte (Kampf Komitees) et Comités antifascistes (Antifa-Ausschüsse) en Allemagne (1945-1948)
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Chronologie pour comprendre la nébuleuse antideutsch en Allemagne
https://npnf.eu/spip.php?article1274
Annexe 1 – La naissance du maoïsme en Allemagne : un vrai roman policier !
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SOMMAIRE PROVISOIRE du livre à paraître en fin d’année
INTRODUCTION 3
Un passé traumatique pour la gauche 5
Sur les « groupes intermédiaires de gauche » 7
Un anticommunisme d’État 8
Des « anti-autoritaires » aux « K-Gruppen » : quelques hypothèses 10
Völkisch contre Antideutsch : un faux débat ? 13
Quelques particularités nationales 15
« Extrémisme » ou « Radicalisme » ? 17
• Première passerelle potentielle : l’antisémitisme 18
« Petits enfants de nazis » ou de « résistants » ? 23
• Deuxième passerelle potentielle : l’anti-américanisme 25
Anti-américanisme et « haine de l’Occident » 26
• Troisième passerelle potentielle : l’antiparlementarisme 26
Qu’est-ce que le « Querfront » ? 27
Socialisme, national-socialisme et Révolution conservatrice 29
Passerelles… involontaires ? 30
INTERMEDE : L’enfer est pavé de bonnes intentions (florilège) 35
PREMIERE PARTIE
Quelques points de repère chronologiques (1944-2003) 37
Prémices politiques et intellectuelles 39
Comités de lutte et Comités antifascistes 39
Guerre des 6 jours : rupture ou continuité de l’antisionisme 48
Soixante-septards ou soixante-huitards ? 51
Un tournant dans les groupes autonomes 56
Un groupe antideutsch avant la lettre ? 56
1981-1986 : montée du pacifisme et premières discussions sur l’antisionisme et l’antisémitisme de gauche 57
1989 : Diffusion massive de l’étiquette (ou de l’insulte) antideutsch 61
1991 : Le choc de la première guerre du Golfe 63
1991-1995 : début des guerres de Yougoslavie 64
Soutien aux bombardements alliés de Dresde 65
Bombardements alliés et attitudes victimaires allemandes 66
Controverse autour du livre de Daniel Goldhagen 67
1999 : Soutien à Milosevic 69
2000 : L’antisémitisme des « autres » : une inflexion léthale vers le racisme antimusulmans 70
2003 : Deuxième guerre du Golfe : antideutsch rime de plus en plus avec bellicisme 71
DEUXIEME PARTIE
Des « antinationaux » aux « antideutsch » : une évolution politique complexe 77
Des origines multiples 79
Bilan dressé par certains Antideutsch 85
Une radicalité trompeuse ? 587
Comment expliquer une telle dégénérescence politique ? 93
TROISIEME PARTIE
Passeurs et transfuges 103
Controverses autour de Dutschke 104
« Dénazification » ? « Rééducation » ? « Colonisation » ? 107
Ambiguités et limites de Rudi Dutschke 109
La « Déclaration canonique » de 1998 111
QUATRIEME PARTIE : DES PASSEURS AUX TRANSFUGES. 21 PARCOURS INDIVIDUELS
Herbert Ammon 112
Gunther Bartsch 113
Frank Böckelmann 114
Peter Brandt 119
Jürgen Elsässer 125
Tilman P. Fichter 129
Peter Furth 131
Franz Kerkoff 131
Dieter Kunzelman 132
Rainer Langhans 141
Manfred Lauerman 142
Horst Mahler 143
Günther Maschke 149
Reinhold Oberlercher 150
Werner Olles 151
Bernd Rabehl151
Klaus Rainer Röhl 156
Reiner Rupsch 156
Peter Schütt 156
Rolf Peter Sieferle 157
Rolf Stolz 159
Annexe 1 : La naissance du maoïsme en Allemagne – un vrai roman policier ! 107
Annexe 2 : Le mouvement ouvrier allemand face à la prétendue « question juive » (de Marx à la RDA) 169
De Marx à Bernstein 169
Une communauté juive en voie d’assimilation 173
Le SPD 177
Le KPD 187
Le SED et le KPD après la Libération 198
Paul Merker 199
Le KP et la Troisième Internationale 201
Radicalisation de la politique antisémite-antisioniste 205
Annexe 3 : ISF et ça ira 207
L’ISF vu par Marcel Stoetzler 208
Annexe 4 : Le Querfront : un projet présidentiel de droite ? 210
Annexe 5 : l’AfD et le nazisme
Glossaire 213
Sources 254