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Chris Crass : Discussion avec des militants américains antiguerre
Article mis en ligne le 29 avril 2017
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Celui qui prétend ne pas voir la couleur de la peau ou le genre de quelqu’un … ne voit pas non plus la réalité.
Le rapport ci-dessous a été rédigé par un militant anarchiste actif notamment dans le mouvement anti-guerre aux Etats-Unis. Son vocabulaire, ses préoccupations paraîtront certainement très « exotiques » aux militants français, voire scandaleuses pour des républicains intégristes ou des universalistes abstraits qui prétendent ne tenir aucun compte des différences de couleur ou de sexe entre les individus, lorsqu’ils débattent avec eux ou lorsqu’ils réfléchissent sur la société capitaliste et les moyens de la transformer radicalement - d’où l’intérêt de cet article original ici, banal de l’autre côté de l’Atlantique. S’il traite surtout de l’intervention en milieu étudiant ou du travail dans les communities (quartiers ou communautés ethniques, selon le cas), et pratiquement pas de la classe ouvrière, il pose néanmoins des questions ayant une portée universelle. Le rapport de Chris Crass est suivi d’un entretien avec l’auteur pour éclaircir certains points obscurs ou contestables. Il aurait fallu lui poser bien d’autres questions, mais, faute de place et de temps, nous avons dû nous limiter. En tout cas, ce que les deux textes montrent bien, c’est à quel point les différences culturelles entre la France et les Etats-Unis conditionnent le vocabulaire mais surtout l’activité des militants. Au-delà des dangers d’un discours que l’on qualifierait aussitôt en France de « mouvementiste », d’ « identitaire » ou de « communautariste », n’y a-t-il pas quelque chose à apprendre du cas américain ? L’interview, menée à distance, laisse beaucoup de problèmes en suspens, notamment le rôle indépendant de la classe ouvrière dans le « mouvement altermondialiste » et la façon de dépasser, sans les nier, les différences entre les genres et les origines ethniques. Répéter quelques vérités élémentaires sur le rôle du prolétariat est toujours utile, voire indispensable face à des courants qui, sous prétexte de lutter contre la prétendue « ringardise » du marxisme, ressortent de vieilles idées réformardes. Dans un article sur le nationalisme (qui, je l’espère, paraîtra dans le prochain numéro de Ni patrie ni frontières) et à partir d’un point de vue qui n’a rien à voir avec le marxisme ni même avec des positions révolutionnaires classiques, Murray Bookchin fait une constatation intéressante : à ses yeux, la fragmentation des luttes identitaires et communautaires aux États-Unis (Noirs, femmes, homosexuels, queers, avec ses dizaines de sous-catégories possibles : Noirs homosexuels, queers latinos, lesbiennes anarchistes, hommes blancs antisexistes, etc., mélangez les cartes, y a de quoi vous divertir pendant des heures) lui donne l’impression d’assister à la naissance d’une myriade de micro-nationalismes, tous plus sectaires et exclusifs les uns que les autres. Un film comme Columbus Ohio des frères Zingleton, et qui se passe sur le campus d’une université, le montre jusqu’à la caricature. Mais, d’un autre côté, force est de constater que les nouvelles générations qui se sont politisées après les défaites des années 70, la disparition de l’URSS et des démocraties populaires, et l’effondrement des partis communistes européens, n’ont pas repris à leurs comptes les vieux acquis du mouvement ouvrier. On peut traiter leurs conceptions d’ « anarchistes », de « spontanéistes », de « crypto-réformistes », etc., mais cette avalanche d’invectives ne nous fournit pas le moyen de nous adresser aux jeunes qui se politisent sur des bases très différentes de celles des années 60 et 70 et sont animés par une saine révolte contre une partie des aspects du système capitaliste. Dans ce sens, mieux connaître leur univers idéologique ne peut que nous permettre d’en discerner les ambiguïtés et d’ouvrir des pistes de réflexion et de débat. (Yves Coleman)




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