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Ni patrie ni frontières !
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Ce que Marx et Engels ont vraiment écrit sur la religion….

Les marxistes, et plus particulièrement les intellec-tuels néotrotskystes – Gilbert Achcar, Michael Lowy, and Co. – citent souvent la Critique du Droit politique hégélien mais en en supprimant les phrases qui les gênent. Loin de nous l’idée de transformer ce texte, écrit il y a plus de 150 ans, en l’horizon indépassable de la critique des reli-gions, mais il nous a semblé utile de le reproduire, vu les tripatouillages incessants dont il est l’objet par des mili-tants « marxistes » pressés ou des intellectuels de mau-vaise… foi. Et nous y avons ajouté un extrait d’un texte d’Engels, cité par Lénine, et qui ajoute un élément de complexité supplémentaire…

Ni patrie ni frontières.

Article mis en ligne le 18 juin 2017
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« Le fondement de la critique irréligieuse est : c’est l’homme qui fait la religion, ce n’est pas la religion qui fait l’homme. Certes, la religion est la conscience de soi et le sentiment de soi qu’a l’homme qui ne s’est pas encore trouvé lui-même, ou bien s’est déjà reperdu. Mais l’homme, ce n’est pas un être abstrait blotti quelque part hors du monde. L’homme, c’est le monde de l’homme, l’Etat, la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, conscience inversée du monde, parce qu’ils sont eux-mêmes un monde à l’envers. La religion est la théorie générale de ce monde, sa somme encyclopédique, sa logique sous forme po-pulaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, sa consolation et sa justification universelles. Elle est la réalisation fantastique de l’être humain, parce que l’être humain ne possède pas de vraie réalité. Lutter contre la religion c’est donc indirectement lutter contre ce monde-là, dont la religion est l’arôme spirituel.
« La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la dé-tresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de condi-tions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple.
« L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation, c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions. La critique de la religion est donc en germe la critique de cette vallée de larmes dont la re-ligion est l’auréole.
« La critique a dépouillé les chaînes des fleurs imaginaires qui les recouvraient, non pour que l’homme porte des chaînes sans fantaisie, désespérantes, mais pour qu’il rejette les chaînes et cueille les fleurs vivantes. La critique de la religion détruit les il-lusions de l’homme pour qu’il pense, agisse, façonne sa réalité comme un homme sans illusions parvenu à l’âge de la raison, pour qu’il gravite autour de lui-même, c’est-à-dire de son soleil réel. La religion n’est que le soleil illusoire qui gravite autour de l’homme tant que l’homme ne gravite pas autour de lui-même. »

Karl Marx, Critique du Droit politique hégélien (1843)

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« Nos blanquistes ont ceci de commun avec les bakouninistes qu’ils prétendent représenter le courant le plus avancé, le plus extrême. C’est pourquoi, soit dit en passant, si opposées que soient leurs fins, ils ont souvent des moyens similaires. Il s’agit donc d’être plus radicaux que tous les autres en ce qui concerne l’athéisme. Etre athée de nos jours n’est plus sorcier heureuse-ment. L’athéisme est une chose allant à peu près de soi dans les partis ouvriers européens, bien que dans certains pays il ait le même caractère que l’athéisme de ce bakouniniste espagnol qui a déclaré : « Croire en Dieu est contraire à tout socialisme, mais croire à la Sainte Vierge c’est différent, tout socialiste qui se res-pecte doit croire en elle. »
On peut même dire de la grande majorité des ouvriers social-démocrates allemands que l’athéisme est pour eux une étape franchie ; cette définition purement négative ne leur est plus ap-plicable, car ils s’opposent à la croyance en Dieu pratiquement et non plus théoriquement ; ils en ont fini avec Dieu, ils vivent et pen-sent dans le monde réel et c’est pour cela qu’ils sont matéria-listes. Il en va sans doute de même en France.
Sinon, quoi de plus simple que de diffuser parmi les ouvriers l’excellente littérature matérialiste du siècle passé, littérature qui est jusqu’à présent, tant par la forme que par le contenu, un chef-d’œuvre de l’esprit français, et qui – compte tenu du niveau de la science à l’époque – est toujours infiniment élevée quant au con-tenu et d’une perfection incomparable quant à la forme.
Mais ce n’est pas à la convenance des blanquistes. Pour prou-ver qu’ils sont les plus radicaux de tous, ils abolissent Dieu par décret, comme en 1793 : « Que la Commune débarrasse à jamais l’humanité de ce spectre de ses misères passées (Dieu), de cette cause (Dieu inexistant serait une cause !), de ses misères pré-sentes. Dans la Commune il n’y a pas de place pour le prêtre ; toute manifestation, toute organisation religieuse doit être pros-crite. »
Et cette exigence de transformer les gens en athées par ordre du mufti est signée par deux membres de la Commune qui ont certainement eu l’occasion de constater que, premièrement, on peut écrire autant d’ordres que l’on voudra sur le papier sans rien faire pour en assurer l’exécution et que, deuxièmement, les per-sécutions sont le meilleur moyen d’affermir des convictions in-désirables ! Ce qui est certain, c’est que le seul service que l’on puisse rendre encore, de nos jours, à Dieu est de proclamer l’athéisme un symbole de foi coercitif et de surpasser les lois an-ticléricales de Bismarck sur le Kulturkampf, en prohibant la reli-gion en général. »

Extrait de « Le programme des émigrés blanquistes de la Commune », de Friedrich Engels




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