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SERBIE : Un mouvement démocratique d’une rare ampleur mais incapable de sortir de son cadre politique étriqué
Article mis en ligne le 12 juin 2025

Mouvement Communiste/Kolektivně proti Kapitălu
Bulletin n°32 06 juin 2025

Nous n’avons jamais été indifférents aux luttes pour plus de liberté au sein de la société capitaliste (1). Pour autant, nous n’avons jamais manqué de souligner le danger qu’elles conduisent au renforcement de l’État, y compris lorsqu’elles rentrent en conflit avec celui-ci. « Les communistes n’appellent pas à l’établissement d’une république démocratique parce que leur objectif est la destruction de tous les États. Cependant, ces mouvements démocratiques, avec leur potentiel radical, ne doivent inspirer ni indifférence ni mépris de la part des communistes, qui apprécient certainement toute amélioration des conditions objectives favorables au développement de l’indépendance politique de la classe ouvrière (2). » C’est dans cet esprit que nous comprenons et critiquons les récentes protestations de masse en Serbie, donnant lieu aux plus grandes manifestations de l’histoire moderne de ce pays, notamment le 15 mars 2025 (3).

Préambule

L’auvent de la gare de Novi Sad, deuxième ville de Serbie, s’est effondré le 1er novembre 2024, entraînant la mort de 15 personnes. Une seizième victime a succombé à ses blessures quatre mois plus tard. Dans les jours qui ont suivi, les étudiants sont descendus dans la rue pour exiger une enquête indépendante pour identifier et juger les responsables. L’accent a immédiatement été mis par le mouvement sur la gangrène de la corruption et du népotisme qui caractérise le régime. Une grève a éclaté dans tout le système éducatif, accompagnée d’une alliance brève et hésitante entre les étudiants et les travailleurs. Comme lors des précédents mouvements en Serbie, les étudiants ont toujours été au centre des protestations et ont élaboré la plupart des revendications, la plus récente étant celle de nouvelles élections… Des étudiants, des lycéens et même des élèves de l’école primaire ont défilé dans les villes et les plus petits villages de la Serbie. Ils réclament un État qui fonctionne bien, doté d’un système judiciaire indépendant et respectueux de la constitution, de nouvelles élections législatives réellement libres et une augmentation de 20 % des fonds alloués à l’éducation.

L’illibéralisme au pouvoir

À l’exception d’un bref intermède entre 2004 et 2012, la Serbie s’est toujours opposée au libéralisme politique bourgeois, adoptant un modèle autocratique dans lequel la frontière entre l’État et le crime organisé est restée d’une grande porosité depuis l’éclatement de la Yougoslavie, en 1992. Après tout, Aleksandar Vučić est l’un des héritiers politiques de Slobodan Milošević, ayant récupéré un appareil d’État dont il connaît intimement les rouages ; un appareil qu’il a servi, en 1998, en tant que ministre de l’Information. À ce moment, Milošević était encore président de la « Yougoslavie », qui ne comprenait plus que la Serbie et le Monténégro. Dès cette époque, il a fait preuve d’un talent certain pour museler les médias ou les placer sous le contrôle de son protecteur politique.

Le Parti progressiste serbe (SNS) a été fondé à l’origine, en 2008, comme un parti de droite modérée et pro-européen, par d’anciens dirigeants du Parti radical serbe (SRS) d’extrême droite. Il s’est débarrassé du bagage idéologique des années de guerre – après la chute de Milošević en 2000, le SRS recueillait encore environ 30 % des voix – et a réduit le rôle de la politique identitaire nationaliste à une forme de conservatisme social modéré. Le SNS est ainsi devenu un parti doté d’un vernis de respectabilité, à l’instar du mouvement néo-fasciste italien Alleanza Nazionale (AN), qui a émergé après la dissolution du Movimento Sociale Italiano (MSI) en 1995.

Cependant, Vučić n’a jamais totalement renoncé à son passé, ni à l’idéologie ultranationaliste qui continue de servir d’outil à son maintien au pouvoir. Il entretient des liens avec des réseaux de criminalité organisée et avec d’anciens membres de milices paramilitaires qui ont acquis une certaine notoriété pendant les guerres des années 1990, notamment celle dirigée par son mentor politique, Vojislav Šešelj. Le président serbe est proche du « démocrate illibéral » Viktor Orbán, fervent partisan de l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne. Ce dernier voit en la Serbie un nouvel allié potentiel au sein de l’Union pouvant renforcer le bloc de pays qui se rapprochent de plus en plus d’une forme « moderne » et « démocratique » de proto-fascisme (4).

Une classe ouvrière indifférente au mouvement

Malgré l’agitation dans les rues, il n’y a pas eu de reprise perceptible des luttes des travailleurs. Les grèves dans l’éducation apparaissent comme des protestations purement « politiques », dépourvues de tout contenu revendicatif améliorant la condition matérielle des salariés du secteur. Les tentatives des organisations étudiantes d’appeler à des « grèves générales » n’ont rencontré que très peu d’écho, bien qu’un grand nombre de travailleurs aient rejoint les manifestations à titre individuel. Les tentatives de travailleurs de se joindre collectivement aux manifestations ont été rares (5). Certainement les baisses du chômage et les hausses modérées des salaires nominaux et réels à compter de 2016 intervenues depuis une dizaine d’années n’ont pas favorisé la convergence des prolétaires avec les étudiants ; l’absence de tout contenu social du mouvement estudiantin n’a guère contribué non plus à cette issue.

En 2022, le salaire brut moyen était de 880 euros par mois (103 000 dinars serbes), soit 1 532 euros à parité de pouvoir d’achat (PPA)(6). C’est 38 % de plus qu’en 2013 (en euros à PPA). Cela signifie que les salaires bruts sont à peu près les mêmes qu’en Bulgarie, en Macédoine, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine. Mais ils sont nettement plus élevés qu’au Kosovo (982 euros en PPA), et nettement moins élevés qu’en Croatie ou en Hongrie (2 073 et 1 981 respectivement). La croissance des salaires réels a été positive entre 2018 et 2021, après des tendances négatives entre 2013 et 2015. Les chiffres pour les autres pays des Balkans ne sont pas si différents (7).

La très faible croissance des salaires en 2022 n’est guère surprenante car le pouvoir d’achat des travailleurs a été sensiblement rongé par l’inflation à 15 % (8), comme la plupart des pays d’Europe.

Là encore, le rapport de la Banque mondiale fournit des données utiles. Le taux de chômage est passé de 22,5 % en 2013 à 9,4 % en 2022 avec des niveaux similaires pour les hommes et les femmes. Selon une autre source, il s’élèverait à 9,4 % en 2023 et à 8,6 % en 2024. Le chômage des jeunes âgées de 15 à 24 ans a également diminué, passant de 49,9 % en 2013 à 24,4 % en 2022. La proportion de NEET (Not in Employment, Education, or Training, pas employé, ni dans les Études, ni en formation) a également diminué au cours de la même période, passant de 20 à 13 %. Malgré cela, plus de la moitié des jeunes âgés en moyenne de 28 ans déclarent qu’ils quitteraient la Serbie s’ils en avaient l’occasion. Les raisons invoquées vont au-delà des salaires plus élevés et des difficultés économiques incluant la corruption, la criminalité et un manque général de sécurité.

Ce qui est important dans le mouvement, ce n’est pas ce qu’il dit, mais ce qu’il ne dit pas

La politique étrangère de la Serbie est en quelque sorte un numéro d’équilibriste (9). Le gouvernement de Vučić souhaite entretenir des relations amicales avec l’UE, les États-Unis, la Russie et la Chine ! Cela pourrait créer divers pièges dans lesquels un mouvement démocratique pourrait tomber. Les mouvements démocratiques ont tendance à être « pro-occidentaux », simplement parce qu’ils avancent des objectifs comme l’État de droit, que les États-Unis et les États européens ont traditionnellement prétendu soutenir. Nous l’avons vu avec le « Mouvement de Maïdan (10) » en Ukraine et, plus récemment, en celui de Géorgie. Cette tendance s’observe également à Hong Kong ou encore en Birmanie. Toutefois en Serbie il semble qu’il n’y ait pratiquement aucune trace d’une option « pro-UE » parmi les jeunes étudiants. En témoignent les manifestations de l’année dernière contre la tentative du géant minier anglo-australien Rio Tinto de démarrer l’extraction de lithium dans la vallée de Jadar (11). Les bombardements de la Serbie par l’OTAN, en 1999, restent très ancrés dans la mémoire de la population du pays. Malgré cela les jeunes étudiants serbes ne sont pas « antioccidentaux ». Ils sont juste « neutres » et méfiants. Les protestataires ne sont pas non plus antichinois. Et pourtant la catastrophe de la gare de Novi Sad est intervenue dans le cadre d’un contrat avec un consortium d’entreprises de construction chinoises (12). Et ils ne sont pas antirusses en dépit du fait que la compagnie ferroviaire d’État russe a été également impliquée (13) dans l’accident. L’absence d’animosité collective envers les populations des puissances étrangères en question est en soi un fait positif. Néanmoins, à côté de cela, le mouvement estudiantin s’est d’emblée replié sur la situation intérieure de la Serbie se montrant indifférent face aux guerres en cours et à venir. La raison évoquée ? Éviter de diviser le mouvement… En fait un gigantesque aveu de faiblesse politique.

Hormis quelques demandes pour un meilleur financement de l’enseignement supérieur, le mouvement s’est entièrement concentré sur la lutte contre la corruption au sein du gouvernement. De plus, la définition de la « corruption » s’avère très restrictive se cantonnant à la critique du népotisme dans l’attribution des appels d’offre publics. En revanche, le mouvement estudiantin s’est montré discret face, par exemple, à l’accointance entre l’exécutif et le crime organisé. Ces relations « coupables » entre l’État et le monde du crime se sont quelque peu distendues depuis l’époque du régime de Milošević, entre 1989 et 1997, lorsque la guerre et les sanctions contre la Serbie donnaient une influence énorme et l’impunité légalisée à ceux qui pouvaient utiliser des connexions criminelles à travers l’Europe. Mais la sphère du crime marchand fondé sur le trafic de drogue – cocaïne en tête – et la contrebande, organisée autour des gangs d’hooligans n’est jamais loin du pouvoir politique serbe qui s’en sert notamment pour engranger de l’argent et intimider les opposants ; manifestants compris (14). Or, le mouvement estudiantin ne semble pas non plus trop préoccupé par cette question.

Si les revendications adressées à l’État manquent d’envergure, les conditions d’adhésion au mouvement ne le sont pas non plus :
• Soyez pacifiques !
• Tout le monde aux assemblées (15) !

Les assemblées peuvent devenir des outils importants d’organisation de luttes autonomes du prolétariat à la condition de ne pas transformer cette forme d’organisation en fétiche, en solution en soi. Malheureusement le mouvement estudiantin serbe est tombé en plein dans ce travers. L’idéologie qui l’inspire fait des assemblées l’expression aboutie de la démocratie directe, une sorte de panacée qui a vocation à régler tous les problèmes. En fait ces réunions plénières ne sont rien d’autre que des tribunes où les protestataires épuisent leurs meilleures énergies dans des palabres sans fin et, surtout, sans faire croître la détermination et la conscience de ceux qui y participent. Au total et en grande synthèse, le mouvement estudiantin serbe actuel œuvre plus ou moins consciemment pour « maintenir la politique en dehors de la politique ». Presque tous les sujets d’importance sont interdits de discussion dans les assemblées et les manifestations. Il ne s’agit pas seulement des sujets évidents qui divisent – la guerre civile des années 1990, le Kosovo, etc. – mais aussi toute suggestion pratique sur la manière de mettre à mal le régime ou de faire quoi que ce soit d’autre d’utile à la cause ouvrière. Une sorte de Nuit debout à la serbe (16).

L’autre point ferme du mouvement estudiantin serbe est la pratique d’un pacifisme absolu. Nous n’avons jamais fait la moindre concession à l’exaltation de la violence (17) mais nous sommes en présence ici d’une idéologie pacifiste nuisible à terme. La « protestation pacifique » doit être maintenue coûte que coûte. Et l’État, exploitant cette faiblesse politique du mouvement, a joué le jeu. Hormis quelques incidents d’une extrême violence contre les manifestations, l’État a généralement adopté une politique qui consiste à ne pas réprimer les protestations. Il a en revanche organisé ses propres contre-manifestations réunissant des soutiens au parti au pouvoir qui prétendaient se battre pour « vouloir étudier ». Vučić et ses acolytes tablent sur l’épuisement du mouvement. De leur côté, certains protestataires nourrissent l’espoir de répéter le scénario du renversement de Milošević, le 5 octobre 2000. À cette époque, les manifestations pacifiques s’étaient succédées jusqu’à ce qu’une faction des classes dirigeantes – aidées en cela par des voyous violents – se résolvent à le limoger.

L’un des aspects les plus positifs de nombreux mouvements démocratiques des deux dernières décennies est qu’ils ont réussi à surmonter temporairement les divisions historiques de leurs participants basées sur la nationalité, l’ethnicité, la religion, la « race », le genre, etc. Ce fut le cas lors du « printemps arabe », en Iran, dans les franges radicales du mouvement en Birmanie aujourd’hui. En Serbie, on a enregistré un seul moment significatif allant dans ce sens, la marche des étudiants à Novi Pazar, le 14 avril 2025, pour exprimer leur fraternité à l’égard des musulmans de cette ville (18). Les musulmans de Novi Pazar n’ont jamais été maltraités et humiliés comme le sont en revanche les musulmans de Bosnie. La véritable division à surmonter aujourd’hui est celle entre Serbes et Albanais au Kosova ou dans la Vallée de Preševo, où y vit une importante minorité. Idem pour la question des visées sécessionnistes de la Republika Srpska sur fond de nationalisme « grand serbe » où le risque de voir poindre une nouvelle guerre en Bosnie-et-Herzégovine est une autre question ignorée. Or rien n’indique que cela puisse se produire à coute échéance. Il serait pourtant erroné d’expliquer cette division à l’aune des dites particularités balkaniques. En effet, les précédents mouvements de protestation en Serbie – en particulier sous l’ère Milošević – se moquaient ouvertement du nationalisme grand-serbe. Ces temps-ci, l’opposition entre Serbes et Albanais est bien davantage l’expression des conflits impérialistes qui secouent également ce petit coin d’Europe de l’Est. Si ceci est vrai, seulement l’internationalisme prolétarien qui attaque la gangrène nationaliste à sa racine, le capitalisme et ses États, peut permettre la fraternisation entre les prolétaires indépendamment de leurs origines et, plus largement, des différentes populations du monde.

Paris, le 06 juin 2025

NOTES

1. Voir notamment MC/KpK, KAZAKHSTAN : Le mouvement démocratique repose sur les épaules du mouvement insurrectionnel du prolétariat, Bulletin n°21, janvier 2022 in : https://mouvement-communiste.com/documents/MC/Leaflets/BLT2201FRvF.pdf
Et MC/KpK, Que signifie la résurgence des mouvements démocratiques ?, Lettre no. 40, mai 2015, in : https://mouvement-communiste.com/documents/MC/Letters/LTMC1540%20FRvF%20.pdf
2. Ibidem.
3. Voir BBC, « Serbia’s largest-everly rally sees 325,000 protest against government » in : https://www.bbc.co.uk/news/articles/cx2g8v32q30o
4. Voir MC/KpK, Crise du libéralisme politique, document de travail n°10, décembre 2018, in : https://mouvement-communiste.com/documents/MC/WorkDocuments/DT10_Crise%20Dem_FR_vF.pdf
5. Par exemple, la manifestation de (quelques dizaines) d’employés d’écoles maternelles à Belgrade, le 11 mai, in : https://vreme.com/en/drustvo/protest-predskolskh-radnika-ko-se-laca-mati-u-vrtic-da-se-vrati/
6. Groupe de la Banque mondiale « Western Balkans Labor Market Brief 2022, Special Topic - Labor Taxation in the Western Balkans », août 2024, voir l’annexe statistique pour les différents pays, in : https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/099082824082013360
7. Croissance annuelle des salaires corrigée de l’inflation (%) :
2013 : 1,9 %
2014 : 1,7 %
2015 : 2,4%
2016 : 2,6%
2017 : 0,9%
2018 : 3,9%
2019 : 8,4%
2020 : 7,8%
2021 : 5,2%
8. Économie de la Serbie, in : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_la_Serbie
9. On peut peut-être la comparer à l’approche « multi-vectorielle » du régime du Kazakhstan. Voir le Bulletin n° 21, op. cit.
10. MC/KpK, UKRAINE : une insurrection démocratique victorieuse dirigée par les nationalistes ; les ouvriers coincés entre les deux factions en conflit, Bulletin n°6, mars 2014, in : https://mouvement-communiste.com/documents/MC/Leaflets/BLT1403FRVG.pdf
11. « Thousands of Serbians protest in Belgrade against lithium mine », The Guardian, 10 août 2024, in : https://www.theguardian.com/world/article/2024/aug/10/thousands-of-serbians-protest-in-belgrade-against-lithium-mine
12. « The Novi Sad Railway Station Collapse : The Cost of Sino-Serbian Infrastructure Deals », Choice, 6 février 2025, in : https://chinaobservers.eu/the-novi-sad-railway-station-collapse-the-cost-of-sino-serbian-infrastructure-deals/
13. Ibidem.
14. « The President, the Soccer Hooligans and an Underworld ’House of Horrors’ », New York Times, 3 mai 2023, in : https://www.nytimes.com/2023/05/03/magazine/aleksandar-vucic-veljko-belivuk-serbia.html
15. En témoigne la déclaration de certains étudiants intitulée « Pismo narodu Srbije (Lettre au peuple de Serbie) » 9 mai 2025, in :
https://blokade.org/sr-lat/vesti/pismo-narodu-srbije/
16. Voir MC/KpK, Couchés le jour, debout la nuit, bulletin n°10, avril 2016, in : https://mouvement-communiste.com/documents/MC/Leaflets/BLT1604FRVF%20.pdf
17. Voir MC/KpK, La violence ouvrière n’est pas toujours synonyme d’autonomie ouvrière, Lettre n° 36, mai 2013, in : https://mouvement-communiste.com/documents/MC/Letters/LTMC1336FRvF.pdf
18. « Serbie : “La liberté règne dans le bazar”, Novi Pazar à l’heure de la réconciliation », Courrier des Balkans, 14 avril 2025, in : https://www.courrierdesbalkans.fr/La-liberte-regne-dans-le-bazar-