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13-14 Sommaire
Article mis en ligne le 29 avril 2017
dernière modification le 30 avril 2017
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* N° 13-14, Novembre 2005 - 270 pages, 10 euros

ANARCHISTES ET DEMOCRATIE PARLEMENTAIRE

Le muselage universel n’a pas perdu une ride depuis 1896, même si au-jourd’hui les femmes ont gagné le droit de voter et si les jeunes peuvent participer à la farce électorale dès 18 ans, et non plus seulement à 21 ans. Mais l’essentiel demeure : la « souveraineté populaire », telle que la conçoit la démocratie bourgeoise, est un leurre. Suffrage rime toujours avec muse-lage. Pouget souligne quelques tares fondamentales du mécanisme électo-ral : l’impossibilité de révoquer les élus, les espaces de temps très longs qui séparent deux élections, le fonctionnement des illusions électoralistes non seulement pour ceux qui votent pour un candidat gagnant mais aussi pour un perdant, etc.

Ecrit après la Première Guerre mondiale Electeur écoute expose les rai-sons pour lesquelles les anarchistes sont opposés à la participation aux élec-tions. Loin d’avoir écrit un texte intemporel, Sébastien Faure montre (dé-jà !) comment même une Chambre dite « de gauche » élue en 1914 a renié toutes ses promesses, soutenu les pires aventures militaires, tout fait pour étouffer les révolutions russe et hongroise, etc. Il explique aussi pourquoi, à son avis, un fort pourcentage d’abstentionnistes pourrait avoir un effet ma-jeur sur la situation politique et la lutte révolutionnaire. C’est sans doute l’aspect le plus faible de son texte, du moins aujourd’hui, car on constate que, quatre-vingts ans plus tard, les démocraties parlementaires ne sont guère menacées par la désertion des urnes qui se développe à chaque élec-tion (rappelons par exemple qu’aux Etats-Unis, depuis des années, 50 % des électeurs n’accomplissent pas leur « devoir » électoral). Ce n’est certes pas un argument décisif contre l’abstention, mais certainement contre toute illusion sur la portée décisive de cette forme de protestation.

L’absurdité de la politique reprend des arguments déjà développés dans les deux précédents, notamment celui de l’efficacité de la « grève électo-rale », mais en répondant à une série d’objections. Autant la critique de Pa-raf-Javal sonne souvent juste, autant on ne peut que constater l’absence de propositions concrètes pour inventer une autre société, « communiste liber-taire », sans la règle de la majorité et sans « prendre le pouvoir ». Comment mettre en place une société où la conviction ne reposerait que sur l’usage de la « raison », comme le souhaite l’auteur – et comme le souhaitent sans doute beaucoup de révolutionnaires, du moins tous ceux qui ne sont pas des apprentis bureaucrates ? On retrouve là un des « trous noirs » de la pensée anarchiste qui refuse le plus souvent d’envisager une « période de transi-tion » du capitalisme au socialisme. Ce refus peut sembler justifié quand on voit ce qu’a donné la dictature dite du prolétariat en URSS des années 1917-1924, dictature encore défendue par les groupes trotskystes actuels, mais il suppose, a contrario, une révolution mondiale et concomitante...

Pour ne pas voter part d’une indignation très forte contre les sociaux-patriotes, toutes ces canailles de chefs sociaux-démocrates qui ont ardem-ment soutenu la Première Guerre mondiale, indignation aujourd’hui com-plètement oubliée par une bonne partie de l’extrême gauche en quête d’alliances électorales. A l’heure où la LCR fait la danse du ventre pour sé-duire les pitoyables pantins de la prétendue gauche socialiste suite à la farce de la victoire du non, il fait bon rappeler quels sont les ancêtres politiques des Weber, Mélenchon, Fabius, Montebourg et autres Chevènement, si-nistres politiciens qui sont les seuls à pouvoir capitaliser le prétendu « non de gauche ». Pourtant ce ne sont pas les crimes politiques récents qui man-quent au palmarès du PS : soutien à la guerre d’Irak en 1991, soutien aux in-terventions coloniales en Afrique, etc. Mais le PS sait toujours attirer un certain nombre de naïfs qui croient pouvoir le pousser à gauche et un quar-teron d’ex-« révolutionnaires » qui grenouillent dans son appareil pour redo-rer le blason de ce « cadavre » politique qui n’en finit pas de mourir.

La dictature de la bourgeoisie (1920) de Sébastien Faure, démonte, dans un langage simple et vivant, les mythes de la Révolution française, leur évolution de 1789 à 1920, et comment ils ont été utilisés, pervertis par la bourgeoisie.

Publié en 1934 dans L’Encyclopédie anarchiste, ce texte de Chazoff (Démocratie) s’attache à analyser pourquoi les électeurs sont attachés à la démocratie bourgeoise, mais aussi pourquoi il est illusoire d’espérer qu’une Europe unie mette fin aux contradictions et aux abus du Capital. Un article tout à fait d’actualité, même si nous ne partageons pas le point de vue de l’auteur sur l’impossibilité de l’émergence d’un impérialisme européen.

Démocratie et élections est extrait d’un article plus long consacré à une discussion avec Philippe Corcuff, sociologue et militant de la LCR, sur son projet de « social-démocratie libertaire ». Ceux qui souhaiteraient lire ce texte en entier (ainsi que d’autres liés à ce débat) peuvent le consulter sur le site Direct de la CNT-AIT de Suisse ou sur celui de Ni patrie ni frontières (rubrique Documents utiles). Le bref passage ci-dessous précise clairement la position des anarchosyndicalistes face aux élections et à la démocratie bourgeoise, et fournit également des informations fort utiles sur l’exercice de la « démocratie » en Suisse.

Autour de l’idée de contre-pouvoir est paru dans la revue Ruptures de la NEFAC. L’idée d’une multitude de contre-pouvoirs n’est pas vraiment nouvelle (elle rappelle fortement ce que Gramsci, théoricien du Parti com-muniste italien, écrivait déjà dans les années 30 sur la nécessité pour la classe ouvrière de créer une contre-société pour préparer le socialisme, tout comme la bourgeoisie l’avait tenté sous le féodalisme dans certains pays) et elle peut servir de fondement à toutes sortes d’idéologies platement réfor-mistes. Les auteurs critiquent les marxistes qui voudraient encore organiser un coup d’État ou alors conquérir l’État de l’intérieur (et en cela ils ont rai-son), mais ils ne nous inspirent guère confiance quand ils donnent comme exemples de contre-pouvoirs… les syndicats qui sont solidement intégrés à l’État, du moins dans les grandes démocraties bourgeoises, et l’autogestion tarte à la crème des capitalismes d’État yougoslave et algérien avant de dé-finir l’une des mystifications du PS et de la CFDT dans les années 70. Ils ne nous expliquent ce qu’il en sera de la justice, des prisons ou de toute autre institution répressive, car à moins de croire au mythe du « bon sau-vage » qui se cacherait en nous, il faut bien envisager des formes de répres-sion et des règles de vie communes. Ils ne nous disent rien sur les conflits armés avec les Etats restés bourgeois, etc. Bref, on est dans le flou artis-tique complet.

Emile Pouget : Le muselage universel (1896) Sébastien Faure : Electeur, écoute (1919) Paraf-Javal : L’absurdité de la politique (1919) Bureau anti-parlementaire : Pour ne pas voter Sébastien Faure : La dictature de la démo-cratie (1920) J. Chazoff : Démocratie (1934) Ariane Miéville : Sur la démo-cratie et les élections (2004) NEFAC : Autour de l’idée de contre-pouvoir (2005)

Marxistes et démocratie

Les textes présentés dans cette deuxième partie nous font découvrir le contenu des premiers débats sur la participation aux élections, voire au gouvernement, des partis socialistes ou « révolutionnaires », il y a un siècle. Ils ne donnent qu’une première idée d’un débat sur lequel nous reviendrons dans d’autres numéros de cette revue.

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la social-démocratie se sen-tait encore obligée de justifier ses choix, car les ouvriers pouvaient perce-voir une contradiction flagrante entre sa pratique et le « but final » pour le-quel elle prétendait combattre. Aujourd’hui les partis socialistes (et les par-tis dits communistes) n’ont plus besoin d’expliquer pourquoi ils briguent des sièges au Parlement ou des strapontins dans un ministère. C’est donc maintenant à l’extrême gauche (trotskyste) de reprendre les arguments des réformistes d’hier, comme le montre l’expérience du Parti des travailleurs au Brésil, où un ministre trotskyste est censé s’occuper de la réforme agraire. En Europe, la question ne se pose pas encore sérieusement, au ni-veau gouvernemental, mais déjà Olivier Besancenot a posé des jalons pour la LCR, puisqu’il a rappelé à plusieurs reprises que son organisation n’était pas opposée à participer à un « gouvernement vraiment anticapitaliste ». Il suffira demain d’enlever le « vraiment » et le « anti », et la LCR pourra nous jouer le même tour que ses camarades brésiliens.

L’intérêt des textes ci-dessous est qu’ils expliquent de manière chimi-quement pure, sans fioritures inutiles, ce qui se cache le plus souvent der-rière la participation aux élections et bien sûr à un gouvernement. On peut toujours rêver (ou imaginer) une autre façon de participer à une élection (l’Internationale communiste préconisait de se présenter aux municipales pour mettre les finances locales en faillite, dans une situation prérévolu-tionnaire en appelant les ouvriers à former des soviets et des milices de quartier), mais force est de constater que jusqu’aujourd’hui les révolution-naires qui se présentent aux élections n’ont guère fait d’étincelles…

Les deux méthodes

Ce célèbre débat entre Jaurès et Guesde s’est tenu peu de temps après le déclenchement de l’Affaire Dreyfus, durant laquelle certains anarchistes se montrèrent nettement plus courageux et clairvoyants que les pseudo-marxistes « orthodoxes » à la Jules Guesde.

Mais l’intérêt du discours de Jaurès est ailleurs : il montre comment les sociaux-démocrates savent enrober de belles phrases ronflantes leur capitu-lation devant la bourgeoisie, au nom de la défense de la démocratie ou de la République, menacée (à la fin du XIXe siècle !) par le « retour du féoda-lisme » ou de l’Eglise au pouvoir, par le fascisme dans les années 1920-1940 et demain par de nouveaux périls réels ou imaginaires (rappelons-nous du vote Chirac en 2002, vote censé barrer la route au fasciste Le Pen, vote soutenu par une partie de l’extrême gauche et des anarchistes).

C’est ainsi que Jaurès, cohérent dans son réformisme viscéral, déclare : « nous soutenons un ministère contre les autres, plus mauvais, qui vou-draient le remplacer ». Pour lui la classe ouvrière est la « tutrice des libertés bourgeoises » (comme si la bourgeoisie était trop immature pour juger de ce qui lui convient), elle doit « contrôler le mécanisme de la société bour-geoise » ! Il faut donc se fier au « bon sens révolutionnaire du peuple » (le « bon sens » est, comme on le sait, l’antichambre de toutes les platitudes) et les socialistes ne doivent pas hésiter à briguer le poste de maire, quitte à utiliser la police…pour la bonne cause !

Ce qu’il y a d’intéressant dans le plaidoyer de Jaurès, c’est qu’il prend à bras-le-corps toutes les objections qu’on pourrait lui opposer et y répond avec un cynisme inégalable tout en terminant son exposé par un vibrant « Je suis un révolutionnaire » ! Qu’on se le dise !

La social-démocratie (et en partie ses fractions dites « de gauche ») trouve toujours de bons arguments pour retarder indéfiniment l’affrontement avec l’État, conclure des alliances avec des partis bourgeois et participer à des gouvernements d’union nationale, de Front populaire, ou d’Union de la gauche. Et le fait que certains de ses dirigeants « de gauche » connaissent bien la rhétorique marxiste ne les rend que plus aptes à mysti-fier des travailleurs sincères et bien sûr tous les militants d’extrême gauche qui cherchent à s’attirer leurs bonnes grâces, qu’il s’agisse de l’inexistante « gauche socialiste » française ou des staliniens relookés de Rifondazione comunista en Italie

On notera que dans la longue polémique entre Guesde et Jaurès à propos de l’affaire Dreyfus, le mot « antisémitisme » n’est prononcé qu’une seule fois, quand Guesde rappelle le jugement de Liebknecht, dirigeant de la so-cial-démocratie allemande, selon lequel Jaurès aurait « apporté de l’eau au moulin de l’antisémitisme ». Souvent entendu dans la bouche de militants d’extrême gauche aujourd’hui quand on leur demande s’ils s’inquiètent de l’antisémitisme actuel en France, cet argument circulait déjà il y a un siècle pour justifier une « neutralité » irresponsable dans l’Affaire Dreyfus. Rien ne se perd, rien ne se crée, la veulerie politique se transforme…

La réponse de Guesde à Jaurès se situe dans le domaine de la pure rhé-torique et c’est à ce titre qu’elle est utile pour comprendre la situation ac-tuelle. Guesde invoque le combat « classe contre classe » (expression que l’Internationale stalinienne videra elle aussi de son contenu entre 1927 et 1934 ce qui permettra, entre autres, la prise du pouvoir par le parti nazi en Allemagne), la « Révolution » et autres grands mots, mais en fait il ne pro-pose rien de vraiment différent que son adversaire. Le radicalisme verbal guesdiste fait penser au radicalisme verbal (intermittent) de l’extrême gauche face au PC, au PS et au mouvement altermondialiste. Beaucoup de bruit pour rien…

Le socialisme et le parlementarisme, de Paul Lafargue, dirigeant censé tout comme Guesde, être plus à gauche que les socialistes partisans de la participation à un gouvernement bourgeois, nous présente en partie les mêmes arguments que ceux de l’extrême gauche pour justifier sa participa-tion aux élections en 2005. Le Parlement constituerait une « tribune » qui permettait d’éduquer les masses et de « battre » les représentants de la bour-geoisie au cours de « débats contradictoires ». Depuis 20 ans qu’Arlette La-guiller, Alain Krivine et maintenant Olivier Besancenot fréquentent les pla-teaux de télévision, pas une seule fois l’un de ces « révolutionnaires » n’a eu la possibilité d’exposer si brillamment ses idées qu’il ait réussi à ébranler significativement les travailleurs réactionnaires ou réformistes. Et pourtant ils continuent à s’exhiber sur les petites lucarnes, y compris aux côtés des plus sinistres pitres de la télévision, tel Besancenot chez Ardisson, entre un sportif sur la pente descendante et un grand patron sorti de taule, ou une ac-trice de films porno et une « chanteuse » de la Star Ac’.

Paul Lafargue dévoile l’ambiguïté de sa pensée quand il explique que la « crainte des électeurs » poussera les députés de droite à accepter des « ré-formes ouvrières » (vieille lune réformiste !) ou qu’il faut accorder des sub-ventions aux patrons « qui traitent convenablement leurs ouvriers » ( !). On voit donc que rien de fondamental ne le sépare de la « droite » socialiste » de l’époque, simplement l’idée qu’il faut « commencer légalement l’expropriation de la classe capitaliste », phrase creuse qui n’engageait et n’engage à rien.

Légalité et révolution polémique contre deux adversaires : les journaux bourgeois qui prétendent que les socialistes sont devenus parlementaristes, et les anarchistes qui prônent la grève générale. On sent toute la gêne de Jules Guesde face aux compliments que lui adresse la réaction et aux cri-tiques des éléments les plus radicaux de l’époque. Et il est significatif que Guesde fasse un parallèle systématique entre les méthodes des révolutions ou des coups d’État bourgeois, bonapartistes ou monarchistes et celles de l’hypothétique révolution socialiste future. Il est clairement dans un registre défensif, qui n’a guère changé depuis un siècle : il ne voit qu’une différence purement formelle entre révolution bourgeoise et révolution sociale, et ré-sume la question de l’exploitation capitaliste au simple antagonisme entre « salariés » et « possédants », à la simple abolition de la propriété privée des moyens de production.

Il y a réforme et réformes d’Anton Pannekoek est un texte plutôt déce-vant quand on connaît les textes ultérieurs de ce militant et théoricien des conseils ouvriers. « Après la révolution, le prolétariat agira dans son propre intérêt, en faisant agir pour lui-même la machine d’État », écrit-il. Mais les limites mêmes de cet article sont celles du mouvement ouvrier de l’époque, dont les représentants les plus radicaux, dans le camp marxiste, n’avaient pas une conception claire de la destruction de l’État.

SUR L’EUROPE ET LE REFERENDUM DU 19 MAI 2005

L’appel des 200 et sa critique - Claude Guillon : Au nom de quoi ? Anarchisme, abstention et Constitution européenne - Karim Landais : Le parti des travailleurs et l’Europe Liaisons : Message à la conférence an-nuelle de l’Alliance for Workers Liberty Martin Thomas : La campagne du non ne conduira pas à une Europe meilleure Mouvement communiste : La ratification du Traité constitutionnel européen : une affaire qui ne concerne aucunement le prolétariat (mai 2005) Après le référendum Martin Thomas : Notes sommaires sur l’Europe Y.C. : La triste farce de la « victoire du non » Débat. Lettres de Norbert, Xavier, Alexandre, Michel et Temps critiques Mouvement communiste : Premières réflexions sur les résultats du 29 mai (juin 2005) - Michel : Voilà, le non est majoritaire. Youpi ! Y.C. : Tsunami politique ou tempête dans un verre d’eau Déclaration de la rencontre natio-nale des collectifs unitaires

France

Nicolas : Retour sur le mouvement lycéen à Tours 154 - Nicolas : Le mouvement des sans-papiers et demandeurs d’asile à Tours - Les révoltés du Bounty : ATTAC, AMD, pour soutenir une SARL, c’est la lutte des places - Y.C. : Orly, Roissy, le racisme ordinaire - Borbala : Les travailleurs immigrés de l’Europe de l’Est en France : l’exemple polonais

INTERNATIONAL : Pays-Bas, Grande-Bretagne, Pologne

Eric Krebbers : Votez pour des expulsions civilisées, votez pour le SP ! -Du multiculturalisme à l’assimilation forcée aux Pays-Bas Harry Weste-rink : Syndicats et délation Janine Booth (Alliance for Workers Liberty) : Le sexisme excuse-t-il les différences culturelles ? Trois propositions de ques-tionnaires sur les conditions de travail et les luttes - Prol Position news : un nouveau bulletin (en anglais) sur les luttes ouvrières internationales. Fédé-ration anarchiste (Pologne) : Répression contre le mouvement social


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