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Ni patrie ni frontières
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Le symbole des 3 flèches dites antifascistes visait au départ aussi les communistes du KPD
Un peu de culture historique ne fait jamais de mal
Article mis en ligne le 19 février 2026
dernière modification le 20 février 2026

Le texte en pièce jointe et les illustrations proviennent du site de Parti socialiste autrichien SPO. Le fait de le reproduire n’implique évidemment aucun soutien de ma part à ce parti : l’unique intérêt de cet article est de rétablir la vérité sur l’origine d’un symbole "antifasciste" qui était au départ "anticommuniste" comme en témoigne d’ailleurs le nom de Thälmann sur l’affiche du SPD ci-jointe.... Récupérer le symbole en expliquant qu’il était aussi "antistalinien", comme j’ai pu le lire sur Internet, est une pirouette malhonnête quand on sait que les sociaux-démocrates allemands (en la personne de Gustav Noske, commissaire du peuple, membre du SPD chargé des questions militaires et donc responsable des corps francs) non seulement cautionnèrent les meurtres de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht par les corps francs mais qu’en plus ils soutinrent la répression des gouvernements de Weimar et des Länder contre le KPD.
Comme le rappelle un historien :
"D’autre part, l’« orientation gouvernementale » de la social-démocratie, à savoir son aspiration à devenir « la force dominante de la nation » en tant que parti populaire, témoignait de son identification à un État qui, depuis le début de la République de Weimar, s’était toujours opposé aux mouvements radicaux de gauche par la force. Ainsi, le KPD fut interdit au niveau du Reich du 23 novembre 1923 à mars 1924, et parfois même au-delà au niveau des Länder, et jusqu’en février 1926 en Bavière. Selon ses propres informations, plus de 7 000 membres furent arrêtés et poursuivis en justice pour participation à un complot entre 1924 et fin avril 1925. Dans 5 768 cas, des peines ont été prononcées pour un total de 969 ans de réclusion, 2 255 ans d’emprisonnement et 233 260 marks d’amende. Au vu de ces faits, l’histoire du mouvement communiste en Allemagne peut également être comprise comme une histoire de répression (1)."
Si les ouvriers communistes de base (90% des effectifs du KPD) haïssaient les sociaux-démocrates c’est aussi parce que les socialistes allemands, quand ils étaient au pouvoir localement dans les Länder, ne prenaient pas de mesures pour lutter contre le chômage et la misère qui se développaient à une vitesse galopante.
Au niveau nationale, entre 1930 et 1932, ils soutinrent le chancelier Brüning qui gouverna par décrets pendant ces deux années et baissa la part des chômeurs indemnisés de 52,9 % à 15,4 % ; diminua le traitement des fonctionnaires de 20 % et fit fondre d’autres aides sociales, tout cela pour augmenter la "compétitivité" de l’économie et pousser les chômeurs à travailler pour des salaires plus faibles.
De plus, quand des membres du SPD dirigeaient parfois la police, celle-ci réprimait violemment les manifestations et les grèves...
Il suffit pour cela de citer le cas de "Mai sanglant"
Cette expression "fait référence aux affrontements entre les manifestants communistes et la police à Berlin le 1er mai 1929. Les manifestations communistes avaient été organisées malgré une interdiction expresse ; lors de leur dispersion, la police réagit toutefois avec une grande brutalité à l’encontre des manifestants. Au cours des affrontements qui suivirent, 31 ouvriers furent tués. Comme l’interdiction avait été prononcée par le gouvernement social-démocrate de Braun-Severing et que le chef de la police berlinoise était également social-démocrate, les communistes y virent une nouvelle preuve du rôle sans équivoque de complice que jouait le SPD au service du “capital monopolistique” (2) ».

L’antifascisme a une histoire plus complexe que les antifascistes actuels le croient...

Yves Coleman, Ni patrie ni frontières, 19/2/2026

1. Hartmut Rübner : "Kommunistische Bewegung in der Weimarer
Republik und im Widerstand gegen den
Nationalsozialismus. Neuere Untersuchungen
und Forschungsschwerpunkte", article en deux parties,https://sozialgeschichte-online.org/wp-content/uploads/2023/05/ruebner_kommunismusforschung_zweiter_teil_sgo_36_vorveroeffentlichung-2.pdf

2. https://www.ifz-muenchen.de/heftarchiv/1983_1_4_dorpalen.pdf
Andreas Dorpale, "Die Rolle der SPD und der KPD in der Endphase der Weimarer Republike