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Amadeo Bordiga : Laïcité et marxisme

Ce texte est bourré de contradictions, comme le précédent et le suivant. D’un côté, Bordiga dénonce les pièges réels de l’idéologie laïque – voire « laïcistoïde » – bourgeoise ; de l’autre, il fait l’éloge de l’attitude intransigeante de Lénine « et de ses amis » face à l’Eglise orthodoxe quand le parti bolchevik était au pouvoir. D’un côté, il affirme que la laïcité est un enjeu secondaire, voire une diversion, dans la lutte révolutionnaire ; de l’autre, il prétend qu’il faut arracher tous les moyens d’endoctrinement aux mains de la classe dominante – et donc lutter contre l’influence matérielle de l’Eglise – sous la dictature du prolétariat. Si l’on ajoute à cela que Bordiga ne mentionne pas dans son texte l’attitude plus que « tolérante » du Parti communiste russe vis-à-vis de l’islam dans les républiques musulmanes soviétiques, on aura un beau tableau des aventures de la dialectique au pays des religions. (Ni patrie ni frontières)

Article mis en ligne le 11 juillet 2017
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« Sur le fil du temps »

(Texte extrait du site sinistra.net)

Hier

On continue encore à essayer d’utiliser l’effet que l’on peut retirer du jeu démagogique des « traditions laïques » afin d’influer sur les rapports politiques en Italie dans les désaccords entre les partis co-héritiers du fascisme ; et, pour mobiliser ceux que Pareto aurait nommés des « résidus », on remue les eaux et une vague de boue remonte du fond où elle paraissait reposer.
Avec la même technique professionnelle, la partie adverse souligne à nouveau les attraits de la « tradition chrétienne » sur laquelle se fonde la civilisation romaine et européenne, et les deux camps opposés ont alors en commun la revendication du même objectif, puisqu’ils veulent tous deux, grâce à ces moyens du passé, courir au secours de la démocratie européenne et mondiale, de la nation et du peuple italiens.
Les premiers sont sans aucun doute des agitateurs et des escrocs de plus haute volée puisqu’ils déclarent vouloir concilier ces moyens et ces objectifs avec la position marxiste, avec la lutte de classe prolétarienne.

Adopter la méthode de la lutte de classe et professer la théorie marxiste, cela veut dire comprendre que toutes les traditions, et avec elles, toutes les civilisations qui disposent d’une tradition se trouvent de l’autre côté de la barricade. Pour les marxistes, si la civilisation a un sens, elle est encore à venir.
Le prix de l’incohérence et de l’effronterie revient donc aux communo-socialistes staliniens dans leur version libre-penseur actuelle, et la fange la plus trouble est celle qu’ils remuent afin de faire perdre son chemin à la classe ouvrière.
Qu’est-ce qu’on ne fait pas remonter à la surface ? Quelle vieillerie n’est-on pas en train d’épousseter ?

Saint Paul qui traite saint Pierre d’imposteur ; le procès contre Galilée et la falsification conformiste de la défense habile du mathématicien désarmé qui admet qu’on doit lire la Bible de façon symbolique et non littérale dans sa tentative dialectique de ne pas renier sa thèse sur le mouvement de la Terre, mais qui, en substance, admet clairement que sa recherche a été menée en partant d’observations astronomiques et de calculs, et non de la lecture des textes sacrés (lui est un vrai laïque et non pas un laïque de carnaval ou l’objet d’un chantage) ; les courtisanes romaines dont le Pape doit discipliner le régime et les services à coup de décrets ; le mariage qu’on peut contracter sans aller à l’église et qui est tout aussi valide que l’autre, événement oublié aujourd’hui où « les socialistes ne sont plus tous libres-penseurs » ; l’indignation des meilleurs écrivains catholiques parce que l’Eglise ne permet pas que croyants et communistes travaillent ensemble ; et, pour couronner le tout, la revendication de la fête du 20 septembre et l’invocation d’une nouvelle croisade contre le retour du pouvoir temporel.

Les chrétiens du Moyen Age européen participèrent, sauf erreur, à huit croisades ; les soi-disant marxistes de l’époque capitaliste ne voudront pas s’arrêter à huit fois huit. Nous pourrions bien appeler social-croisadisme cet ensemble malodorant et multiforme que nous avons appelé opportunisme, social-trahison, défensisme ou intermédisme. Le cri d’aujourd’hui, le dernier cri (1) des renégats est donc : « Sauvons le Vingt Septembre ! Dieu le veut ! »
Il s’agit de la croisade pour la défense de la pensée laïque, au postulat précieux de laquelle ne s’opposerait aujourd’hui qu’une seule des forces sociales organisées : l’Eglise, ou plutôt l’Eglise de Rome ; en effet, toutes les autres forces devraient converger dans cette défense, des organisations et partis ouvriers « révolutionnaires » jusqu’à l’Etat constitutionnel, et même les religieux croyant en Dieu et dans l’exemple du Christ, à condition qu’ils soient opposés au cléricalisme qui proviendrait de l’influence sociale et politique de l’Église.

Pour remettre de l’ordre dans cette question, une seule remarque suffira : si l’on peut concevoir l’existence d’un ensemble d’hommes qui professent une même opinion et la traduisent systématiquement en actes, c’est-à-dire l’existence d’une véritable organisation, admettre que cette dernière ne puisse avoir de fonctions sociales et politiques revient à flanquer le marxisme par-dessus bord !
La lutte des laïcs contre les clercs est elle aussi une superstructure des luttes entre les classes divisées par des intérêts économiques opposés. A chaque révolution de classe, le camp des laïques et des clercs change, et les clercs d’aujourd’hui sont les laïques d’hier. Une seule révolution ne formera pas de clercs : celle qui parviendra à supprimer les classes. Ils n’y sont pas parvenus en Russie, et leur parti est le plus clérical des partis, philistin au point de savoir mettre en scène la comédie de l’antipharisianisme.
Face à l’Eglise juive traditionnelle et à l’Etat théocratique et oligarchique de l’époque, le mouvement du Christ fut un mouvement laïque dans la mesure où il débuta par la tentative de briser le monopole de la synagogue et des pharisiens sur la direction et l’éducation des masses, sur l’énonciation et le contrôle de toute thèse et demande en accord avec le conformisme des textes sacrés, c’est-à-dire selon les intérêts constitués de la classe dominante. Nous pouvons utiliser à juste titre le terme de laïque pour la phase de critique théorique et de propagande lorsque le Christ prétend, sans entrer dans la carrière hiérarchique des rabbins, des scribes et des docteurs, débattre dans le temple, exercer la médecine, parler à la foule, organiser une école de disciples en dehors des réseaux officiels et des castes traditionnelles. Nous utiliserons le terme de mouvement révolutionnaire quand la masse des esclaves abandonnera tout respect vis-à-vis de Caïphe, d’Hérode, de Pilate et de César et prendra les armes.

Lorsque Pierre, désormais investi de la charge de Chef, veut rattacher la nouvelle doctrine et la nouvelle organisation à la tradition mosaïque pure et par là faire descendre chaque catéchumène chrétien d’un juif orthodoxe et circoncis, il se trouve en contradiction avec Paul qui proclame qu’on peut venir à la nouvelle doctrine et à la nouvelle Eglise quelle que soit son origine, même barbare et païenne, puisque cette Eglise a coupé tous les ponts avec le régime qu’elle a renversé. A ce moment-là, il est évident que Paul parle encore en tant que laïque tandis que Pierre se comporte en clerc. D’où l’épithète d’imposteur que, comme le rappelle Ubertazzi dans l’Avanti !, Paul lança au chef des apôtres, dans sa Lettre aux Galates.
C’est dans ce même sens que sont anti-laïques et que méritent l’épithète rappelé ci-avant, ces ex-marxistes qui prétendent concilier la nouvelle foi révolutionnaire avec la conservation et la défense des traditions propres au régime qui doit être renversé. Ceux qui revendiquent, comme Togliatti la libre-pensée, ou comme Nenni la fête de la brèche ouverte dans la Porte Pia, en excluant de leurs rangs ceux qui se refusent à concevoir la revendication socialiste comme subordonnée à leurs paroles pharisiennes de démocratie, de nation et de patrie.

Et pendant que l’école chrétienne victorieuse met en place dans les siècles du Moyen Age la puissante hiérarchie des prêtres, depuis l’époque de Dante se lèvent les laïques, c’est-à-dire de nouveaux éléments d’avant-garde, expression d’une nouvelle classe naissante, qui prétendent ne pas être exclus de l’étude, de l’enseignement, de la critique, et en contradiction théorique avec les préceptes des écritures chrétiennes et des sanhédrins de l’Eglise. Celle-ci, qui avait monopolisé mais non supprimé la culture, la science et la philosophie, achève dans la scolastique un chef-d’œuvre de système en réunissant ses textes avec les résultats de la pensée classique et avec le savoir aristotélicien transmis par les traducteurs arabes mécréants ; et c’est sur cette tranchée qu’elle attend de pied ferme l’assaut, reflet de la lutte de classe entre la bourgeoisie moderne et l’aristocratie féodale. Et alors nous pouvons faire défiler parmi les laïcs de cette phase historique, les humanistes de la Renaissance, les savants et les philosophes d’Italie, de France et d’Allemagne, les chefs religieux de la Réforme qui introduisent le droit à la critique dans la foi chrétienne (le simple fidèle ayant la possibilité de la développer avec une interprétation différente de celle du clergé), et tout ce mouvement rappelé à maintes reprises.
Avec les révolutions bourgeoises, se constitue dans les principales nations un pouvoir capitaliste qui liquide historiquement cette grande lutte qui se termine par la défaite de l’Eglise. Les convulsions de la lutte une fois dépassées, la nouvelle classe dominante ne se propose plus d’interdire les cultes et de détruire les organisations religieuses, mais elle leur retire petit à petit l’influence qu’elles ont sur l’Ecole, sur la diffusion des idées sous toutes ses formes, comme la presse, la littérature, le théâtre, etc.

Dans les pays où les Eglises réformées se sont déjà détachées de la papauté romaine, le processus d’aménagement s’avéra être plus facile que dans ceux de religion catholique, où Rome reconnaît toutefois progressivement les nouveaux régimes, tandis que la bourgeoisie place le fait religieux parmi les moyens de défense de sa domination.
Expression de cette dernière, Napoléon, à travers les paroles de France (1) : « Il était trop avisé pour ne pas mettre dans son jeu le vieux Yahvé (le Dieu chrétien) encore puissant sur la terre et qui lui ressemblait par son esprit de violence et de domination. Il le menaça, le flatta, le caressa, l’intimida. Il emprisonna son vicaire, auquel il demanda, le couteau sur la gorge, l’onction qui, depuis l’antique Saül, renforce les rois ; il restaura le culte du démiurge (Yahvé lui-même, dans la terminologie de l’ange rebelle qui parle), fit chanter des Te Deum pour lui et se fit reconnaître par lui Dieu sur la terre, au moyen de petits catéchismes diffusés dans tout l’Empire. Ceux-ci unirent leurs voix, et ce fut un beau vacarme ».
Tout cela n’est que littérature ? mais tellement différente de cette littérature rance et laïque des Hugo et des Carducci !

Aujourd’hui

Dans la société actuelle, la laïcité bourgeoise équivaut à guerre plus déisme. Déjà à l’époque du chahut anticlérical, un des pivots de notre critique au front unique laïque – premier et digne précurseur de tous les autres fronts uniques au travers desquels le drapeau de la Révolution a fini dans le fumier – fut celui-ci : la position anticléricale, le commun dénominateur des résidus laïcistes, conduisait directement à la position patriotique et nationaliste, et ce parce que, en général, elle trahissait l’autonomie de classe, et que, en particulier, elle reflétait la situation italienne.
La présence en Italie, et à Rome, du centre dirigeant de l’Eglise catholique était une des raisons, mais pas la seule, pour laquelle l’Italie, parmi les pays catholiques, ne s’était pas organisée en un seul Etat avant la révolution libérale. Le différend juridique devait se résoudre dans un différend politique et militaire parce que de nature territoriale, étant donné que justement la capitale revendiquée par la bourgeoisie se trouvait dans l’Etat temporel du Pape.

Dans tous les pays, la formule de Cavour : « une Eglise libre dans un Etat libre », théorème de Pythagore du laïcisme qui refait surface aujourd’hui, avait été attaquée par les marxistes révolutionnaires. Si le prolétariat ne peut vaincre qu’en ôtant à la bourgeoisie la liberté de conserver son Etat, il peut d’autant moins le faire en laissant l’Eglise libre de vivre et d’agir, Eglise que cet Etat bourgeois moderne non seulement défend mais dont il a même défendu les pouvoirs qu’il s’est appropriés.
Quant à la question de la capitale d’Etat du nouveau régime, la position du prolétariat en tant que classe ne pouvait avoir rien de commun avec la tradition bourgeoise, romantique et démocratique, de « Rome ou la mort ! »
C’était depuis lors le cas de dire, comme dans l’épigramme bien connu, que si Turin pleure de désespoir à cause du départ de la Cour, de la même façon que Rome exultera dix ans plus tard à son arrivée, « Florence (2), le gracieux berceau de l’art, s’en fiche quand la Cour arrive ou quand elle part ».

Non seulement les cultes laïcistoïdes du 20 septembre (3) eurent un effet anticlassiste et contre-révolutionnaire certain, et ils servirent d’aliment à la pacotille social-patriotique de la guerre « anticléricale » de 1915 – il est donc normal que Nenni, qui ne fut jamais marxiste, cet ancien va-t-en guerre, ce parrain des velléités anti-curés des premiers faisceaux mussoliniens, mène la campagne actuelle avec des phrases du genre : « Mussolini, le plus anti-chrétien des Italiens ! » –, mais ils menaient tout droit à l’apologie de la Maison de Savoie. Les mérites de celle-ci furent historiquement infinis ; de même que Pipetto (4), bonne âme, voulait détrôner Benito [Mussolini] avec l’état de siège, son grand-père, surpris, au milieu de ses chevaux, par la nouvelle de la Porte Pia, frappa de sa casquette le cul d’une jument et s’écria dans cette langue qu’il possédait non seulement mieux que l’italien mais aussi que le français ancestral : « Anca sta balossada m’han fait fé… ! ». L’histoire pousse tous ces clowns de rois, de présidents et de chefs de parti à réciter des rôles dont ils n’ont jamais rêvé.
Et toute cette boue devrait remonter aujourd’hui pour devenir une revendication de classe des ouvriers ; et vider les poches déjà quasiment vides de ces derniers pour entretenir des journaux qui traitent de ces sujets ! Et tout ce conformisme terre-à-terre émétique serait la pensée laïque de notre époque !

De même que Paul fut laïque par rapport à Pierre et Dante par rapport à la Curie romaine, Marx a été pour notre époque un laïque ainsi qu’un savant critique et un interprète révélateur d’une nouvelle classe, qui a osé étudier, chercher à connaître et proclamer la critique des traditions sans détenir aucun poste, aucun titre et sans exiger de prix pour son œuvre. Les clercs d’aujourd’hui ne sont plus les Pii (5), les Leoni et les Benedetti mais les Smith, les Ricardo, les Pareto et les Einaudi entretenus dans leur suffisance pseudo-scientifique par la société industrielle, par les universités bourgeoises et par les républiques démocratiques.

Lénine, avec les siens, fut un laïque et un combattant de la révolution puisque non seulement il balaya trône et autel, dieu et patrons, mais qu’il brisa le mensonge de la duperie démocratique et de la libre-pensée en réalisant la première dictature de classe. Et Lénine confirma pour toujours dans le domaine critique le non-sens de la liberté de pensée, d’opinion, de science et d’enseignement. C’est également lui qui écrit que le prolétariat ne sera libre de penser que lorsque les salles de réunion, les sièges des associations, les écoles, les universités, les imprimeries des journaux, les théâtres et les cinémas ne dépendront plus de l’organisation et du pouvoir capitalistes. Il ne s’agit pas de libérer les esprits mais de s’emparer de toutes ces positions les armes à la main, en en interdisant l’emploi et l’usage aux défenseurs des doctrines traditionnelles, aux prêtres de Yahvé ainsi qu’à ceux du Pluton capitaliste et du Démos prostitué.

On ne peut revenir à l’ombre de la tradition laïque bourgeoise sans renier tout cela, sans trahir le socialisme. Il peut évidemment y avoir sous cette ombre équivoque des personnes qui, comme Nenni, n’ont pas trahi puisqu’elles n’ont jamais professé le socialisme. Parce que, s’il fallait une preuve qu’en revendiquant le laïcisme on se transforme en bourgeois, il y suffirait son langage, lequel déplore explicitement dans l’oubli du 20 Septembre l’humiliation de l’Etat italien, la trahison de la fonction et de la mission de la Nation.

Comment celui qui n’a jamais fréquenté les sections socialistes d’alors pourrait-il savoir qu’on s’interdisait d’aller à cette fête la plus laïquissime justement parce qu’on pensait briser en deux la Nation, en saboter la fonction et la mission, et que l’on rêvait de développer notre fonction et notre mission internationales de classe en humiliant l’Etat de Rome, de la Rome de 1870 ?

Amadeo Bordiga

Battaglia comunista, n° 36, 21-28 septembre 1949

Notes du traducteur
1. France, dont il est fait mention, est certainement Anatole France qui était apprécié de Bordiga.
2. L’allusion à Florence s’explique par le fait que cette ville fut la seconde capitale d’Italie, après Turin et avant Rome. Nous ne savons pas de qui est l’épigramme.
3. Le 20 septembre est le 20 septembre 1870 quand l’armée italo-piémontaise entra dans Rome à travers la brèche de la Porte Pia. Par la suite, le 20 septembre fut fêté par tous les laïcs comme victoire sur le Vatican et sur le cléricalisme.
4. Pipetto est, sauf erreur, le roi Victor-Emmanuel III ; en effet, il est fait mention plus loin de son grand-père, c’est-à-dire de Victor-Emmanuel II. De même que Pippetto (Victor-Emmanuel III) voulait abattre Benito (Mussolini) à l’aide de l’état de siège (au contraire, il misa sur le fascisme et sur Mussolini, le roi donna son appui à l’avènement du fascisme) ; de même un autre roi de la dynastie de Savoie, son grand-père (Victor-Emmanuel II), exalté comme anticlérical par tous les défenseurs de la laïcité, était tout à fait opposé à la prise de Rome. Et c’est en dialecte piémontais qu’il aurait dit la phrase citée dans le texte qu’on pourrait traduire ainsi : « On m’a fait faire aussi cette saloperie. »
5. Les gens dont Bordiga parle plus loin sont les papes Pie IX, Léon XIII et Benoît XV. Einaudi est Luigi Einaudi, économiste libéral ultra-capitaliste, il fut aussi président de la république italienne ; c’est le père de l’éditeur Giulio Einaudi.




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