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Islam et colonialisme en Algérie

Il n’existe pas, dans les pays musulmans, de clergé comme pour le catholicisme ; par conséquent, il est difficile de parler d’une attitude commune qu’aurait eue un corps religieux vis-à-vis de la colonisation. Néanmoins, il faut dissocier deux aspects. D’une part les sectes et courants religieux qui ont collaboré avec le colonialisme ; d’autre part, le rôle joué par l’islam en tant qu’idéologie politique dans la lutte pour l’indépendance, en particulier au Maghreb.

Article mis en ligne le 1er mai 2017
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Au Maghreb, naquirent et se développèrent plusieurs sectes et confréries de musulmans mystiques comme le Qadiriya, les Schadlihia, les Rahmania, Tidjania, Semoussiya, etc. Ces sectes propageaient une foi rigoriste. Sur le plan économique, elles tiraient profit de l’exploitation des saints qui, par leurs vertus, étaient censés protéger les hommes et intercéder en leur faveur auprès de Dieu.

Le culte des saints et des marabouts, particulièrement développé au Maghreb, permit aux grands marabouts (sortes de « prêtres ») de former une aristocratie foncière dont les intérêts dépendaient d’une exploitation du fellah (paysan).

Cette aristocratie foncière et religieuse se rallia à l’administration coloniale qui s’en fit des auxiliaires dociles. Son respect de l’ordre établi lui valut l’estime des colons qui voyaient en eux les représentants d’un Islam « sain ».

Mais, à partir de 1930, son influence ne cessa de diminuer. Une partie de sa clientèle, transformée par le service militaire et le séjour dans les villes, lui échappa. Les « oulémas » (les « savants »), un groupe de théologiens à la tête duquel se trouvait Ben Badis en Algérie par exemple, et qui se fixaient comme objectif la régénération de l’Islam, se mirent à attaquer les conceptions hérétiques du maraboutisme (le culte des saints est interdit dans l’Islam orthodoxe sunnite). « Les marabouts, déclarait Ben Badis, sont les bêtes domestiques du colonialisme. Ils n’ont jamais cessé de contredire Dieu en se montrant fiers avec le peuple et serviles à l’égard des colonialistes et des chefs administratifs despotes. »

Ce déclin du maraboutisme a eu pour cause et conséquence, sous la houlette de Ben Badis et de l’Association des oulémas en Algérie, le développement d’un nationalisme islamique.

En 1936, le même Ben Badis, s’opposant à Ferhat Abbas (qui niait à l’époque l’existence d’une nation algérienne et réclamait l’égalité des droits entre les musulmans et les Français dans le cadre de l’Algérie française), disait : « Nous disons que la nation algérienne n’est pas la France, ne peut être la France et ne veut pas être la France. »

Dès lors, on verra les différents mouvements qui militaient pour l’indépendance au Maghreb utiliser le potentiel que représente le sentiment religieux de la population. Dans le cas des pays musulmans comme dans quelques autres (Irlande, par exemple), l’oppression nationale paraît accentuée par le fait que les colonialistes professent une autre religion. La religion nationale méprisée et persécutée par le colonisateur est ainsi valorisée.

Dans les milieux nationalistes, on manifestait son attachement à l’islam comme une des données fondamentales de l’identité nationale, du FLN à Bourguiba, en passant par le parti de l’Istiqlal au Maroc. Le rôle de l’islam dans la lutte anticolonialiste ne peut être mieux souligné que par le fait que le combattant algérien du FLN était le « moujahid », qui signifie le « guerrier saint ».

Combat communiste

(octobre 1980)




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