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Allemagne (8) Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
Article mis en ligne le 11 mars 2026
dernière modification le 4 juillet 2026

Socialisme, national-socialisme et « révolution conservatrice »

Pour ce qui concerne les intellectuels de la « révolution conservatrice », cette thèse est absurde, même pour un élément marginal comme Niekiesch (1) qui tenta une synthèse entre le nazisme, la « révolution conservatrice » et un marxisme à la sauce lénino-stalinienne.

Tout d’abord, « [...]l’appropriation et la réinterprétation des termes pour affaiblir les adversaires politiques constituent une méthode traditionnelle de l’extrême droite. Dès 1923, Arthur Moeller van den Bruck*, figure influente de l’extrême droite sous la République de Weimar, s’efforçait, dans son ouvrage majeur Le Troisième Reich , de redéfinir des termes politiques tels que ’‘révolutionnaire“ “socialiste” et “libéral’’, les privant ainsi de leur pouvoir de contestation. Les napis, quant à eux, comme nous le savons, n’ont jamais eu l’intention de se revendiquer de gauche en utilisant la couleur rouge et le terme “socialisme ” dans leur nom. Par ces appropriations conceptuelles et symboliques, ils visaient à provoquer la gauche, à saper son idéologie et à s’emparer de sa base électorale. » [Schneider, 2025].

Au-delà de cette stratégie assez grossière, on peut ajouter, comme l’expliquait d’ailleurs Bernd Rabehl*, avant de passer à... l’extrême droite, que « Le mythe du Reich, l’antisémitisme, la vision völkisch [ethnoraciale] de l’identité allemande, l’antilibéralisme, l’antisocialisme et l’antiparlementarisme forment un tout. Ils font partie intégrante d’un mythe de la révolution de droite qui exploite les défaites du mouvement ouvrier, de la république et les conséquences d’un bouleversement social comme une crise culturelle et économique. [...] Déjà chez Spengler*, Moeller van den Bruck* et FreyeA, l’authenticité du Peuple était opposée à l’étranger, aux Lumières, au libéralisme, au marxisme, au bolchevisme, au socialisme » [cité in Jander et Maischein, 1999]. On est donc très loin d’une convergence entre les penseurs de la « révolution conservatrice », d’un côté, et, de l’autre, le socialisme ou le communisme....

Quant aux prétendues convergences entre les nazis et les communistes, parce qu’ils partageraient tous la même appétence pour le « socialisme », l’argument ne tient pas debout.

D’une part, « Malgré quelques points “de gauche” dans leur programme, les nationaux-socialistes annonçaient leur intention d’éradiquer “radicalement” le marxisme. L’un de leurs principes politiques fondamentaux était donc, outre l’antisémitisme et l’antilibéralisme, l’antimarxisme. Ils ne faisaient aucune distinction entre les partisans du KPD et ceux de la social-démocratie, entre les socialistes et les partisans des différents syndicats. » [Steinbach et Tuchel, 1994] — y compris les membres des syndicats et associations ouvrières catholiques parce que le mouvement ouvrier catholique était aussi « l’expression d’une pensée marxiste à combattre ». « Une telle différenciation aurait contredit leur conception de la politique, qui reposait sur des relations d’hostilité interne inconditionnelle : l’adversaire politique représentait un “ennemi absolu ” de leur propre mouvement » [idem].

De plus, « Les théoriciens nazis [rejetaient] toute référence aux classes sociales définies selon des critères socio-économiques. [...] Pour les idéologues du national-socialisme, les classes, dans leur approche socio-économique, n’ont pas à disparaître. Elles n’existent pas comme telles. Ce n’est pas leur existence que le national-socialisme met en cause mais leur mode de définition : une classe se définit par la sociobiologie et non par l’économie, par les caractères de son sang, non par son rôle dans la production. [...] : les hommes de la même race sont égaux par leur sang ; c’est en cette égalité que consiste le “socialisme” du national-socialisme. L’inégalité socio-économique des individus et des groupes n’est que l’apparence des choses. Leur réalité est dans leur substrat biologique. L’égalité des groupes humains par disparition conquise des classes sociales souhaitée par les marxistes, devient, chez l’idéologue nagi, constat de l’égalité des hommes d’une même race, quelle que soit leur condition socio-économique. » [Hannoun, 1997.]

Passerelles... involontaires ?

Après cette brève parenthèse sur les prétendues convergences entre socialisme, communisme, Révolution conservatrice et nazisme, revenons donc à l’analyse du Querfront par Pfahl-Traugbert [2023) que j’avais évoqué dans le post précédent [https://npnf.eu/spip.phpParticlel292].

Pour lui, dans l’histoire allemande, notamment depuis les années 1980, c’est l’extrême droite (et non l’extrême gauche) qui a tenté de bâtir ce « front transversal », que ce soit par des appels au dialogue, à des manifestations communes, à des meetings publics, à la publication de tribunes dans des revues ou des sites néonazis ou de la Nouvelle Droite.

Certes, « Les acteurs du terrorisme de droite, tels que le ‘‘groupe Hepp-KexeP ”, qui attaqua des véhicules de militaires américains en 1982, proposèrent une coopération aux groupes terroristes de gauche comme la “Fraction armée rouge*” et les “Cellules révolutionnaires*”. De telles offres furent ignorées par la RAF tandis que les “Cellules révolutionnaires” les rejetèrent résolument dans une déclaration séparée. En revanche, les “nationalistes autonomes” néonazis des années 1990 et 2000 copièrent les vêtements et les pratiques de leurs modèles d’extrême gauche. »

Évoquant des événements plus récents, le politologue Pfahl-Traugbert considère que la présence inopinée (et non désirée par la gauche ou l’extrême gauche) d’agitateurs ou d’idéologues réactionnaires dans des manifestations sur l’Ukraine (les « veillées pour la paix » à partir de 2014, et la manifestation internationale pour la paix du 25 février 2023 à laquelle appelaient à la fois la féministe Alice Schwarzer* (devenue réactionnaire) et la national-populiste Sahra Wagenknecht* et où l’on aperçut des militants de la Nouvelle Droite), relèvent de tentatives d’instrumentalisation du camp adverse, ou de copiage de slogans ou de techniques d’agitation qui avaient été efficaces pour la gauche, et non de convergences profondes, existentielles, entre extrême droite et extrême gauche. Curieusement, Pfahl-Traugbert ne mentionne pas les sommets altermondialistes et leurs ambiguïtés multiples2.

Aussi équilibrée soit-elle, l’analyse de cet universitaire rejoint ici le discours rassurant, autocomplaisant, qui domine à l’extrême gauche : celle-ci admet uniquement quelques « infiltrations », quelques « provocations », une « confusion » malveillante, la présence d’une poignée d’« illuminés », de « marginaux » ou de « gauchistes ésotériques », dans des événements isolés. Ce discours se refuse à reconnaître les étonnantes convergences que l’on peut constater au niveau du vocabulaire, des discours et des analyses. Même si ces convergences ne sont pas structurelles et systématiques, leur récurrence devrait quand même inquiéter les militants de gauche et d’extrême gauche... mais ils s’en moquent éperdument.

J’ai déjà traité ces questions dans l’« Inventaire de la confusion3 » et plusieurs articles sur l’antisionisme, l’antisémitisme, la laïcité et l’anti-impérialisme, et j’ai traduit de nombreux textes de Joao Bernardo [2017 ; 2021] qui les a abordées dans une perspective critique qui n’est pas toujours la mienne.

L’objectif de ce livre est de tenter de comprendre pourquoi un certain nombre d’intellectuels ou d’agitateurs d’extrême gauche en Allemagne sont devenus d’ardents défenseurs de positions d’extrême droite, présentées sous un habillage marxiste ou « radical », et comment ils ont réussi à établir des passerelles « intellectuelles » (fragiles certes, mais réelles) entre les deux camps.

Sur la question des passerelles gauche-droite, en Allemagne, il existe au moins quatre écoles opposées, ou en tout cas différentes :

 celle de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), du ministère de l’intérieur, de l’Agence pour la formation civique (BpP) et d’un certain nombre d’intellectuels et de journalistes pour qui extrême gauche et extrême droite font partie du même spectre « extrémiste », donc totalitaire et antidémocratique. Cette thèse est partagée aussi bien par des historiens de droite que par d’ex-militants de gauche devenus essayistes ou historiens et qui veulent nager dans le sens du courant. Elle part d’un postulat initial simple, et surtout simplet : communisme = nazisme ;

 celle d’historiens extrêmement prudents comme Seitenbecher4 : selon lui, les matériaux manquent pour reconstituer l’histoire de l’extrême gauche durant les années 1960 et suivantes. Les mémoires de militants (ou même d’enfants5 de militants) abondent mais ils ne peuvent être crus sur parole et doivent être confrontés à d’autres sources. C’est pourquoi Seitenbecher et aussi Michael Fischer ont choisi de donner la priorité aux motivations individuelles, qui ont pu pousser telle ou telle personnalité d’extrême gauche à glisser vers l’extrême droite, tout en tentant de restituer les interactions entre leur histoire familiale, le contexte social dans lequel ils ont grandi, et les différentes conjonctures politiques dans lesquelles ils ont évolué ;

 celle de militants de gauche (notamment parmi les Antideutsch mais aussi dans des membres de Die Linke) : ils pensent que, au sein même des théories marxistes ou anarchistes, il existe des lacunes qui peuvent faciliter l’établissement de ces passerelles — ma sympathie va plutôt vers cette démarche critique, tant qu’elle n’aboutit pas évidemment à abandonner la lutte pour l’émancipation ;

 et enfin les militants de gauche et d’extrême gauche qui nient totalement le problème, adoptent une posture défensive et voient dans tout questionnement une tentative du BfV, du Mossad ou de la CIA pour les discréditer.

Il ne m’est évidemment pas possible d’effectuer le travail qu’aucun historien allemand, ou qu’aucune équipe d’historiens allemands, n’a mené à bien jusqu’ici. Comme l’écrivait le rédacteur d’un mastère en science politique, « Il n ’existe à ce jour aucune étude systématique et comparative qui analyse à la fois les liens idéologiques, personnels et organisationnels des soixante-huitardspassés à droite et qui rassemble les divers contenus de la réévaluation de 1968 » [Heimich, 2008].

Ma démarche n’est pas universitaire mais militante. De plus, elle est menée par quelqu’un qui ne vit pas en Allemagne et ne maîtrise pas suffisamment la langue de ce pays pour comprendre toutes les nuances de cette culture (toutes les traductions citées dans ce livre ont été à l’aide d’un logiciel, certes payant mais pas fiable à 100%). Mon objectif est plutôt de poser des questions que d’y répondre. Pour répondre à une très vieille interrogation (« Que sont mes amis devenus ? ») j’ai utilisé des exemples pris dans un autre pays pour mieux approfondir certains problèmes qui me tiennent à cœur.

Que cela plaise ou pas aux organisations et militants « gauchistes », que cela fasse partie intégrante de leur projet politique ou pas, que les convergences soient conscientes ou inconscientes, involontaires ou délibérées, m’importe peu. Je souhaite seulement vérifier si ces stratégies, même minoritaires, d’un certain nombre d’ex-« gauchistes » médiatiques et médiatisés ont un impact — et à mon humble avis, elles en ont un, aussi bien en France qu’en Allemagne, en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni, cinq pays qui sont évoqués dans la série d’articles intitulée Faux « rebelles » et « marxistes » au service de l’extrême droite (https://npnf.eu/spip.php?rubriquel68) ...

En étudiant les cas français, anglais et allemand, j’ai au moins appris une chose : ces prétendues « dérives » individuelles débutent généralement de la même façon et évoluent dans une direction de plus en plus réactionnaire.

Leurs initiateurs de gauche ou d’extrême gauche commencent par expliquer que la gauche ne tient pas suffisamment compte de la question nationale ; puis ils développent alors un anti-impérialisme à sens unique (anti-américain mais généralement prorusse, favorable, hier, aux pays du tiers monde, aujourd’hui au prétendu « Sud global », etc.). Ils se mettent à tenir un discours « antitotalitaire » qui puise à la fois dans des argumentaires de droite et de gauche, tout en gardant un vocabulaire radical « antisystème ». Lorsqu’ils se radicalisent encore davantage, ils remettent en cause la présence d’un trop grand nombre (à leurs yeux) de travailleurs immigrés (extra-européens voire européens) dans leur pays en tenant un discours culturaliste (donc pas ouvertement raciste) et en vantant les mérites de leur culture nationale. Ils aiment dénoncer « les élites » et prétendent se préoccuper des conditions de vie et de travail du « peuple », voire même des ouvriers exploités par des patrons « étrangers » ou alors « woke », donc antipatriotes. Persuadés que la civilisation occidentale est menacée, minée, de l’intérieur par l’islam et va s’effondrer, ils vont jusqu’à prédire une inévitable guerre civile entre musulmans et non musulmans, facilitée par un imaginaire « grand remplacement » ; ils perdent progressivement leurs réticences face aux théories du complot diffusées par l’extrême droite et les courants populistes ; et enfin (mais ce n’est pas toujours le cas) ils développent des positions antisémites.

Ces différentes étapes ne forment évidemment pas un schéma d’évolution inéluctable. Les individus ou les groupes concernés peuvent s’arrêter à telle ou telle étape de ce parcours, en fonction de leurs choix tactiques ou stratégiques. Mais on retrouve généralement tous ces éléments, même si c’est à des doses différentes.

En dehors du contenu de leurs discours, il faut aussi ajouter un élément qui tient à la forme, à une posture qu’ils adoptent de façon systématique : ils se présentent comme de fervents partisans du « dialogue » entre tous les camps politiques, comme de fervents défenseurs de la « liberté d’expression », des adversaires du « dogmatisme » et du « sectarisme », ce qui leur ouvre des portes vers les courants intellectuels de l’extrême droite qui se prétendent, eux aussi, « pluralistes ».

Sources citées :
Bernardo, Joào (2021) L’a/itre face du racisme, Editions Ni patrie ni frontières ; en ligne https://npnf.eu/spip.php?article783 et les 4 autres articles suivants

Bernardo, Joào (2017), plusieurs articles dans Fa gauche identitaire contre la classe, Editions Ni patrie ni frontières, https://npnf.eu/IMG/pdf/la gauche identitaire contre la classe fe vner 2017-2.pdf

Dupeux, Louis (1995), « Ernst Niekisch, de la gauche au stalinisme par l’extrême droite », in Ni gauche^ ni droite, dirigé par Gilbert Merlio, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, https://doi.org/10.4000/books.msha. 19825

Hannoun, Hubert (1997), « Examen critique du naturalisme nazi », Fe nanisme, fausse éducation, véritable dressage, Presses universitaires du Septentrion, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.47696

Heimlich, Steven (2008), « Geschichtsrevisionismus als Instrument der „Neuen Rechten“ am Beispiel der 68er-Bewegung » ( Le révisionnisme historique comme instrument de la « nouvelle droite » à partir de l’exemple du mouvement de 1968), maîtrise de science politique et d’histoire), https:/ / oops.uni-oldenburg.de/362/13/heiges08.pdf

Jander, Martin et Rainer Maischein (1999), « Renationalisierung gegen westliche Demokratie Anmerkungen zu einer Rede Bernd Rabehls und ihrem Kontext » (Renationalisation contre démocratie occidentale : remarques sur un discours de Bernd Rabehl et son contexte), https:/ / archiv.labournet.de/diskussion/rechten/zurabehl.htm

Pfahl-Traughber, Armin (2023), « Gibt es eine aus Links-und Rechtsextremisten bestehende „QiterfronFI Definitionen, Erscheinungsformen, Geschichte und Relevanz » (« Existe-t-il un "front transversal" composé d’extrémistes de gauche et de droite ? Définitions, formes d’apparition, histoire et pertinence »)

1

Niekisch, Ernst (1889-1967) : instituteur d’origine ouvrière, il milite dans la social-démocratie allemande de 1917 à 1926, mais est fasciné par le rôle historique fondamental de l’Etat et par le nationalisme [Dupeux, 1995]. Ce tropisme national-étatiste permet sans doute d’expliquer son attirance pour les idées völkisch et celles de la « révolution conservatrice » après 1926 ; ses amitiés avec des intellectuels nationalistes anticommunistes (Ernst Jünger et Carl Schmitt) ; son interprétation néoromantique du national-bolchevisme au début des années 1930 ; ses tentatives ratées de créer un courant nationaliste-révolutionnaire fort qui puisse coopérer avec le KPD pour lutter contre le Traité de Versailles et contre la France pour redresser l’Allemagne ; son antijudaïsme qui prétendait se distinguer de l’antisémitisme de Hitler, etc. Arrêté par la Gestapo en 1937, il passe huit ans en prison et en ressort aveugle ; il réapparaît en 1945 en tant que membre du Parti communiste est-allemand et intellectuel au service du régime stalinien. Rappelons qu’il s’était rendu à Moscou, en 1931, avec des intellectuels du KPD et des partisans de la « révolution conservatrice » comme Hugo Fischer et Ernst Jünger, dans le cadre d’un « Groupe de travail pour l’étude de l’économie planifiée soviétique », financé par l’ambassade soviétique ; et que son ami Otto Grotewohl, ex-socialiste philostalinien, avait été nommé Premier ministre de la RD A en 1949. Il passe finalement en Allemagne de l’Ouest après la répression du soulèvement ouvrier de 1953. Il est en contact aussi bien avec des membres « gauchistes » du SDS qu’avec des groupuscules « solidaristes », partisans de la « Troisième Voie » (néofascistes ou néonazis relookés), et nationalistes -révolutionnaires. Son héritage nationaliste et rouge-brun est réclamé autant par la Nouvelle Droite1 que par des groupes fascistes européens ou américains.

2

Celles-ci ont été critiquées dans les milieux militants dès 1999 [De Fabel van de illegaal, 1998-2009 ; Y.C., 2012],

3

Cf. Ni patrie ni frontières n° 36-37 (https://npnf.eu/IMG/pdf/36-37_confusion.pdf] et aussi ma critique de la notion de « confusion » [Y.C.,2021],

4

Auteur de Mahler, Maschke and Co. Des idées de droite dans le mouvement de 68 ?, le plus important dans le titre étant le point d’interrogation final. Publié en 2013, ce livre (d’après la quatrième de couverture) décrit l’évolution de cinq personnages : Bernd Rabehl, Tilman Fichter, Horst Mahler, Reinhold Oberlercher et Günter Maschke.

5

C’est le cas de Bettina Röhl dont le livre (« C’est comme ça que le communisme est amusant ! Ulrike Meinhof, Klaus Rainer Röhl et le dossier Konkret », 2006) a suscité de nombreuses polémiques [Raehse, 2010]. Sa mère (Ulrike Meinhoff) fut membre de la RAF et se suicida en prison en 1976, tout comme trois autres de ses compagnons l’année suivante, le 18 octobre 1977 : Andreas Badder, Jan Carl Raspe et Gudrun Enslin. Ces suicides furent réalisés à l’aide de couteaux et de revolvers (armes dont la présence parut... suspecte, surtout dans une prison de haute sécurité !) et ils n’ont toujours pas été élucidés. Le père de Bettina Röhl (K.R. Röhl*) participa à la revue konkret., est désormais membre de l’aile nationaliste du parti « libéral », le FDP, et écrit notamment dans Junge Dreiheit., magazine de la Nouvelle Droite. A remarquer que plusieurs enfants de victimes (kidnappées ou tuées) de la RAF ont aussi écrit des livres qui nourrissent les débats sur les groupes terroristes de gauche comme sur toute l’extrême gauche, voire la gauche, notamment les « soixante-huitards » qui ont fait carrière chez les Verts (Joshka Fischer, Rainer Trampert, Jutta Ditfurth, Daniel Cohn-Bendit, Jürgen Trittin, Reinhard Bütikofer, Winfried Kretschmann, etc.).

VOUS POUVEZ AUSSI LIRE CET ARTICLE DANS LE PDF ci-joint

*****************

Dans la même série vous trouverez sur ce site

Allemagne (1). Passeurs et transfuges vers l’extrême droite
https://npnf.eu/spip.php?article1285

Allemagne (2). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
https://npnf.eu/spip.php?article1286

Allemagne (3). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
https://npnf.eu/spip.php?article1287

Allemagne (4). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
https://npnf.eu/spip.php?article1289

Allemagne (5). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
https://npnf.eu/spip.php?article1290

Allemagne (6). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
https://npnf.eu/spip.php?article1291

Allemagne (7). Passeurs et transfuges de gauche vers l’extrême droite
https://npnf.eu/spip.php?article1292

Comités de lutte (Kampf Komitees) et Comités antifascistes (Antifa-Ausschüsse) en Allemagne (1945-1948)
https://npnf.eu/spip.php?article1281

Chronologie pour comprendre la nébuleuse antideutsch en Allemagne
https://npnf.eu/spip.php?article1274

Annexe 1 – La naissance du maoïsme en Allemagne : un vrai roman policier !
https://npnf.eu/spip.php?article1262

SOMMAIRE PROVISOIRE du livre à paraître en fin d’année

INTRODUCTION 3

Un passé traumatique pour la gauche 5
Sur les « groupes intermédiaires de gauche » 7
Un anticommunisme d’État 8
Des « anti-autoritaires » aux « K-Gruppen » : quelques hypothèses 10
Völkisch contre Antideutsch : un faux débat ? 13
Quelques particularités nationales 15
« Extrémisme » ou « Radicalisme » ? 17
• Première passerelle potentielle : l’antisémitisme 18
« Petits enfants de nazis » ou de « résistants » ? 23
• Deuxième passerelle potentielle : l’anti-américanisme 25
Anti-américanisme et « haine de l’Occident » 26
• Troisième passerelle potentielle : l’antiparlementarisme 26
Qu’est-ce que le « Querfront » ? 27
Socialisme, national-socialisme et Révolution conservatrice 29
Passerelles… involontaires ? 30

INTERMEDE : L’enfer est pavé de bonnes intentions (florilège) 35

PREMIERE PARTIE

Quelques points de repère chronologiques (1944-2003) 37
Prémices politiques et intellectuelles 39
Comités de lutte et Comités antifascistes 39
Guerre des 6 jours : rupture ou continuité de l’antisionisme 48
Soixante-septards ou soixante-huitards ? 51
Un tournant dans les groupes autonomes 56
Un groupe antideutsch avant la lettre ? 56
1981-1986 : montée du pacifisme et premières discussions sur l’antisionisme et l’antisémitisme de gauche 57
1989 : Diffusion massive de l’étiquette (ou de l’insulte) antideutsch 61
1991 : Le choc de la première guerre du Golfe 63
1991-1995 : début des guerres de Yougoslavie 64
Soutien aux bombardements alliés de Dresde 65
Bombardements alliés et attitudes victimaires allemandes 66
Controverse autour du livre de Daniel Goldhagen 67
1999 : Soutien à Milosevic 69
2000 : L’antisémitisme des « autres » : une inflexion léthale vers le racisme antimusulmans 70
2003 : Deuxième guerre du Golfe : antideutsch rime de plus en plus avec bellicisme 71

DEUXIEME PARTIE

Des « antinationaux » aux « antideutsch » : une évolution politique complexe 77
Des origines multiples 79
Bilan dressé par certains Antideutsch 85
Une radicalité trompeuse ? 587
Comment expliquer une telle dégénérescence politique ? 93

TROISIEME PARTIE

Passeurs et transfuges 103
Controverses autour de Dutschke 104
« Dénazification » ? « Rééducation » ? « Colonisation » ? 107
Ambiguités et limites de Rudi Dutschke 109
La « Déclaration canonique » de 1998 111

QUATRIEME PARTIE : DES PASSEURS AUX TRANSFUGES. 21 PARCOURS INDIVIDUELS

Herbert Ammon 112
Gunther Bartsch 113
Frank Böckelmann 114
Peter Brandt 119
Jürgen Elsässer 125
Tilman P. Fichter 129
Peter Furth 131
Franz Kerkoff 131
Dieter Kunzelman 132
Rainer Langhans 141
Manfred Lauerman 142
Horst Mahler 143
Günther Maschke 149
Reinhold Oberlercher 150
Werner Olles 151
Bernd Rabehl151
Klaus Rainer Röhl 156
Reiner Rupsch 156
Peter Schütt 156
Rolf Peter Sieferle 157
Rolf Stolz 159

Annexe 1 : La naissance du maoïsme en Allemagne – un vrai roman policier ! 107
Annexe 2 : Le mouvement ouvrier allemand face à la prétendue « question juive » (de Marx à la RDA) 169
De Marx à Bernstein 169
Une communauté juive en voie d’assimilation 173
Le SPD 177
Le KPD 187
Le SED et le KPD après la Libération 198
Paul Merker 199
Le KP et la Troisième Internationale 201
Radicalisation de la politique antisémite-antisioniste 205
Annexe 3 : ISF et ça ira 207
L’ISF vu par Marcel Stoetzler 208
Annexe 4 : Le Querfront : un projet présidentiel de droite ? 210
Annexe 5 : l’AfD et le nazisme
Glossaire 213
Sources 254