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Une société de classe impitoyable (2005)

On entend souvent dire que la classe ouvrière aurait disparu. Pour-tant ce n’est pas exact, comme le rappelle Eric Maurin dans Le Monde du 22/11/2005, « les classes populaires (ouvriers et employés) (…) re-présentent toujours la majorité de la population active (environ 60%) ». Et ces classes exploitées sont bien sûr davantage touchées par le chômage et la discrimination scolaire que les fameuses classes moyennes dont les médias nous rebattent les oreilles : « le chômage touche toujours 3 ou 4 fois plus souvent les ouvriers et les employés que les cadres » ; et en ce qui concerne l’Ecole, le tableau n’est pas meilleur : « l’échec scolaire au primaire et au collège reste 4 à 5 fois plus fréquent chez les ouvriers que chez les cadres : une majorité des enfants de cadres finiront cadres et une toute petite minorité (moins de 10%) finiront ouvriers ou employés ; inversement une majorité des ouvriers finiront ouvriers ou employés. »

Article mis en ligne le 21 mai 2017
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On entend souvent dire que la classe ouvrière aurait disparu. Pour-tant ce n’est pas exact, comme le rappelle Eric Maurin dans Le Monde du 22/11/2005, « les classes populaires (ouvriers et employés) (…) re-présentent toujours la majorité de la population active (environ 60%) ». Et ces classes exploitées sont bien sûr davantage touchées par le chômage et la discrimination scolaire que les fameuses classes moyennes dont les médias nous rebattent les oreilles : « le chômage touche toujours 3 ou 4 fois plus souvent les ouvriers et les employés que les cadres » ; et en ce qui concerne l’Ecole, le tableau n’est pas meilleur : « l’échec scolaire au primaire et au collège reste 4 à 5 fois plus fréquent chez les ouvriers que chez les cadres : une majorité des enfants de cadres finiront cadres et une toute petite minorité (moins de 10%) finiront ouvriers ou employés ; inversement une majorité des ouvriers finiront ouvriers ou employés. »

On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les jeunes prolé-taires des banlieues considèrent qu’ils n’ont guère d’avenir. Et ce n’est pas la suite de cet article intitulé « La crise sociale française : des nouvelles précarités, des salariés plus isolés » qui leur donnera le moral.

En effet, selon notre économiste, depuis les années 70 se développe ce qu’il appelle un « nouveau prolétariat de services, invisible et dispersé. Employés de commerce, personnels des services directs aux particuliers, chauffeurs, manutentionnaires » soit « plus de 5 millions d’actifs, près de 3 fois plus que les ouvriers qualifiés de type industriel, figure naguère cen-trale de la classe ouvrière ». En clair, goodbye Renault-Billancourt, bien-venue à Pizza Hut, Auchan, Carrefour ou McDo !
Et ces boulots de services sont soumis à une grande précarité : « plus de 25% des employés de commerce et des personnels des services directs aux particuliers sont au chômage ou sous contrats à durée limitée, soit deux fois plus que la moyenne nationale ». Et il ajoute : « la proportion d’ouvriers sous contrats précaires est 7 fois plus forte que celle des cadres, alors que ce rapport n’était que de 1 à 4, vingt ans plus tôt ».

Pour conclure, il décrit « l’éclatement du salariat dans de petites struc-tures de services » dont les conséquences sont évidemment très négatives pour l’unification des luttes concernant les horaires ou les conditions de travail, puisque les situations sont extrêmement variées et que les ma-nœuvres des chefs et des patrons sont beaucoup plus difficiles à contrer dans des entreprises petites ou moyennes. D’où des sentiments accrus d’« injustice et d’arbitraire » tout à fait compréhensibles et qui ne peuvent qu’accentuer la rage des exploités, mais aussi creuser le fossé entre les prolétaires des PME et ceux des grandes entreprises, ceux du secteur privé et du secteur public.

Enfin Eric Maurin souligne la « peur du déclassement » qui frappe les fonctionnaires et les classes moyennes salariées, peur qui, pourrions-nous ajouter, s’est bien traduite dans la composition sociologique du non au ré-férendum.
Il conclut son article en affirmant que « plus rien ne soude entre elles les différentes fractions de classes, elles n’ont plus rien à négocier et partager. Cette évolution libère et met à nu les tensions (…) ». Effectivement, c’est bien ce que vivent les jeunes des quartiers, d’où la violence de leurs réac-tions lors des dernières “émeutes” et leur impression, maintes fois expri-mée, de n’avoir aucun avenir.
Y.C., décembre 2005




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